Dissidences en série à l'UMP Paris: vers une alliance anti-NKM ?

Publié à 22h17, le 17 décembre 2013 , Modifié à 22h17, le 17 décembre 2013

Dissidences en série à l'UMP Paris: vers une alliance anti-NKM ?
Marie-Claire Carrère-Gée, Charles Beigbeder, et Géraldine Poirault-Gauvin (Montage Le Lab)

Il y a un point sur lequel tous sont d'accord: ils sont de droite, mais ne soutiennent pas Nathalie Kosciusko-Morizet. Les dissidents de la droite parisienne sont nombreux, et estiment, pour des raisons différentes, n'avoir pas obtenu ce qu'ils souhaitaient.

Géraldine Poirault-Gauvin dans le 15e, Serge Federbusch dans le 10, Charles Beigbeder, récemment éjecté des listes du 8e, ou encore Marie-Claire Carrère-Gée dans le 14e.

Tous assurent être "en contact". Ils disent "parler", mais ne veulent pas trop s'avancer.

Pourtant, dans une interview au JDD, Charles Beigbeder, ejecté de la liste du 8e arrondissement au profit d'un accord Lebel/Lellouche, dessine la perspective d'une alliance des dissidents, en 2014 :

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Avec Poirault-Gauvin, Carrère-Gée, Serge Federbusch, aussi, dans le 10ème arrondissement, et bien d’autres. Tout le monde n’a pas encore décidé de se rejoindre, mais la révolte gronde.

Je ne sais pas encore quel serait mon rôle. Mais on ne va pas faire le cadeau de se lancer avant la trêve des confiseurs. Je donne rendez-vous le 7 janvier.

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Ce jour-là, Charles Beigbeder promet une conférence de presse et annonce "le bordel total" à droite. Le frère de l'écrivain français pourrait donc bien passer les fêtes à élaborer une alliance des refoulés des listes officielles.

Cette hypothèse, lesdits candidats ne la rejettent pas auprès du Lab. Géraldine Poirault-Gauvin, entrée en guerre contre le maire UMP Philippe Goujon, dit être "tentée" par une alliance :

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Moi ça me tente, mais ça dépend qui est le leader. Je pense que l'union fait la force.

Mais il ne faut pas s'unir sur des aigreurs, mais sur un projet et sur des principes et des valeurs.

Les principes communs, c'est d'abord un ancrage territorial. Et les valeurs communes, c'est l'éthique en politique, la fin du clientélisme, des passe-droits, à gauche comme à droite.
 

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Comme le note Géraldine Poirault-Gauvin, ces candidats dissidents font de leur ancrage local un préalable. Et il va falloir discuter, beaucoup discuter, pour batir un éventuel projet commun pour Paris.

Serge Federbusch, dans le 10e arrondissement, est également tenté par l'expérience :

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On se dit qu'on est sur la même longueur d'ondes et qu'il faut parvenir à un accord.

On a encore le temps, il ne faut pas paniquer, les Parisiens n'ont pas encore fait leur choix.

Vous avez 20 élections dans 20 arrondissements différents. Il y aura certainement un candidat ou une candidate, celui qui sera le mieux à même de nous représenter.

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Et Serge Federbuch de citer certains centristes parisiens, comme Raoul Delamare, potentiellement concernés par l'aventure.

Plus réservée est celle qui affrontera NKM dans son arrondissement d'atterrissage. Marie-Claire Carrère-Gée (son portrait à lire ici), historique de l'UMP du 14. Selon elle, "il n'y a pas de mouvement anti-NKM". Ce serait NKM qui, elle-même, fédérerait contre elle :

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Quand j'entends Beigbeder dire que NKM est méprisante, j'entends ce que je dis depuis le début.

Elle a fait preuve d'une stratégie de mépris total vis a vis de l'engagement de proximité des élus de terrain, et c'est une stratégie pour perdre.
Il faut défendre des personnalités qu'on ne voit pas dans Gala ou dans Voici, mais des personnes qui ont affaire à la mairie d'arrondissement. C'est juste ça qui fait la différence...

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Cette hypothèse d'une alliance anti-NKM à droite ne fait visiblement pas vraiment peur dans l'équipe de la candidate. Un de ses proches, contacté par le Lab, ironise en affirmant que "ça fera toujours des réserves de voix en vue du deuxième tour". Et de théoriser un éventuel effet bénéfique sur la campagne de sa candidate :

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La presse en fera ses choux gras. Et plus la presse en parlera, plus ça agacera les gens. Plus ça fera voter pour la liste de NKM.

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Dans son interview au JDD, Charles Beigbeder ne cite pas l'un des dissidents emblématiques de cette campagne à droite: Dominique Tiberi, fils de l'ancien maire de Paris, dans le 5e arrondissement.

Comme le note le journaliste Daic Audouit sur Twitter, il craint peut-être de donner l'image d'une redite de la campagne de 2001. Il y a douze ans, la droite parisienne s'était (déjà) déchirée sur fond de guerre entre Philippe Seguin et Jean Tiberi.

Du rab sur le Lab

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