Dissidences: les drôles de "règles" de Claude Bartolone

Publié à 11h57, le 27 juin 2012 , Modifié à 12h30, le 27 juin 2012

Dissidences:  les drôles de "règles" de Claude Bartolone
Claude Bartolone élu président de l'Assemblée nationale le 26 juin 2012 (Maxppp)

NIET - Olivier Falorni ne réintégrera pas le groupe socialiste à l’Assemblée. Ce 27 juin sur France Inter, Claude Bartolone, président fraichement élu au perchoir, est catégorique : c’est non, non et encore non. Mais quels sont ses arguments ?

Pour Claude Bartolone, c’est très simple : il y a une "règle du jeu"à respecter, celle du désistement si un camarade de gauche investi fait un meilleur score au premier tour. Falorni la bafoue ? Alors dehors !

Mais toutes les règles ne valent pas exclusion. Dans sa démonstration, le président de l’Assemblée oublie que tous les autres dissidents socialistes ont été réintégrés au groupe de la majorité parlementaire. Ils avaient pourtant eux aussi bafoué l'une des règles du parti.

  1. Deux cas de dissidence, vraiment?

    Sur franceinter.fr

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    Je pense qu’il y a une règle du jeu. On a eu deux cas de dissidence: Falorni qui s’est maintenu au second tour après la primaire et Braouezec en Seine-Saint Denis. Et c’est ce genre de comportement qui n’est pas acceptable.

    Au premier tour on demande aux électeurs de trancher, au second tour on se désiste pour le candidat de gauche arrivé en tête.

    S’il n’y a pas ce genre de bonne règle démocratique c’est tout le fonctionnement du rassemblement de la gauche et des écologistes qui pourrait être menacé. (…)

    Je pense qu’il faut tenir compte de cette rébellion qu’il a incarné.

    "

    Deux cas de dissidence, vraiment ? Pour justifier son refus d'intégrer Olivier Falorni dans le groupe parlementaire de la majorité [le "tombeur" de Ségolène Royal a fini par s'inscrire dans le groupe formé par les radicaux de gauche], Claude Bartolone explique sur France Inter ce 27 juin que tous les dissidents rebelles ont connu le même sort, pour "non respect de la règle".

    Problème : Claude Bartolone invoque les règles qui l'arrangent.

    Car il en est une autre qu'une dizaine de socialistes, finalement élus, ont bafoué: ne pas se présenter contre le candidat investi par le parti dès le premier tour. Cette transgression, pourtant, ne leur vaut pas d'être bannis comme Olivier Falorni: ces dissidents ont tous intégré le groupe socialiste à l'Assemblée en tant qu'apparentés.

    Claude Bartolone brandit également la menace d'un dysfonctionnement du "rassemblement de la gauche et des écologistes", dysfonctionnement là encore lié au "non respect de la règle". Le président du perchoir oublie sans doute au passage que dans le Nord, le second tour a opposé Dominique Baert, dissident socialiste, à Slimane Tir, investi par Europe Ecologie-Les Verts et le PS.

    Un véritable affront vis-à-vis de l'accord entre les deux partis. Pourtant, Dominique Baert une fois élu n'a eu aucune difficultéà rejoindre le groupe majoritaire à l'Assemblée.

    Quid de l'autre cas invoqué par Claude Bartolone, celui de Patrick Braouezec ? L'exemple est censé montrer qu'Olivier Falorni n'est pas le seul à "avoir eu un comportement inacceptable", violant les accords entre les forces de gauche. Et donc qu'il ne subit pas un traitement particulier.

    Pourtant, sa situation est fort différente, et cet exemple n'a que peu d'intérêt pour justifier l'exclusion d'Olivier Falorni.  Ce député sortant Front de gauche, arrivé en deuxième position, a en effet refusé de se désister face au candidat PS Mathieu Hanotin. Mais puisque c'est le socialiste qui l'a finalement emporté, la dissidence de Braouezec ne pose aucun problème au Parti socialiste.

    Et même s'il avait été élu, il aurait fait partie du groupe dirigé par André Chassaigne, nullement du groupe socialiste.

Du rab sur le Lab

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