Florian Philippot réaffirme la volonté du FN d'interdire les "signes religieux ostensibles dans l'espace public"

Publié à 13h45, le 22 août 2016 , Modifié à 13h56, le 22 août 2016

Florian Philippot réaffirme la volonté du FN d'interdire les "signes religieux ostensibles dans l'espace public"
Florian Philippot © FREDERICK FLORIN / AFP

Florian Philippot a la laïcité chevillée au corps. Certes, il s'agit d'une conception très personnelle de la laïcité, l'élu du Grand-Est n'hésitant pas, par exemple, à défendre le Concordat en Alsace-Moselle au nom de la laïcité alors qu'il s'agit pourtant, en l'espèce, d'une exception au principe de laïcité et à la séparation de l'Eglise et de l'État. Il n'empêche : le n°2 du Front national veut que son parti soit perçu comme le garant de la laïcité en France, peu importe la définition qu'on appose à cette notion.

Nouvel exemple en cette douce fin d'un été marqué, entre autres, par un grand débat sur le port du burkini en France. Le vice-président du FN y est opposé. Il n'est pas le seul : plusieurs maires ont décidé d'interdire sur les plages de leurs communes le port de ce vêtement destiné aux femmes désirant se couvrir pour se baigner.

Florian Philippot va plus loin. Interdire le burkini, c'est bien. Mais il faut, pour le n°2 du FN, déjà penser à l'étape d'après. Interrogé par Atlantico dimanche 21 août, l'élu frontiste réaffirme la volonté du FN d'interdire dans l'espace public les "signes religieux ostensibles". Il dit :

Sur les signes religieux ostensibles, je renvoie à  notre proposition de 2012, au moment de la campagne présidentielle. La question va devoir se poser. On parle du burkini, mais on ne pourra pas laisser les maires seuls avec leurs arrêtés municipaux. Il faut réfléchir au bannissement des signes religieux ostensibles dans l'espace public.

 

Et c'est là que le Lab ressort la boîte à archives. Car concernant les propositions du FN sur les "signes religieux ostentatoires" en 2012, il y a deux écoles : celle d'avant l'élection présidentielle et celle d'après.

Dans son programme présidentiel de 2012, Marine Le Pen écrivait ceci :

Les signes religieux ostentatoires seront interdits pour les agents comme pour les usagers du service public.

 

"La multiplication des voiles, la multiplication des burqas et leur insertion dans le service public est choquante pour les Français", avait-elle encore déclaré durant la campagne. L'interdiction se limitait donc aux services publics. Le reste de l'espace public n'était pas concerné.

Ce n'est qu'après l'élection présidentielle que Marine Le Pen a formulé une interdiction plus stricte de tous les signes religieux ostentatoires dans l'espace public. Interrogée par Le Monde en septembre 2012, la présidente du FN s'était dite favorable à l'interdiction du voile dans "les magasins, les transports, la rue…". "Il est évident que si l'on supprime le voile, on supprime la kippa dans l'espace public", ajoutait-elle avant d'expliquer qu'une "dictature laïque" valait mieux qu'une "dictature religieuse" :

Je remarque que dans les pays où il y a eu des dictatures laïques, les populations vivaient incontestablement mieux, avaient plus de libertés individuelles que sous des dictatures non pas religieuses, mais de fondamentalisme islamique.

 

Cette donc cette Marine Le Pen post-présidentielle 2012 que rejoint Florian Philippot dans son interview à Atlantico. Pour le vice-président du FN, la France n'a que trop capitulé face aux communautarismes.

"L'été que nous vivons nous le rappelle : avec le burkini, ce qui s'est passé à Sisco (voir ici), le centre aquatique qui devait être privatisé pour des femmes en burkini (voir ici), etc. Ce sont ces capitulations que subissent maintenant quotidiennement les Français. La République, la laïcité et la loi ont cédé, capitulation après capitulation, depuis des années et des années", lance Florian Philippot. Une "démission" de l'État qui, d'après lui, "mène à l'affrontement".

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 stipule que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi". Le port d'un voile, d'une kippa ou même d'une soutane en pleine rue est donc autorisé en France, tant que cela ne créé pas de troubles à l’ordre public.

En revanche, depuis 2010, la loi française interdit "la dissimulation du visage dans l'espace public". Le port de la burqa et du niqab, entre autres, est donc prohibé dans la rue en France

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