Fondation pour l’islam de France : malgré les critiques, Jean-Pierre Chevènement "ne se dérobera pas"

Publié à 10h23, le 15 août 2016 , Modifié à 10h23, le 15 août 2016

Fondation pour l’islam de France : malgré les critiques, Jean-Pierre Chevènement "ne se dérobera pas"
© PATRICK KOVARIK / AFP

Le Président de la République souhaite qu’il prenne la tête de la Fondation pour l’islam de France et Jean-Pierre Chevènement n’a aucune intention de se dérober. Fût-il sous le feu des critiques, parfois violentes, depuis que François Hollande a clairement évoqué son nom pour la présidence de la fondation.

Ce lundi 15 août, l’ancien ministre de l’Intérieur dit ainsi sa volonté de faire "enfin fonctionner" cette institution créée en 2005 par Dominique de Villepin et aujourd'hui en sommeil. Dans Le Parisien, il explique :

 

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Il s’agit d’une tâche d’intérêt public car les 4,1 millions de musulmans que compte la France doivent pouvoir exercer leur culte, mais dans le respect de la laïcité et des principes de la République. Cette mission est tellement d’intérêt public qu’aucun responsable ne peut s’y dérober. Je ne m’y déroberai donc pas sauf si ma nomination devait entraîner des problèmes insolubles qui me forceraient à me retirer.

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Le choix de Jean-Pierre Chevènement évoqué par François Hollande a suscité de vives critiques, au sein de l’opposition comme du gouvernement. Le maire LR de Tourcoing Gérald Darmanin y a vu "une idée presque coloniale", tandis que la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol lui aurait préféré une femme.

Alors que l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux moquait le fait que Jean-Pierre Chevènement soit "totalement étranger à la religion musulmane", l’ancien candidat à la présidentielle rétorque que l’institution "a une vocation d’intérêt général" et que son poste ne consistera pas à "promouvoir l’islam". "Je n’entends nullement m’immiscer dans la sphère du religieux", poursuit-il.

Lui président de la Fondation pour l’islam de France, le fondateur du MRC veut mettre l’accent sur "la formation profane des imams", avec l’enseignement de "la citoyenneté française [et] le cas échéant la langue française, les principes généraux du droit". Il entend également "promouvoir des projets culturels ayant pour but de faire mieux connaître la civilisation musulmane, [...] une des grandes matrices du monde moderne", mais aussi "réfléchir à la création d’un institut de recherche - profane - en islamologie".

Mais le "Che" a posé "deux conditions" à sa présidence éventuelle :

 

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Tout d’abord, que les financements étrangers soient prohibés afin que tout se passe dans la plus grande transparence et que l’islam de France dépende d’un argent collecté en France. D’autre part, mon acceptation de principe ne signifie en aucune manière que je renonce à ma liberté d’expression en tant qu’homme politique au long cours.

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Jean-Pierre Chevènement explique enfin que la priorité n’est pas de légiférer sur le port du voile à l’université, le burkini ou les repas hallal dans les cantines. "Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté", assure-t-il. "Il faut empêcher [les jeunes nés de l’immigration] de tomber dans l’impasse suicidaire dans laquelle les poussent Daech et les salafistes à la vue courte", explique-t-il. Avant de conclure :

 

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Si nous aimons la France, il faut faire des Français de confession musulmane des Français qui, comme les autres, ont envie de travailler à l’essor de la France. Il y a un intérêt commun à ce que le bateau France tienne la mer, car, s’il devait couler, ce sont tous ses passagers qui couleraient avec lui.

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