Hollande - Sarkozy : les deux discours de Dakar

Publié à 16h19, le 12 octobre 2012 , Modifié à 20h02, le 12 octobre 2012

Hollande - Sarkozy : les deux discours de Dakar
François Hollande à Dakar, le 12 octobre 2012.

COMPARAISON - François Hollande prononce ce vendredi 12 octobre devant  l'Assemblée Nationale du Sénégal un discours qui fait écho à celui de Nicolas Sarkozy, à l'Université de Dakar, le 26 juillet 2007.

 Le Lab met en ligne les deux textes en intégralité ainsi que la synthèse de ce qu'il faut en retenir.

  1. La comparaison des deux discours de Dakar

    Le président français est arrivé vendredi à Dakar, sa première visite en Afrique depuis son élection en mai.

    Accueilli à l'aéroport par son homologue sénégalais Macky Sall, François Hollande a prononcé dans l'après-midi un discours très attendu sur la politique africaine de la France devant l'Assemblée nationale sénégalaise.

    Je ne viens pas faire un discours pour effacer un précédent, je viens prononcer un discours pour écrire avec l'Afrique une nouvelle page.

    Je viens en Afrique pour tenir le discours de la franchise, de la transparence et du respect

    a souligné jeudi François Hollande, dans une interview accordée depuis l'Elysée à France 24, RFI et TV5 Monde.

    Voici les douze phrases clés de ce discours de François Hollande  :

    L'histoire que nous avons en commun, elle est belle, elle est rebelle, elle est cruelle.

    [...]

    Vous avez contribué à la Constitution qui me permet d'être aujourd'hui chef de l'Etat.

    [...]

    Par deux fois au cours du dernier siècle, le sang africain a été versé pour la liberté du monde. Je ne l'oublierai jamais.

    [...]

    Cette histoire a sa part d'ombre. La France se grandit en regardant lucidement son passé.

    [...]

    L'histoire de l'esclavage, nous devons la connaître, l'enseigner et en tirer toutes les leçons. A la maison des esclaves (à Gorée), je m'inclinerai devant l'histoire et m'engagerai aussi pour la dignité humaine.

    [...]

    La part d'ombre de notre histoire, c'est la répression sanglante de 1944 à Thiaroye.

    [...]

    Je ne suis pas venu ici pour montrer un exemple, imposer un modèle, donner une leçon.

    [...]

    J'ai confiance : l'Afrique est en marche.

    [...]

    La France ne fera pas obstacle à la récupération des biens mal acquis.

    [...]

    Le temps de la Françafrique est révolu. Il y a la France, il y a l'Afrique, il y a le partenariat entre la France et l'Afrique. Les émissaires, les intermédiaires, les officines trouvent désormais porte close à la Présidence de la République française.

    [...]

    La langue française n'écrase rien, elle permet tout.

    Voici à présent l'intégralité du discours tel qu'il devait être prononcé par François Hollande : 

    Un texte dont les trois mots à retenir sont Afrique, France et Histoire.

    Un discours préparé avec des historiens panafricanistes. "Parmi lesquels le Congolais Elikia Mbokolo et le Sénégalais Mamadou Diouf", avance Pana Presse, relayée par plusieurs médias sénégalais.

    Il commémorera le souvenir des victimes de l'esclavage en visitant la "Maison des esclaves", sur l'Ile de Gorée, au large de Dakar, aux côtés de sa compagne, Valérie Trierweiler. 

    > Ce qu'avait dit, exactement, Sarkozy

    Le 26 juillet 2007, pour son voyage inaugural en Afrique, deux mois après son élection, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours qui avait provoqué une polémique internationale en raison de ce passage :

    Le drame de l'Afrique, c'est que l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire.

    Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

    Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès.

    Une petite phrase qui a fait couler énormément d'encre, à revoir dans son contexte, dans la vidéo ci-dessous, isolée par LePoint.fr

    Les 12 pages du discours, en intégralité : 

     

    Les mots les plus prononcés par Nicolas Sarkozy pour son discours de Dakar en 2007 en un  clin d'œil :

    Le président du Sénégal de l'époque, Abdoulaye Wade, avait par la suite estimé que Nicolas Sarkozy était "victime de son nègre".

    En réponse, sa plume, Henri Guaino, s'était fendu d'une tribune dans Le Monde, un an plus tard.

    Ségolène Royal était venue à Dakar pour dire, en avril 2009 : 

    Quelqu'un est venu ici vous dire que 'l'Homme africain n'est pas entré dans l'histoire'. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dû être prononcées et – je vous le dis en confidence – qui n'engagent ni la France, ni les Français.

    La vidéo du discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en intégralité, en trois parties : 

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