De Sarkozy à Hollande, en passant par Obama : la politique des bisous

Publié à 15h48, le 03 avril 2012 , Modifié à 17h50, le 03 avril 2012

De Sarkozy à Hollande, en passant par Obama : la politique des bisous
(Montage Le Lab - Photo Reuters)

Nicolas Sarkozy descend de la tribune, embrasse Carla Bruni-Sarkozy devant toutes les caméras. François Hollande fait un geste similaire avec Valérie Trierweiler.

L’image est devenu un classique de cette campagne. Contrairement à 2007, les favoris peuvent jouer la carte du couple dans cette course à l’Elysée. Et ils en profitent !

  1. Le bisou, un retour aux fondamentaux

    Ces images ont été vues et revues. Dans les JT, sur les chaînes d’informations en continu, à la une de magazine : les baisers à leurs compagnes respectives de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Barack Obama et d’autres ont fait le bonheur des amateurs de peopolitique.

    (cliquez ici pour voir l'image en plus grand)

    Des clichés oubliés en 2007. En effet, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal n’avaient que peu joué la carte du couple, compte tenu de leurs situations personnelles délicates. 

    Pour Arnaud Mercier, chercheur en communication politique au CNRS*, cette mise en avant du couple en général, et des moments personnels en particulier n’a rien de nouveau. “Le rôle de l’épouse comme soutien fidèle a toujours existé”. “On revient plutôt à une situation de normalité après une élection de 2007 avec des favoris dans des situations personnelles compliquées. 

    Pour le chercheur, c’est “un outil classique du marketing politique”. Cela participe à une vieille tradition qui est “l’humanisation des candidats”. “Jean Lecanuet le faisait déjà”, remarque Arnaud Mercier, soulignant un film où il se mettait en avant avec son épouse, à la manière de John Fitzgerald Kennedy. “Cette méthode permet de mettre une touche affective à une candidature, c’est un outil habituel dans la communication politique”. 

    Pour vous, Le Lab a fait une typologie du bisou politique : 

    * auteur de Médias et opinion, CNRS Editions 

  2. Le bisou du renoncement

    Ce baiser de Nicolas Sarkozy à Carla Bruni-Sarkozy est celui du renoncement. Comme le remarque Arnaud Mercier, le début de la relation entre le président de la République et l'ex-mannequin a été marqué par une exposition ostentatoire, voire bling-bling. Aujourd'hui, la nature de sa communication en tant que couple a changé. Le candidat de l'UMP est plus discret et son épouse tient le rôle du soutien indéfectible, fort, mais tout en retenu. 

  3. Le bisou sorti du placard

    Le baiser de François Hollande à Valérie Trierweiler est un peu sorti du placard. En effet, le candidat du Parti socialiste n'est pas habitué à étaler sa vie privée. Embrasser sa compagne en public n'a rien d'usuel. Pour Arnaud Mercier, chercheur au CNRS, François Hollande fait, à ce niveau, le chemin inverse de Nicolas Sarkozy. Il sort de la pudeur pour rendre publique cette relation, alors que le président de la République opte pour davantage de retenue. 

  4. Le bisou pudique

    François Bayrou, lui, a toujours placé un mur entre sa vie privée et sa vie d'homme public. Le candidat Modem se montre rarement en présence de son épouse, Elisabeth. La République des Pyrénéesévoquait "sa très discrète épouse quelque peu effrayée par tant d'agitation". A Plurielles, elle racontait : 

    Je suis là parce qu'on me l'a demandé. J'ai obéi. 

    Mais Elisabeth Bayrou sait répondre présente quand il s'agit du baiser de fin de meeting, si important pour les images. 

  5. Le bisou classique

    Aux Etats-Unis l'existence du couple politique est bien plus claire qu'en France. Michelle Obama a un statut bien particulier à la Maison-Blanche, un rôle officiel reconnu par les textes

    Même en campagne, l'exposition est beaucoup plus forte. La potentielle première dame (qu'elle soit républicaine ou démocrate) s'expose dans les clips, tient des discours, pose pour de nombreuses photos. Son absence pourrait choquer. 

    Résultat, les scènes de tendresse ne manquent pas entre Barack Obama et son épouse. 

  6. Le non-bisou

    S'il y a bien un couple de la présidentielle française qui ne s'expose pas, c'est bien celui de Marine Le Pen. Son compagnon Louis Alliot est pourtant partout avec elle. Numéro 2 du parti, il la suit sur de nombreux déplacements. Mais les images de complicité entre les deux n'existent pas, ou peu. 

  7. Bonus : le bisou à maman

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