Le multiplex politique du 14 février avec Jean-Christophe Lagarde, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Raffarin, Laurent Wauquiez et François Bayrou

Publié à 09h29, le 14 février 2016 , Modifié à 19h19, le 14 février 2016

Le multiplex politique du 14 février avec Jean-Christophe Lagarde, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Raffarin, Laurent Wauquiez et François Bayrou

#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre, voire plus, pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 14 février, jour de la Saint-Valentin, un multiplex 100% masculin : Jean-Christophe Lagarde, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Raffarin, Laurent Wauquiez et François Bayrou.

  • Deuxième partie

>> Jean-Pierre Raffarin, BFM politique

#TeamJuppé

Il hésitait. "Alors, où suis-je ?", se demandait-il en décembre dernier, cajolant à la fois Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Après l’élection de Luc Chatel à la présidence du Conseil national de LR, Jean-Pierre Raffarin n’a plus de devoir de réserve qu'il avait en tant que président du Conseil national du parti. Et la réponse est tombée ce dimanche 14 février : il soutiendra le maire de Bordeaux pour la primaire de la droite et du centre.

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Je pense qu’il incarne le projet politique auquel je crois. Depuis 1989, on a partagé la même ligne politique. La personnalité est forte, fiable et fidèle. Il a cette volonté de rassembler alors que je pense qu’il y a chez Nicolas Sarkozy la volonté de cliver dans une stratégie de conquête.

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Même si rien n’était officiel, on sentait venir ce soutien d’un ex-Premier ministre à un autre ex-Premier ministre. "L’UMP c’est quoi ? C’est la droite et le centre", avait déclaré le sénateur de la Vienne en 2014. Le plus proche conseiller d’Alain Juppé Gilles Boyer a souhaité la bienvenue à Jean-Pierre Raffarin dans un tweet clin d’oeil : "The Alain needs the Jean-Pierre to win !"

>> François Bayrou, Cpolitique (France 5)

#Fact-checking

Nicolas Sarkozy et François Bayrou n’ont jamais été très copains. Samedi 13 février encore, le patron de LR a lancé qu’il était préférable, en vue de la présidentielle de 2017, de ne pas faire d’accord avec le maire MoDem de Pau parce qu’il "pense que M. Bayrou vote à gauche. Pas depuis 2012. Depuis bien avant".

L’ex-candidat à la présidentielle a répondu à ces attaques par une petite séance de fact-checking, après avoir qualifié l’attitude de l’ex-chef de l’Etat d’"agressive" :

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En 2002 il n’y avait pas de candidat de gauche au deuxième tour. Et il aurait été surprenant que je vote à gauche au premier tour parce que j’étais moi-même candidat. J’ai voté pour le candidat de gauche à l’élection présidentielle - et c’est la première fois de ma vie que je l’ai fait - en 2012. J’ai voté blanc en 2007, et j’ai voté pour Jacques Chirac en 2002.

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D’ailleurs, François Bayrou n'est tellement pas de gauche qu’il s’entend très bien avec *un certain concurrent de Nicolas Sarkozy* : "Il y a beaucoup de Français qui sont très heureux que Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et moi nous nous entendions, sans égoïsme !", a-t-il tenu à rappeler.

  • Première partie

>> Jean-Christophe Lagarde, Le Grand Rendez-Vous Europe 1 / iTélé / Le Monde

#De la flûte
Si la réforme constitutionnelle va jusqu’au bout du processus et est adoptée en congrès à Versailles, faut-il y voir une victoire politique pour François Hollande ? Aucunement, répond le patron de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui a malicieusement souligné que le groupe UDI à l’Assemblée nationale avait été, proportionnellement, celui qui avait le plus massivement voté le texte du gouvernement instaurant la constitutionnalisation de l’état d’urgence et l’extension de la déchéance de nationalité. Il dit : 

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J’espère qu’ils (les sénateurs UDI, ndlr) feront le même vote, et je m’emploierai pour les convaincre. On ne peut pas se lever à Versailles et lorsqu’il s’agit de faire deux choses simples, on ne peut pas dire qu’on n’est pas capable de se rassembler sur ça. (…) Ce serait une victoire du président de la République parce qu’il y aurait une réforme constitutionnelle, tout ça, c’est de la flûte.

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Pourtant, étant donné les importantes divisions qui tiraillent tous les bords politiques, la réunion du Parlement en Congrès à Versailles est jusqu'ici très loin d’être acquise.

#Jurisprudence Hervé Morin

Entre Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin, ce n’est pas l’amour fou, loin de là. Alors que se profile le débat au sein de l’UDI sur la nécessité de participer ou non à la primaire de la droite et du centre, Jean-Christophe Lagarde a tenu à rappeler comment le centre avait été étouffé par l’UMP durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Dans son viseur, sans le dire, le Nouveau Centre d’Hervé Morin. Il souligne ainsi que le parti centriste allié de l’UMP n’avait alors aucunement pesé dans le débat et sur la ligne politique du gouvernement :

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Je souhaite faire entendre les valeurs centristes dans le débat présidentielle. Et pourquoi pas de faire gagner ces valeurs. (…) J’ai un certain nombre d’amis, dans ma famille politique, qui ont été membres des gouvernements de 2007 à 2012 notamment. Est-ce qu’ils ont pu peser sur le cours des choses, est-ce qu’ils ont pu incarner leurs orientations ? Non. Ils n’ont fait que porter que des décisions qui étaient prises par les Républicains et parce que nous n’étions pas dans le débat présidentiel.

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Prépare-t-il sa propre candidature à la primaire ? On est en droit de le penser.

>> Jean-Luc Mélenchon, 12/13 Dimanche sur France 3

#Plus écolo que les écolos

Jean-Luc Mélenchon n’a pas été emballé par le remaniement. Et même choqué presque l’entrée au gouvernement d’Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili, trois écolos. Selon celui qui a fait acte de candidature pour 2017, ces débauchages "discréditent" aussi bien les intéressés que "leur propre mouvement". "Vous avez des militants qui sont écœurés", poursuit Jean-Luc Mélenchon qui ajoute :

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J’espère qu’ils ne baissent pas les bras parce que leur militantisme est précieux. J’espère qu’ils me récupèrent. (rires)

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Et d’estimer qu’il est lui-même plus écologistes que les écolos entrés dans l’équipe gouvernementale de Manuel Valls :

 

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Je m’estime écologiste plus conséquent, plus assuré et plus insoumis que ceux-là. Par conséquent ma proposition de candidature vaut la peine que les militants écologistes s’y intéressent. Je me sens à l’aise dans cette famille intellectuelle.

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#Serpent Kaa

Il ne faut pas s’attendre, de la part de Jean-Luc Mélenchon, à des fleurs envers Marine Le Pen. Ce dimanche, l’eurodéputé Front de gauche a comparé la présidente du FN au vicieux serpent hypnotiseur du Livre de la jungle, celui qui dit tout le temps d’une voix lancinante "Aie confiance, crois en moi". Il dit, interrogé pour savoir si son slogan de campagne, "la France insoumise", est une réponse à celui de Marine Le Pen, "la France apaisée" :

 

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Si vous lisez les deux, oui, c’est pas pareil, c’est même exactement l’inverse. Marine Le Pen, c’est le serpent Kaa vous savez. Elle veut endormir, ‘soyez apaisez, cessez de vous révolter’. D’ailleurs elle-même vient d’accepter les traités européens. Tout cela lui va très bien. Pas moi.

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Jean-Luc Mélenchon aime bien cette comparaison avec le serpent Kaa. Dans une interview au Inrocks en août 2015, il l’utilisait déjà. Parlant d’Alexis Tsipras, il expliquait alors que le Premier ministre grec s’était « laisse envoûter par Kaa, le serpent du Livre de la jungle, qui lui répétait “on va te tirer d’affaire, on va te tirer d’affaire”. »

>> Laurent Wauquiez, Le Grand Jury (RTL/LCI/Le Figaro)

#ONLR

Nicolas Sarkozy a longtemps tergiversé sur son positionnement par rapport au mariage pour tous, avant d’affirmer, dans son livre La France pour la vie, qu’il n’était plus favorable à l’abrogation de la loi Taubira. Son numéro deux Laurent Wauquiez a, lui, farouchement combattu cette loi et ce n’est pas demain la veille qu’il compte changer d’avis. Ce dimanche 14 février, il a réaffirmé son opposition lors de son discours au Conseil national de Les Républicains, puis sur RTL… mais ne tient pas rigueur au patron de LR d’avoir retourné sa veste sur le sujet. Il dit :

 

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C’est des sujets qui sont très intimes et sur lesquels je peux comprendre que quelqu’un puisse réfléchir et évoluer dans sa pensée. Je peux parfaitement le comprendre d’autant qu’il y avait beaucoup d’interrogations de sa part. Pour autant, moi je n’ai pas changé d’avis. Je me suis opposé à la loi Taubira et je suis toujours pour la suppression de cette loi. Je n’ai pas changé mon cap sur cette question et pour une raison qui est toute simple : cette loi amènera nécessairement un détricotage de la filiation.

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Après son revirement, l’ex-chef de l’Etat s’était attiré les foudres de la Manif pour tous et de ses différentes composantes… et leur avait donné des gages en nommant une anti-IVG et anti-mariage pour tous déléguée à la Famille des Républicains.

#Ya plus d’valeurs

Nicolas Sarkozy se livre à un mea culpa dans son livre ? Pas de raison que Laurent Wauquiez, qui a été son ministre, n’en fasse pas de même. Il regrette de ne pas avoir fait "la réforme de la formation professionnelle qu’il fallait faire", ou encore de ne s’être pas opposé avec assez de ferveur à l’entrée de la Bulgarie dans l’Union européenne. Une attitude qu’il attribue à "trop de pudeur", à la "peur de susciter les critiques" mais aussi à la "peur d’avoir un discours trop consensuel". Mais ça c’était avant. Aujourd’hui, le député-président de région essaie de s’en "libérer" car c’est selon lui "ce qui fait faire naufrage à la politique".

 

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Qui anime aujourd’hui le débat en france ? Les politiques ? Non. C’est les intellectuels. C’est des gens comme Finkielkraut. C’est des gens comme Onfray. C’est des écrivains comme Houellebecq qui obligent notre pays à sortir de sa torpeur et d’une forme de déni de réalité. Les politiques ? Qu’est-ce qu’on dit encore ? A quel moment les gens nous écoutent et se disent "là je sens des vraies convictions" ? (...) Les politiques vous les entendez ? C’est devenu des techniciens au petit pied ! Ya plus de valeurs.

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On ira pas jusqu’à y voir un axe de campagne de Nicolas Sarkozy (mais un peu quand même).

Du rab sur le Lab

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