Le multiplex politique du dimanche 31 mars

Publié à 17h43, le 31 mars 2013 , Modifié à 18h03, le 31 mars 2013

Le multiplex politique du dimanche 31 mars
Alain Juppé, Dominique Bertinotti, Delphine Batho et Eric Woerth (Montage Le Lab - images Reuters)

MULTIPLEX POLITIQUE- Au programme des interviews dominicales du 31 mars, Alain Juppé sur France 5, Dominique Bertinotti sur France Inter, Delphine Batho sur BFMTV et Eric Woerth sur RTL.

Le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose des "morceaux choisis" au fur et à mesure de la soirée.

  1. Le #multiplexpolitique

    >> Alain Juppé dans C politique sur France 5

     

     (image France 5)

    > #Ambitions

    Lorsqu'on lui demande ses ambitions à l'échelle nationale, l'actuel maire de Bordeaux prend toujours soin de ne rien en dire, tout en ne se fermant aucune porte. Pour l'instant, son objectif est de garder Bordeaux en 2014. Pour l'instant.

    Bordeaux c’est important, je m’y consacre totalement en ce moment, ce qui ne m’empêche de regarder ce qui se passe.

    Comme je n’ai pas d’ambition nationale à court terme je ne peux pas être suspect de prétendre à tel ou tel poste. Je ne suis pas candidat aujourd’hui en dehors de la mairie de Bordeaux.

    Alain Juppé précise également qu'il attendra de "franchir le cap de l'élection municipale à Bordeaux" avant d'être plus clair sur ses ambitions nationales.

    Un "éternel retour" qui amuse la ministre Michèle Delaunay, surtout grande rivale d'Alain Juppé à Bordeaux :

    @cpolitique_chbo J'admire en Juppé cet éternel possible futur national. Sans doute est-il le plus proche de ce que porte mon Ministère

    — Michèle Delaunay (@micheledelaunay) 31 mars 2013

    Mais aussi la conseillère de Paris socialiste Marie-Pierre de la Gontrie :

    Juste pour info #Juppé aura 67 ans cette annee#jdcjdr#ambition nationale toussa #cpolitique

    — mp de la gontrie (@mpdelagontrie) 31 mars 2013

    > #Amabilité contre amabilité

    En fin d'émission, Alain Juppé est interrogé sur ce tweet de Michèle Delaunay. Voici sa réponse :

    C’est du Delaunay tout craché, c’est élégant … 

    (...)  

    Seulement Madame Delaunay devrait se demander pourquoi elle est totalement inconnue par la quasi-totalité des Français qui se demandent bien ce qu’elle fait au gouvernement.

    > #Président socialiste

    Lors de son intervention télévisée du 28 mars, François Hollande a précisé qu'il n'était "plus un président socialiste". Quant à Jean-Marc Ayrault, ce 31 mars dans le JDD, il s'est affirmé en "Premier ministre socialiste". Un débat "abracadrabrant" pour Alain Juppé :

    Quel est le président qui n’a pas dit cela ? Bien sûr que même s’il a ses appartenances partisanes, il doit être le président de tous les Français.

    Et il ferait bien d’être mieux inspiré dans le rassemblement en abandonnant certains projets, comme celui sur l’homoparentalité. Pour montrer qu’il est un président au dessus de la mêlée.

    Pour Alain Juppé, Jean-Marc Ayrault aurait dû suivre l'exemple du président :

    Il se serait aussi grandi en disant qu'il est le Premier ministre de tous les Français.

    > #Point Sarkozy

    Après un reportage consacré à Nicolas Sarkozy et à son éventuel retour, Alain Juppé se fend d'un commentaire, d'un seul : une réflexion sur les amours de l'ancien président. 

    Je vais vous faire une petite confidence. Avant de venir j’ai écouté cet après-midi Little French Songs, le disque de Carla Bruni, et notamment la chanson "Mon Raymond".

    Et je me suis dit que quand un homme aime une femme et qu’il reçoit de cette femme un tel message d’amour, il ne peut être qu’heureux. Il en a bien de la chance.

    Comment comprendre cette remarque ? Nicolas Sarkozy devrait-il se contenter de sa situation actuelle ? Que nenni répond Alain Juppé qui précise simplement :

    C’était juste une remarque sur son bonheur personnel.

     

    > #Cumul des mandats

    Alain Juppé est contre le cumul des mandats. Pour le prouver, il rappelle que depuis quelques mois il est "le seul parmi les grandes personnalités girondines à ne pas cumuler". Pour mieux fustiger le gouvernement qui, selon lui, ne mettra jamais la réforme en place :

    C’est une farce grand guignolesque ! Ca fait des mois et des mois que le Parti socialiste dit : "On va le faire, on va le faire tout de suite !" Ils viennent à nouveau d’avaler leur chapeau !

    Voilà aussi quelque chose qui fait du mal à la classe politique. Le Parti socialiste a juré, croix de bois croix de fer, qu’ils allaient le faire et maintenant on nous dit 2017, c'est-à-dire jamais.

     

    Le projet de loi interdisant le cumul des mandats sera présenté en Conseil des ministres le 3 avril. Sa date de mise en application est cependant encore inconnue même si François Hollande promet que cela sera "avant la fin du mandat". 

    >> Dominique Bertinotti dans Tous politiques sur France Inter

    > #PMA

    Lors de son intervention télévisée, François Hollande a affirmé qu'il "respecterait" l'avis rendu par le comité national d'éthique - pourtant uniquement consultatif - quant à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes. Ce qui, en langage présidentiel, veut dire qu'il suivra cet avis.

    Mais la ministre de la Famille, connue pour être favorable à la PMA, ne se veut pas aussi catégorique. Voici sa version :

    [L'avis du comité] fait partie des éléments qui sont susceptibles d'éclairer la prise de décision. (...)

    Le terme exact de François Hollande est "je respecterai". Et l'avis du comité peut être un avis qui n'est pas simplement oui ou non. Pourquoi se priver de l'ensemble de ces nuances ? On n'est pas dans des débats caricaturaux.

    La ministre assure que la question de la PMA fait toujours partie, comme promis, de la grande loi sur la famille prévue avant la fin de l'année. Mais en prenant toutes les pincettes nécessaires :

    La loi famille a pour vocation à s’adresser indifféremment à tous les couples et va porter sur différents sujets comme le statut du tiers, la médiation, l’adoption, le droit des enfants à connaitre leur histoire originel.

    Et il y aura aussi le fait que la question de la PMA puisse être abordée dans le cadre de cette loi.

    Après, je vous le répète, ensuite nous attendons l’avis du comité qui sera rendu vers le mois d’octobre ou de novembre.

     

    >  #Prostitution

    Alors que l'objectif abolitionniste de la ministre des Droits des femmes  en matière de prostitution est connu, Dominique Bertinotti fait entendre son "scepticisme" sur France Inter. Eradiquer la prostitution ? Elle n'y croit pas vraiment.

    J’aimerais pouvoir dire que ce serait bien qu’on puisse abolir la prostitution car, derrière il y a souvent beaucoup de souffrance des prostituées, d’exploitation de ces femmes ...

    Est-ce qu’on peut l’éradiquer ? J’avoue, peut être que je suis sceptique ...

    Si elle dit "entendre l'engagement" de Najat Vallaud-Belkacem et juge "très louable de s'engager dans l'abolition", la ministre de la Famille répète son scepticisme sur la "disparition de la prostitution".

    Quant à la pénalisation du client - à l'état de "piste" selon Najat Vallaud-Belkacem - Dominique Bertinotti y croit encore moins :

    Je n’ai pas d’avis circonstancié sur la question. Je suis septique : est ce que ça a fait disparaitre la prostitution en Suède ? Il ne faudrait pas qu’elle devienne quelque chose de caché. J’avoue un peu mon septicisme.

     
     

    > #Laïcité

    Depuis la décision de la Cour de cassation concernant la crèche Baby-Loup et le renvoi d'une employée voilée, le gouvernement dit réfléchir à une réaffirmation de la laïcité dans "le service public de la petite enfance". Dominique Bertinotti en explique la logique ce 31 mars. Selon elle, les crèches ont une mission d'éducation, donc une mission de service public.

    Lorsqu’on accueille des enfants, dans les crèches collectives privées, on ne fait pas que les garder, on contribue à leur éveil. Donc c'est une mission d’éducation, donc une mission de service public. Il doit y avoir application de la neutralité et du respect de la laïcité.

     

    "Pourquoi appliquer le principe de laïcité après trois ans et pas avant ?", s'interroge la ministre qui souhaite que les parents puissent "choisir" de mettre leur enfant dans une crèche confessionnelle.

    Les groupes parlementaires seront reçus par le Premier ministre pour en discuter.

    >> Delphine Batho sur BFMTV

    <img src="http://i.imgur.com/oayC5eR.jpg" alt="" width="450" />

    (image BFMTV)

    > #Popularité 

    61% des Français peu convaincus après l'intervention télévisée de François Hollande ? On peut râter son émission mais réussir pour la France, lance, en substance, la ministre de l'Ecologie. Avant d'en profiter pour tancer Nicolas Sarkozy :

    C’est tout à fait hâtif de juger un quinquennat sur dix mois d’action et c’est tout à fait hâtif de juger une action sur une émission de télévision.

    Vous savez, il y avait un ex président de la République qui réussissait toujours ses émissions de télévision, ça ne l’a pas empêché de ruiner le pays et de nous amener là où nous sommes aujourd’hui.

    Nicolas Sarkozy était dans le rôle de la prestation télévisée, il y avait des commentaires généralement satisfaisants après ces prestations, ce n’est pas ça qui a résolu les problèmes du pays. Donc ce n’est pas ça qui compte.

     

    > #Changement d'heure

    François Bayrou a demandé à ce que l'on repense les changements d'heures annuels. Delphine Batho lui répond "non prioritaire" et "changement d'heure toujours utile" :

    [Le changement d'heure] sert à économiser l’équivalent de l’éclairage de 800 000 personnes par an. Ca reste un facteur d’économie d’énergie. Même si notre usage a beaucoup utilisé.

    C’est aussi devenu la norme à l’échelle européenne donc ce sera compliqué que la France change son système.

    Et puis il y a d’autres priorités aujourd’hui que de le remettre en cause.

    >> Eric Woerth dans Le grand jury sur RTL

    (image Frédéric Bukajlo / Abacapress)
    > #Front national
     
     
    Celui qui est député de l'Oise a assisté à l'élection législative partielle qui a vu l'UMP s'imposer de justesse face au Front national le 24 mars. Et il accuse clairement le Parti socialiste local d'avoir appelé à voter, sans que cela soit officiel, pour le FN et d'avoir créé des "ramifications" :
     
     

    Quand des électeurs socialistes votent pour le Front national, il y a une banalisation totale.
     
    On voit bien que les cantons les plus à gauche sont ceux qui ont voté pour le Front national. Le canton de la candidate socialiste, il a voté pour la candidate du FN.
     
    Il y a évidemment des ramifications qui se sont faites. Tous ceux qui nous donnaient des leçons tout le temps sont à même d’en recevoir beaucoup.

     
     
    [>> Lire à ce sujet l'article de Marianne : "Oise, la gauche a-t-elle voté pour le FN ?]
     
     
     
    > #Retraites
     
     
    Le gouvernement socialiste réfléchit à un allongement de la durée de cotisation mais assure que l'âge légal de départ en retraite, 62 ans, ne bougera pas. L'ancien ministre du Travail qui a géré la réforme des retraites sous Nicolas Sarkozy a une toute autre opinion :
     
     

    A partir de 2017, il faudra probablement passer de 63 à 64 ans dans les prochaines années.

     
    Eric Woerth demande également à ce soit mis un terme aux régimes spéciaux, réforme pour laquelle il avait fait "la moitié du chemin", explique-t-il.
     
    Il argue enfin qu'il n'est pas normal qu'une personne qui fait de longues études parte plus tard à la retraite qu'une autre entrée tôt sur le marché du travail :
     
     

    Pourquoi quelqu’un qui ferait ses études – c’est pas un glandeur, il travaille, il rentre dans la vie avec beaucoup d’expérience ! – partirait-il en retraite beaucoup plus tard que celui qui entre dans la vie professionnelle à partir de 19 ou 20 ans ?
     
    Ce serait extrêmement injuste de prendre des populations différentes et de dire : "Toi tu partiras à 68 ans, toi à 62 ans".

     
     
     
    > #Bettencourt
     
     
    Nicolas Sarkozy n'est pas le seul à être mis en examen dans l'affaire Bettencourt. Eric Woerth l'est depuis 2010 et il fait part de son "sentiment d'injustice" :
     

    Il y a beaucoup de fantasmes dans cette histoire. Cela fait trois ans que je suis trainé dans la boue, que je lis des articles diffamatoires, cela fait trois ans qu’il y a des enquêtes de toute nature, et il n’y a pas de preuve.
     
    Car les faits qu’on me reproche n’existent pas. Je n’ai pas financé la campagne de Nicolas Sarkozy de façon illégale, je n’ai pas facilité le recrutement de mon épouse.
     
    J’ai un sentiment profond d’injustice depuis cette période là. Et comme j’ai confiance dans la justice, la vérité éclatera. (...)
     
    C’est un fardeau pour moi, mes amis, ma famille, ma famille politique aussi … Et il n’y a pas de preuve !

     
     
    Il ajoute, concernant Nicolas Sarkozy qui est mis en examen pour abus de faiblesse, qu'il n'y a "ni abus, ni faiblesse".

     
     
     
     

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