Le Roux juge "indécent" la création du R-UMP de Fillon, également critiqué par Guaino

Publié à 11h33, le 04 décembre 2012 , Modifié à 11h49, le 04 décembre 2012

Le Roux juge "indécent" la création du R-UMP de Fillon, également critiqué par Guaino
Bruno Le Roux. (Maxppp)

FRONDE - Les députés UMP favorables à François Fillon ont-ils pris l’Assemblée nationale en otage en créant leur propre groupe parlementaire ? C’est ce que pense Bruno Le Roux, qui juge le Rassemblement-UMP "indécent", tout comme Henri Guaino pour qui il s’agit d’une "faute morale".

La création du groupe parlementaire Rassemblement-UMP autour des soutiens de François Fillon et acté ce mardi matin avec la présence de l’ancien Premier ministre à la conférence des présidents fait grincer des dents.

Au PS, on dénonce "un mauvais film qui instrumentalise l’Assemblée nationale", dixit Bruno Le Roux ce mardi sur RFI :

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C’est un mauvais film qui a rabaissé la politique, qui instrumentalise l’Assemblée nationale avec un groupe qui bouleverse le fonctionnement de l’Assemblée juste pour peser sur des rapports de force interne. Je regrette qu’ils aient mis la démocratie plus bas qu’elle ne devrait l’être.

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Et le patron des députés PS d’ajouter, remonté et évoquant le général de Gaulle : 

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Bien entendu, je dénonce ce groupe. Jamais dans la République on a créé un groupe qui n’aurait vocation à exister que quelques jours ou quelques semaines.

On bouleverse le fonctionnement de l’Assemblée, on se sert des institutions pour des rapports de force interne. C’est le général de Gaulle qui doit se retourner dans sa tombe quand il voit le fonctionnement de ceux qui se réclament encore de lui.

C’est un comportement indécent que de se servir de l’Assemblée pour essayer de faire pression et de régler quelques problèmes partisans.

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A la sortie de la première conférence des présidents où ont cohabité François Fillon et Christian Jacob, Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, a également fustigé cette instrumentalisation du Palais Bourbon et du législateur :

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Ce n’est pas la création d’un groupe de plus qui va mettre plus de désordre au sein de l’hémicycle, car les Français nous regardent.

Ce ne sont pas les divisions qui peuvent exister au sein d'une grande famille politique qui doivent détériorer le rôle qui est le nôtre.

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Soutien de Jean-François Copé et ancienne plume de Nicolas Sarkozy, le néodéputé Henri Guaino encaisse mal l’émergence de ce groupe dissident. "Une fracture morale très profonde", tance-t-il, qualifiant l’initiative "d’absurdité" : 

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Avoir créé un groupe est une faute morale très profonde.

Le groupe n’a rien à voir avec les affaires du parti. Nous avons tous un devoir en tant que parlementaire vis-à-vis de ceux qui nous ont élus.

C’est deux groupes sont une absurdité. Les Chinois avaient inventé un pays, deux Etats. Nous on a un parti, deux groupes ! Nulle part au monde on a vu ça.

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