L'excuse de Ségolène Royal pour ne pas répondre aux questions de Bruce Toussaint : "je travaille, je me suis couchée à 3h du matin"

Publié à 11h54, le 20 janvier 2016 , Modifié à 16h32, le 20 janvier 2016

L'excuse de Ségolène Royal pour ne pas répondre aux questions de Bruce Toussaint : "je travaille, je me suis couchée à 3h du matin"
Ségolène Royal © AFP

INSTANT TÉLÉ – Quand on est ministre, on ferme sa gueule ou on démissionne. Mais pas seulement. Quand on est ministre, on travaille aussi. Et pas qu'un peu.

Ségolène Royal, la ministre indispensable au gouvernement, est ainsi une acharnée de boulot. À tel point qu'elle n'a quasiment le temps de rien faire d'autre, et certainement pas de lire le livre de Jean-François Copé ou de Nicolas Sarkozy comme elle l'explique ce mercredi 20 janvier sur iTÉLÉ. Encore moins de parler de l'éventualité d'une primaire à gauche. Et certainement pas de commenter un hypothétique remaniement du gouvernement et d'une nomination de Ségolène Royal au ministère des Affaires étrangères.

Forcément, la ministre de l'Écologie n'a pas très envie de parler de ces sujets.

Le premier l'oblige à parler d'un parti qui n'est pas le sien. "Je n'ai pas le temps de lire ni l'un ni l'autre compte tenu de l'énorme travail que je fais", dit-elle quand on lui demande si elle préfère lire le livre de l'ancien président de l'UMP ou celui de l'actuel leader de LR.

Le deuxième sujet est un dossier gênant pour la gauche puisque de nombreux socialistes réclament l'organisation d'une primaire, ce que pour l'instant refuse poliment François Hollande. "Je n'ai pas le temps de m'occuper de ça. Quand on est au gouvernement, on s'occupe de la responsabilité que l'on a", lance la ministre de l'Écologie.

Le troisième sujet la concerne directement puisqu'elle est pressentie pour prendre la succession de Laurent Fabius, annoncé partant pour le Quai d’Orsay. 

Pour éluder les trois sujets suscités, Ségolène Royal dégaine donc la carte "je-suis-une-ministre-au-travail". Et qu'en plus, elle n'a même pas le temps de dormir convenablement. C'est dire si ces hypothèses sont loin d'elle…  Cet argument est bien pratique. En décembre, la ministre de l'Ecologie l'utilisait déjà pour expliquer que les politiques n'avaient pas à s'autoflageller. Même excuse aujourd'hui mais pour une finalité différente.

Ce mercredi, elle dit :

 

"

Nous sommes au travail. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la masse de travail qu'il y a. Regardez, cette nuit je me suis couchée à 3 heures du matin. Je suis devant vous et je suis contente de pouvoir expliquer ce qui se fait.

"

Voilà. Non seulement Ségolène Royal travaille énormément jusqu'à 3h du matin – ce qui lui permet sans doute d'avoir "un temps d'avance" sur pas mal de monde dont Manuel Valls - mais en plus elle doit se coltiner les remarques de journalistes qui ne font rien qu'à l'embêter en lui posant des questions gênantes. Et ça, quand on est une ministre au travail et que l'on n'a pas beaucoup dormi, ce n'est pas très agréable.

Faisons un peu de calcul : interviewée à 8h20 sur iTÉLÉ, Ségolène Royal a probablement dû arriver sur place aux alentours de 8 heures. Ajoutons une heure pour inclure le réveil, la préparation, un petit café et le transport jusqu'à la chaîne et hop, Ségolène Royal s'est levée, au plus tard à 7 heures. 7 – 3 = 4.

Le compte est bon : la ministre de l'Écologie a dormi au maximum 4 heures dans la nuit de mardi à mercredi. Ce qui n'est pas beaucoup. Mais elle est quand même à la télévision pour le dire

Seulement, si les journalistes pouvait arrêter de lui poser des questions qui la gênent, ça serait bien aimable. 

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