Liberté de conscience : rattrapage de com' pour le gouvernement

Publié à 13h53, le 21 novembre 2012 , Modifié à 14h00, le 21 novembre 2012

Liberté de conscience : rattrapage de com' pour le gouvernement
(Reuters)

En s'aventurant sur le terrain de la " Sur la situation internationale :">liberté de conscience" pour permettre aux maires de ne pas célébrer les mariages homosexuels, François Hollande a imposé un exercice difficile à ses ministres : exceller en communication.

Le Lab reprend le fil de cette annonce improvisée et de son recadrage.

[20 novembre] François Hollande s'exprime devant les maires de France, un public loin d'être conquis par certaines de ses réformes. L'une d'elle ne passe pas dans l'opposition, c'est le mariage pour tous. Pas question pour certains maires de célébrer ce type d'unions. Comme le souligne Libération, Le président va alors s'éloigner de son discours imprimé et faire cette sortie :

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La loi s'applique pour tous dans le respect, néanmoins, de la liberté de conscience. (...) Les possibilités de délégations existent et peuvent être élargies.

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Une annonce vécue comme un recul pour les pro-mariage gay. Pour les associations, le président laisse entendre que les homosexuels subiront un traitement à part. L' inter-LGBT annonce même qu'elle "suspend toutes ses relations avec le gouvernement" en attendant des précisions.

D'autres s'inquiètent : et si tous les membres d'un conseil municipal s'y opposent, que se passera-t-il ? Beaucoup, comme Europe Ecologie-Les Verts, espèrent que les propos de François Hollande ne sont qu'une "maladresse".

[21 novembre - 8h00 ] L'heure est aux PRÉ-CI-SIONS.

Objectif : faire comprendre que ce qui passe pour un reniement est en réalité une avancée et un souci de la précision de la part de François Hollande.

Cela commence dès le matin par la voix de deux ministres, du président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et par le premier secrétaire du PS [>> leurs explications sont racontées ici]

[12h00] Cela continue lors du compte-rendu du Conseil des ministres avec les précisions de la porte-parole du gouvernement. Najat Vallaud-Belkacem, assaillie de questions sur le sujet, a récusé tout recul. Au contraire, parlez plutôt de filet de sécurité :

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Le principe du mariage dans la commune de rattachement (du domicile du couple) ne connaîtra aucune dérogation et c'est pour cela  que lorsque un maire ou son adjoint ne souhaite pas, pour des raisons personnelles, célébrer un mariage (de couple homosexuel), eh bien, ce maire ou cet adjoint pourra le déléguer à d'autres membres du conseil municipal.

Des facilités de délégation seront ainsi permises

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Concrètement, la porte-parole explique qu'anticiper les éventuels refus des maires est la preuve que le chef de l'Etat "a pensé aux moindres détails". Alors qu'actuellement le maire doit signer un arrêté pour autoriser un membre de l'opposition à célébrer un mariage, l'Elysée souhaite "faciliter la délégation". Ainsi, tous les couples pourront se marier "dans leur commune".

Autre argument énoncé par Najat Vallaud-Belkacem : il sera de toute manière plus agréable pour un couple homosexuel d'être marié par "un officier d'état-civil qui le fera avec plaisir".

[13h00] Une heure après ces précisions, c'est Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, qui a affirmé qu'il n'y aurait aucune "clause de conscience" inscrite dans la loi, qu'il s'agissait là d'une simple "formule" du président.

[13h40] En pleine conférence commune avec le président italien, François Hollande est interrogé sur ce sujet mais ne souhaite pas s'étendre. Il lance un lapidaire :

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Je trouverai un autre cadre pour vous répondre. J'ai dit que la loi devait s’appliquer partout dans toutes les communes de France.

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