Nicole Bricq : la solidarité gouvernementale mise à l'épreuve

Publié à 10h19, le 25 juin 2012 , Modifié à 13h08, le 25 juin 2012

Nicole Bricq : la solidarité gouvernementale mise à l'épreuve
Pascal Durand, nouveau patron d'EELV, Nicole Bricq et Cécile Duflot, ministre du Logement. (Maxppp)

Jeudi 21 juin, Nicolas Bricq a été déplacée du ministère de l'Ecologie vers le Commerce extérieur lors du remaniement ministériel. Une mutation qui interroge parlementaires et associatifs : la ministre aurait-elle payé sa position sur les permis de forer en Guyane ?
Si les associations écologistes jugent que le signal envoyé est négatif, les ministres affichent eux une certaine solidarité gouvernementale. Le parti Europe-Ecologie Les Verts est lui partagé entre un nouveau secrétaire national qui semble inquiet et Cécile Duflot, fraîchement nommée ministre, qui est chargée de déminer.

  1. Un ajustement gouvernemental qui coince

    La solidarité gouvernementale est mise à l'épreuve. Avec le transfert de Nicolas Bricq du ministère de l'Ecologie vers le Commerce extérieur, associatifs et parlementaires questionnent les raisons de ce changement de maroquin. 

    Mi-juin, la ministre avait annoncé une "remise à plat" de tous les permis d'exploration pétroliers et gaziers, en attendant une refonte du code minier. Entre temps, elle a été débarquée de son ministère pour rejoindre Bercy et la compagnie pétrolière Shell a reçu vendredi 22 juin, au lendemain du remaniement, les autorisations qu'elle espérait pour démarrer une campagne de forages controversée au large de la Guyane. 

    Dimanche, Cécile Duflot, ministre du Logement et ex-patronne des écologistes, était en mission déminage pour le gouvernement. Elle a assuré, sur RTL, que Nicole Bricq lui avait affirmé avoir eu une "promotion" en partant de l'Ecologie au Commerce extérieur et a garanti que le Premier ministre ne "faisait pas le lien" entre ce changement de poste et la question du forage en Guyane.

    Selon Thierry Guerrier sur Europe 1, lundi 25 juin, Cécile Duflot était directement chargée par Matignon "d'en finir avec cette polémique interne entre les Verts et le gouvernement" qui fait "mauvais genre".

    Stéphane Le Foll, sur RTL lundi matin, a répété que la décision appartenait "au Premier ministre" et qu'il n'avait "pas de commentaire à faire". En revanche,  "le fait que Shell ait suscité cette décision m'apparaît comme une plaisanterie", précise-t-il. "C'est inenvisageable qu'un lobby pétrôlier puisse faire ça". Quant à la "promotion"évoquée par Cécile Duflot, il n'en a pas discuté avec la principale intéressée. 

    Du côté des écologistes non-ministres, beaucoup moins de solidarité gouvernementale. Jean-Vincent Placé estime, interrogé sur France Bleu, que, c'est "un signal négatif". "Le fait que le seul changement important du gouvernement après le remaniement soit le ministère de l'Ecologie, ça nous interpelle", ajoute le sénateur EELV.   

    Pour Pascal Durand, le nouveau leader du parti écolo, s'il y a un lien entre la décision de Nicole Bricq sur les permis de forer et son changement de poste, "c'est très grave". Il a déploré et critique le jeu de chaises musicales du gouvernement Ayrault. 

    Dans l'opposition, Nathalie Kosciusko-Morizet explique sur BFM TV que "le gouvernement donne comme premier signal qu’un ministre de l'Ecologie peut sauter". Celle qui a occupé ce poste sous le gouvernement Fillon indique que la "promotion"évoquée par Cécile Duflot est "à crever de rire" :

    Ce n'est pas une promotion, ni pour Nicole Bricq, ni pour l'écologie.

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