Pourquoi les députés PS multiplient les tribunes

Publié à 15h30, le 17 décembre 2012 , Modifié à 15h31, le 17 décembre 2012

Pourquoi les députés PS multiplient les tribunes
Les députés PS à l'Assemblée, le 6 novembre 2012. (Maxppp)

LOBBYING - Depuis l’été, les députés socialistes multiplient les prises de positions publiques via des lettres ouvertes, pétitions et tribunes dans la presse. Une "tribunite" que regrette Claude Bartolone tandis qu’à l’Elysée, on estime que "cela fait partie de la panoplie du débat politique". Analyse de cette méthode de la tribune.

 

  1. "On pétitionne, on aligne les signatures pour montrer qu’on est présent…"

    Lundi 17 décembre, une quinzaine de députés PS font savoir qu’ils avaient écrit à François Hollande pour lui demander "un changement de cap".  Une sortie peu appréciée par Bruno Le Roux tout comme Claude Bartolone, le président socialiste de l’Assemblée nationale.

    Sur BFM TV, ce lundi, le titulaire du Perchoir a aussitôt regretté l’initiative :

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    Si je regrette une chose, c’est qu’on ne peut pas travailler en signant des tribunes les uns les autres et en les envoyant.

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    Car la méthode de la "tribune" est une arme utilisée régulièrement depuis l’été par les députés socialistes pour interpeller l'executif et l'opinion publique. Une méthode qui ne se confine plus qu’à la presse écrite mais qui trouve un autre terrain de diffusion sur la presse en ligne et les pure-players (Mediapart, Le Plus) :

    >> Tout a débuté avec une tribune dans le Monde en faveur du droit de vote des étrangers, le 17 septembre.  

    >> S’en est suivie d’une tribune dans Mediapart pour soutenir le mariage pour tous ainsi que la PMA, objet de discorde entre députés de la majorité et le gouvernement.

    >> Enfin, les députés PS se sont fendus d’une nouvelle sortie dans le Plus du Nouvel Observateur pour soutenir Arnaud Montebourg dans sa volonté de nationaliser Florange–ce qui lui a valu un sévère recadrage de la part de Jean-Marc Ayrault.

    A l’Elysée, on laisse faire, séparation des pouvoirs oblige. Contacté par le Lab, Bernard Rullier, conseiller parlementaire du chef de l’Etat, explique que la présidence de la République est prévenue de ces initiatives qu’elle ne peut bloquer :

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    L’Elysée est respectueuse du fonctionnement du Parlement et du groupe socialiste qui s’expriment en totale liberté. Ils ont toute liberté pour signer toutes les pétitions et tribunes qu’ils veulent.

    Par définition, le débat politique est un rapport de force. Les tribunes et pétitions préparent le débat parlementaire. C’est un élément de la panoplie du débat politique.

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    En off, un autre conseiller élyséen raille pourtant cette méthode qui est "quelque chose d’habituel chez les socialistes : on pétitionne, on aligne les signatures pour montrer qu’on est présent dans le débat".

    Ce que reconnait le député PS de l’Ardèche Olivier Dussopt qui figure parmi les députés à l’origine de la tribune publiée dans Mediapart sur le mariage pour tous et la PMA :

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    Avec trois autres députés, quand les manifestations contre le mariage pour tous ont été annoncées et alors que le rapporteur du texte était le seul à monter au front, il était important d’apporter un soutien public pour défendre notre position.

    Cela a permis à la fois pour interpeller l’opinion et les réseaux associatifs qui se sentent seuls dans ce combat. Et prolonger le débat sur la PMA.

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    Une tribune publiée "en accord avec Bruno Le Roux, le président du groupe" et qui devrait être l’auteur de l’amendement ouvrant le droit à la procréation médicalement assistée.

    D’autre part, Olivier Dussopt consent que la tribune "est un moyen d’expression et de contribution au débat"à forte visibilité médiatique

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    Pour cela on a deux solutions : soit la tribune qui permet d’exprimer l’engagement de plusieurs personnes, une prise de position collective ; soit l’interview individuelle, mais qui a moins d’impact.

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    Une position similaire à celle de Philippe Doucet, membre de la Gauche populaire et à l’œuvre dans la tribune de soutien à la nationalisation de Florange proposée par le ministre du Redressement productif :

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    La tribune, c’est une manière que ce soit repris au maximum. Aujourd’hui, un communiqué est court par définition. La tribune permet de nourrir le débat sur le fond, d’exposer un certain nombre de motifs et de peser dans un rapport de force.

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    Lui a simplement informé "par sms" son président de groupe, Bruno Le Roux, "qui n’a pas bougé" :

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    Si ça avait posé problème, il me l’aurait dit. Donc je l’ai informé, c’est tout. On est des grands garçons.

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