Présidentielle : les "hollandais" éparpillés entre Macron, Valls et Peillon

Publié à 13h14, le 12 décembre 2016 , Modifié à 12h25, le 15 décembre 2016

Présidentielle : les "hollandais" éparpillés entre Macron, Valls et Peillon
Manuel Valls, Emmanuel Macron et Vincent Peillon. © Montage le Lab via AFP

FAÇON PUZZLE - Un seul être vous manque et tout est éparpillé. Depuis le renoncement de François Hollande à se représenter, les "hollandais" sont orphelins de leur champion. Déboussolés, bien obligés de miser sur un autre cheval, ils s’éparpillent dans la nature, entre soutiens à Emmanuel Macron hors primaire, à Vincent Peillon, dernier candidat déclaré à la surprise quasi générale ou encore à Manuel Valls, ex-Premier ministre de François Hollande mais qui apparaît pour certains comme un traître ayant tout fait pour empêcher le chef de l’Etat.

Tour d’horizon des premiers ralliements "hollandais".

  • Ils penchent pour Macron

De nombreux proches de François Hollande ont une certaine bienveillance pour Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle au nom de son mouvement En Marche et qui refuse de manière "irrévocable" la primaire de la Belle alliance populaire. Et ce, même s’il a contribué lui-aussi au renoncement de François Hollande en quittant le navire gouvernemental. Sous la menace d’une sanction du PS s’ils ne soutiennent pas le candidat issu de la primaire, les élus hollandais ne se lancent pas publiquement dans un soutien à Macron. C’est en revanche plus facile pour les proches de François Hollande qui ne sont pas des élus.

Ainsi l’avocat et intime de François Hollande, Jean-Pierre Mignard, après avoir dit qu’il était prêt à "aider" l’ancien ministre de l’Economie, s’est montré au grand et sonore meeting parisien d’Emmanuel Macron.

Conseiller de l’ombre de François Hollande, le communicant Robert Zarader était aussi de la petite sauterie "macronienne" porte de Versailles :

Camarade de promotion de François Hollande à l’ENA, l’avocat Dominique Villemot, fidèle du chef de l’Etat, était lui aussi présent à ce grand meeting d’Emmanuel Macron.

Enfin, Ségolène Royal, qui voit dans l’aventure d’Emmanuel Macron une redite de son "Désir d’avenir" de 2007, n’exclut pas de soutenir l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, qu’elle semble nettement préférer à Manuel Valls.

  • Ils penchent pour Valls

Après avoir tout fait ou presque (même s’il le nie) pour empêcher François Hollande d’être candidat à sa réélection, Manuel Valls a quitté Matignon pour se concentrer sur sa candidature à la primaire de la BAP. Et pour montrer qu’il n’avait aucunement trahi son ex-n+1, l’ancien Premier ministre, qui dit vouloir défendre le bilan du quinquennat, a pris comme directeur de campagne le très hollandais Didier Guillaume. Patron du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume était jusqu’au jour du renoncement un soutien indéfectible du chef de l’Etat dont il défendait bec et ongles une nouvelle candidature.

Les très hollandais ministres Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian ont aussi apporté leur soutien à Manuel Valls après avoir estimé, avant la décision de François Hollande, que celui qui était alors Premier ministre était le "candidat naturel" en cas de renoncement présidentiel. Ce lundi, BFMTV annonce bien que le ministre de la Défense va soutenir son ancien chef du gouvernement.

Jeudi 16 décembre, Michel Sapin a officialisé son soutien à l'ancien Premier ministre. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Economie et des Finances a estimé qu'il était "le mieux à même de défendre le bilan" de François Hollande. Et d'ajouter que Manuel Valls "est un homme d'Etat". "Il a la capacité de porter sur ses épaules les responsabilités d'un homme d'Etat. Il en a l'envie. Il en a l'expérience", a-t-il affirmé.

  • Ils penchent pour Peillon

Il est le tout dernier candidat déclaré. Un candidat pro-Hollande qui se veut "central" dans la primaire de la BAP, entre Manuel Valls à l’aile droite et Arnaud Montebourg à l’aile gauche. Depuis dimanche, Vincent Peillon est dans la course. Ce qui ravit une partie des hollandais qui rechignait à soutenir Manuel Valls.

C’est ainsi que Christophe Pierrel, fidèle du chef de l’Etat dont il était le chef de cabinet à l’Elysée, a-t-il été nommé porte-parole de la campagne de l’ancien ministre de l’Education nationale.

Vincent Peillon va également pouvoir compter sur Sébastien Denaja, député de l’Hérault qui était l’un des derniers et plus fervents défenseurs de François Hollande et de son bilan. Dans une interview au Figaro ce lundi 12 décembre, il prend publiquement position en faveur de Vincent Peillon après avoir expliqué avoir versé sa petite larme à l’annonce du renoncement présidentiel.

Selon Michael Darmon, Julien Dray, proche de François Hollande, se rallierait aussi à la candidature de Vincent Peillon.

Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des ralliements des "hollandais".

[BONUS TRACK] La Fabrique émiettée

Il n’y a pas que la Hollandie qui se divise dans cette primaire de la BAP. "La Fabrique", qui était la motion D du dernier congrès du PS à Poitiers en 2015, est tout aussi émiettée. Ainsi Karine Berger a-t-elle décidé de soutenir Vincent Peillon quand Yann Galut a pris fait et cause pour Arnaud Montebourg et qu’Alexis Bachelay est porte-parole de Benoît Hamon. Émiettés on vous dit.

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