Suspecté d'avoir détourné l'argent de sa campagne, Hamon estime que "les amis de Hollande" sont jaloux de son succès

Publié à 16h50, le 24 août 2017 , Modifié à 17h04, le 24 août 2017

Suspecté d'avoir détourné l'argent de sa campagne, Hamon estime que "les amis de Hollande" sont jaloux de son succès
Benoît Hamon © Montage le Lab via Gilles Gallinaro‏ (@GallinaroG) / Twitter

Nous ne sommes pas encore entré dans la période, chaque fois réjouissante au possible, du congrès du Parti socialiste. Et pourtant, les coups pleuvent déjà de toutes parts entre (ex) *camarades*. La claque du jour est administrée par Benoît Hamon à tout ce que Solférino compte encore de hollandais.

Jeudi 24 août dans Le Parisien, des socialistes plus ou moins anonymes accusent l'ancien candidat socialiste à la présidentielle d'avoir détourné de l'argent de sa campagne (largement financée par le PS) pour l'organisation du meeting de lancement de son propre mouvement politique, jour où il a aussi quitté le parti au poing et à la rose. Des accusations que l'intéressé conteste vigoureusement, vantant la "transparence totale" de ses comptes de campagne et de son mouvement. De son côté, le trésorier du PS (non hamoniste) a indiqué qu'il n'y avait "aucune raison de douter" des comptes de campagne du cinquième homme de la présidentielle.

Surtout, Benoît Hamon accuse "les amis de François Hollande, qui manifestement revient dans le débat politique [c'est le moins que l'on puisse dire, ndlr] d'être apparemment à l'origine de tout ça". Depuis les journées d'été d'EELV à Dunkerque ce jeudi et comme l'a relayé un journaliste de franceinfo, l'ancien vainqueur de la primaire de la Belle alliance populaire défouraille contre les Stéphane Le Foll, Julien Dray et autres François Rebsamen... mais aussi François Hollande lui-même, avec un art consommé du trolling :

Je crois qu'au fond, ce qui m'est reproché c'est d'avoir mis 10.000 personnes le 1er juillet à Vincennes. Mais bon, je mets au défi ceux qui me le reprochent de faire aussi bien et moi je serais ravi que le Parti socialiste, autour de Julien Dray, de Stéphane Le Foll et peut-être de François Hollande pour un grand retour, réunisse 10.000 personnes en plein air. Je suis sûr que même la pluie pourrait être au rendez-vous !

 

En gros : ce ne sont que des rageux jaloux de son succès et incapables de faire aussi bien que lui. L'ambiance est donc toujours aussi bonne entre tout ce petit monde. En même temps, vu le déroulé du dernier quinquennat et des campagnes présidentielle et législatives, il aurait été surprenant de constater une amélioration des relations entre les lieutenants hollandais et le frondeur en chef.

De fait, les plus fidèles soutiens de l'ex-chef de l'État sont ressortis du bois en ce mois d'août, à la faveur d'indicateurs macro-économiques plutôt rassurants. Et la hollandie de vanter le bilan de l'action gouvernementale des cinq dernières années, sur l'air du "ça va mieux" et du "on vous l'avait bien dit".

François Hollande lui-même est revenu au premier plan ces dernières semaines : manœuvrant en coulisses en vue du congrès du PS, répondant aux questions de nombreux journalistes, mettant Emmanuel Macron en garde contre une réforme du Code du travail trop dure, parlant aussi politique étrangère... Une soudaine activité qui a même poussé Emmanuel Macron a lui répondre durant une conférence de presse avec le chancelier autrichien depuis Salzbourg, contrairement à sa volonté de ne pas commenter l'actualité devant la presse et surtout pas lors de ses déplacements à l'étranger.



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