Et là, Nadine Morano croise une femme intégralement voilée gare de l'Est et lui demande d’ôter son niqab

Publié à 16h55, le 14 octobre 2014 , Modifié à 09h20, le 15 octobre 2014

Et là, Nadine Morano croise une femme intégralement voilée gare de l'Est et lui demande d’ôter son niqab
Nadine Morano © Francois Lafite/Wostok Press/Maxppp France

Nadine Morano voit des femmes voilées partout. Hier à la plage, aujourd'hui gare de l'Est, à Paris. L'eurodéputée UMP a publié un message sur Twitter ce mardi 14 octobre où elle raconte la scène qu'elle vient de vivre. Elle écrit :

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Scène en Gare de l'Est à Paris, je viens de croiser une femme avec une burqa à qui je demande de respecter la loi... Son mépris est total.

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Interrogée par LOR'Actu, Nadine Morano apporte des précisions quant à sa mésaventure. "Je suis descendue de mon TGV à la gare de l’Est à Paris et j’ai croisé une femme entièrement voilée sur le quai", explique-t-elle, ajoutant qu'elle a alors demandé à la femme de "respecter la loi française" et donc de retirer son niqab.

Elle ajoute :

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Elle a été totalement agressive et a continué son chemin, son mépris a été complet.  […] Elle m’a répondu : 'je m’en fous'.

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Et Nadine Morano de s'emporter, à nouveau, sur le cas des femmes intégralement voilées. "Il s’agissait bien d’une femme intégralement voilée. On ne voyait que ses yeux. Je trouve cela inacceptable en France. Il s’agit d’une provocation. Je suis là pour faire respecter la loi, on ne circule pas dans notre pays avec un voile intégral sur la tête", dit-elle.

Elle en profite pour exiger un renforcement des sanctions contre les femmes qui portent un niqab ou une burqa dans l'espace public. L'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy chargée de l'Apprentissage propose : 

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Elles sont juste sanctionnées par une amende. On devrait aussi les obliger à ressortir du commissariat sans ce voile. Pour celles qui recommencent, on devrait aussi appliquer un stage de citoyenneté, un stage de respect de la République […] et une amende.

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D'après France Bleu, Nadine Morano aurait même fait "un scandale" dans les locaux de la police des transports de la Gare de l'Est. Elle s'y serait rendue "visiblement très énervée selon une source policière, pour dire aux agents ce qu'elle avait vu et leur demander d'intervenir", raconte la radio sur son site internet. Mais ceux-ci ne l'auraient pas reconnue et lui auraient demandé ses papiers d'identité. Refusant de les produire, l'élue serait repartie, "toujours très en colère" selon France Bleu.

Une altercation que la principale intéressée a tenu à démentir catégoriquement auprès du Lab :

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C'est faux, c'est ridicule. Comme si je me disais : "Oulah, ils ont intérêt à me reconnaître". Je n'y suis pas allée en pensant : "Je suis Nadine Morano", mais pour signaler un problème et leur demander d'intervenir.  L'un des policiers est allé prévenir sa hiérarchie, l'autre est venu me rejoindre sur le quai. Il m'a demandé s'il pouvait vérifier mon nom, je lui ai montré mon passeport.



Il n'y a eu aucun problème avec eux, ils ne sont évidemment responsables de rien. Pourquoi voulez-vous que je m'énerve ? Je viens de mon plein gré signaler un problème.

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L'eurodéputée raconte à nouveau ce qui l'a poussée à prévenir les forces de l'ordre, précisant que du fait de la tenue de ce "personnage" et de la "valise à roulettes" qu'il transportait, il n'était pas possible de connaître ses "intentions". Tout cela dans une "période de radicalisme" :

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Il y a un personnage qui circule avec une valise à roulettes et cette tenue qui vise à dissimuler : qu'est-ce qui me dit qui est dessous ? C'étaient deux rectangles et c'est une tenue interdite sur l'espace public en France. Avec cette tenue, on ne sait pas quelles sont ses intentions. 



Vous faites quoi s'il y a quelque chose dans la valise ? Il se peut qu'il n'y ait rien, mais dans cette période de radicalisme, avec beaucoup de jeunes qui sont touchés, on ne laisse pas proliférer ça sous nos yeux sur l'espace public. Il faut être très, très, très ferme. C'est de la provocation, ce n'est pas autre chose. Ce n'est pas un acte religieux, c'est du radicalisme.

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Mi-août, Nadine Morano avait déjà été choquée – et l'avait fait savoir – de voir une femme voilée sur la plage. Elle l'avait alors prise en photo à son insu et s'était emportée sur Facebook. "Lorsqu’on choisit de venir en France, Etat de droit, laïc, on se doit de respecter notre culture et la liberté des femmes. Sinon, on va ailleurs !!" avait-elle écrit.

Le lendemain, le 19 août, la déléguée générale de l'UMP avait formulé une proposition étonnante : la création d'un "observatoire du mépris de la culture française". 

[Edit 18h17 : ajout des informations de France Bleu]

[Edit 20h10 : ajout de la réaction de Nadine Morano]

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