Florian Philippot invite Fatima Allaoui, déchue de ses fonctions à l'UMP, à rejoindre le Front national

Publié à 10h20, le 16 décembre 2014 , Modifié à 10h36, le 16 décembre 2014

Florian Philippot invite Fatima Allaoui, déchue de ses fonctions à l'UMP, à rejoindre le Front national
Florian Philippot et Fatima Allaoui © Montage Le Lab via Reuters et Maxppp
Image Etienne Baldit


ALLEZ, VIENS - Encore plus éphémère que Thomas Thévenoud. Nommée secrétaire nationale de l'UMP à la formation professionnelle vendredi 12 décembre, Fatima Allaoui a finalement été démise de ses toutes nouvelles fonctions lundi, en raison de son récent passé avec l'extrême droite. Et Florian Philippot, numéro 2 du FN, n'a pas loupé l'occasion : il a proposé à cette "patriote" de rejoindre le parti de Marine Le Pen, lundi soir sur iTélé.

Il y a quelques semaines, Fatima Allaoui a adhéré au Siel, un mouvement proche du Rassemblement bleu marine et du FN. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait personnellement poussé sa candidature auprès de Nicolas Sarkozy, a donc dû annoncer qu'elle était remerciée, affirmant n'avoir pas eu connaissance de ses liens avec l'extrême droite.

"Qu'elle soit exclue de l'UMP ne m'étonne pas", a réagi Florian Philippot sur iTélé, exagérant au passage la sanction dont la conseillère générale de Languedoc-Roussillon a écopé (elle n'a pas été exclue du parti). Car pour le vice-président du parti frontiste, il tombe sous le sens qu'un adhérent du Siel - qui "n'est pas un parti d'extrême droite mais un parti patriote", selon lui - n'a pas sa place dans le parti de Nicolas Sarkozy, puisque "lui-même n'est pas patriote" :  

Parce qu'on sait, cela renforce l'idée, confirme l'idée que Nicolas Sarkozy est allergique aux patriotes, qu'il peut accueillir sans aucun problème tous les socialistes, les centristes du monde, comme il l'avait fait dans ses gouvernements quand il était au pouvoir et comme il le fait à l'UMP parce qu'ils pensent la même chose, ce sont ses "coreligionnaires d'idéologie". En revanche, dès qu'il y a un ou une patriote, alors il faut l'exclure très rapidement, parce que lui-même n'est pas patriote.

À l'en croire, Fatima Allaoui serait donc naturellement plus proche de l'univers Front national que de l'UMP. Un argumentaire qui "ne va pas lui servir beaucoup" auprès de son parti, s'amuse le journaliste d'iTélé. Réponse instantanée de Florian Philippot : 

Bah écoutez, elle a qu'à venir au Front national à ce moment-là

Une proposition officielle ?

Pourquoi pas, elle peut venir au Front national. Si elle est patriote, sincèrement patriote, je pense qu'elle l'est d'après ce qu'on m'a dit, alors elle a sa place au Front national.

Le "patriotisme", c'est également ce qu'avait mis en avant Florian Philippot au sujet de Rachida Dati, estimant que celle-ci s'était "bonifiée politiquement" en s'émancipant de Nicolas Sarkozy.

L'eurodéputé semble donc bien renseigné sur cette éventuelle recrue que pourrait représenter Fatima Allaoui. Si elle devait accepter la proposition, cette dernière ajouterait un trajet de plus à ses allers-retours entre le principal parti d'opposition et le parti d'extrême droite. Elle n'est d'ailleurs pas la seule militante de la rue de Vaugirard à se laisser séduire par le FN. Sébastien Chenu, ancien secrétaire national de l'UMP et fondateur de GayLib, vient de rejoindre le Rassemblement bleu marine, où il sera chargé du collectif culture. 

Et ce lundi sur iTélé, il a prédit que son débauchage n'était qu'un début : 

Si j'en crois les messages que je reçois, il y aura probablement un jour une déferlante d'adhérents, de militants, de cadres de l'UMP vers Marine Le Pen. [...] Les barrières, les plafonds de verre sautent les uns après les autres. Et le pari que je fais, c'est que si Nicolas Sarkozy a siphonné les voix de Jean-Marie Le Pen en 2007, en 2017 c'est Marine Le Pen qui va siphonner les voix de Nicolas Sarkozy dans les grandes largeurs.

L'UMP, un filon pour un Front national en mal de ressources humaines et qui rêve d'une "grande alliance patriote" ? 

>> À lire également sur Le Lab : Pour "battre Marine Le Pen", Bernard Kouchner ne voit pas d'autre issue qu'une alliance... "UMP/PS"

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