Cambadélis annonce un nouveau PS : "Le parti d'Épinay est mort et bien mort"

Publié à 09h17, le 02 mai 2017 , Modifié à 09h31, le 02 mai 2017

Cambadélis annonce un nouveau PS : "Le parti d'Épinay est mort et bien mort"
Jean-Christophe Cambadélis © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
Image Etienne Baldit


RÉINCARNATION - Il est rare que tous les socialistes soient d'accord entre eux. 2017 constitue de ce point de vue une nouveauté puisque l'unanimité est totale rue de Solférino : le PS est mort. Sous sa forme actuelle du moins. Et si ce débat couvait depuis au moins la moitié du quinquennat Hollande, la primaire puis la présidentielle ont fini de rendre de constat incontestable.

Depuis le 23 avril, Benoît Hamon, Manuel Valls ou encore Stéphane Le Foll avaient tous publiquement acté "la fin d'une histoire" ou "d'un cycle" pour le Parti socialiste. Mardi 2 mai, c'est au tour de Jean-Christophe Cambadélis, patron du parti au poing et à la rose, de le dire sans aucune pincette. Sur RFI, le Premier secrétaire du PS explique :

Après le 18 juin [second tour des législatives, ndlr], on fera le bilan de tout ça mais il est clair qu'il faudra une reconstruction voire une refondation du Parti socialiste. Le parti d'Épinay est mort et bien mort.

Voilà qui est on ne peut plus clair : finie la logique "d'union de la gauche" qui avait présidé à la prise du parti par François Mitterrand au congrès d'Épinay de 1971. L'heure est donc à un positionnement plus tranché, alors que le PS a été balayé à la présidentielle et se retrouve pris en tenaille entre la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon et En Marche ! d'Emmanuel Macron. Mais cela laisse tout de même plusieurs possibilités de réorientation politique.

Le Parti peut en effet choisir de se recentrer autour de sa ligne majoritaire selon les résultats de son dernier congrès. À Poitiers en juin 2015, c'est la frange pro-Hollande et légitimiste, alliée de circonstance des aubrystes, qui s'était imposée sans coup férir devant les frondeurs emmenés par Christian Paul. Une orientation "social-libérale" assumée, donc, dans la veine de ce que propose Manuel Valls.

Mais depuis, le PS a organisé la primaire de la Belle Alliance Populaire. Un scrutin ouvert et plus large qu'une simple consultation des adhérents socialistes, et qui a consacré la victoire de Benoît Hamon sur un positionnement plus à gauche et critique quant à l'action menée ces cinq dernières années. À cette occasion, Manuel Valls a d'ailleurs été sèchement battu au second tour, avec 41% des voix... et s'est désormais tourné vers Macron en plaidant, à nouveau, pour la construction de sa très chère "maison des progressistes".

Sur RFI ce mardi, Jean-Christophe Cambadélis prévient :

On va commencer d'emblée, c'est-à-dire que nous n'allons pas attendre un congrès de refondation dans un an ou je ne sais quand. Dès les élections législatives, nous allons renouveler profondément à la fois notre plateforme et surtout les candidats que nous présenterons dans cette élection. On ne reconnaîtra plus le Parti socialiste. Il y aura des nouveaux candidats partout.

Et s'il *s'amuse* de voir aujourd'hui, et exceptionnellement, "Benoît Hamon et Manuel Valls d'accord" sur l'acte de décès du PS, "Camba" donne un premier gage à l'ancien ministre de l'Éducation nationale. Interrogé sur une éventuelle "alliance avec les écologistes" à l'avenir (réalisée par Hamon grâce à son accord avec Yannick Jadot), il opine :

C'était la Belle Alliance Populaire, c'était ce que j'avais commencé à faire, donc tout ce qui permet de construire la social-écologie me semble positif.

Et en attendant un prochain congrès officiel, Jean-Christophe Cambadélis restera quant à lui à la tête du PS... #astuce









[BONUS TRACK] Tous derrière Bernard

Comme attendu, c'est l'actuel Premier ministre (et donc chef de la majorité) qui conduira la campagne des législatives pour le PS. "Camba" en fait l'annonce sur RFI ce mardi tout en tempérant : "Bernard Cazeneuve sera notre meneur de jeu si vous voulez, mais il n'y aura pas de directeur de campagne" à proprement parler. "Le renouvellement, c'est le collectif", plaide-t-il encore, expliquant que cette campagne ne sera pas menée "pas une seule personnalité, même si cette personnalité sera aux avant-postes".

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