Florian Philippot estime que les discours de Chevènement en 2002 étaient très semblables à ceux du Front national aujourd'hui

Publié à 13h32, le 14 avril 2015 , Modifié à 19h24, le 14 avril 2015

Florian Philippot estime que les discours de Chevènement en 2002 étaient très semblables à ceux du Front national aujourd'hui
© Montage via AFP

#CONFESSION - Dans le magazine GQ à paraître le 15 avril, Florian Philippot se dévoile. Après Arnaud Montebourg ou Alain Juppé, le vice-président du FN accorde une interview au très branché magazine revendiqué "masculin, beau et intelligent".

On sait ses relations plus que glaciales avec le président d'honneur du parti. Le plus âgé reproche au plus jeune notamment d'être énarque, ancien chevènementiste, etc. Le plus jeune supporte mal les déclarations provocatrices du premier. Et ce ne sont pas ses propos GQ qui vont améliorer les choses. Interrogé sur l'élection de 2002 qui a vu s'affronter au deuxième tour Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac, Florian Philippot dit :

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J'ai voté blanc. Je n'ai pas voté Chirac. Mais si je n'ai pas voté Jean-Marie Le Pen, je ne l'ai jamais diabolisé.

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A cette époque, le jeune Philippot faisait la campagne de ... Jean-Pierre Chevènement. Jean-Marie Le Pen n'était donc pas son champion même s'il reconnaît que ce dernier a eu raison - selon lui - avant les autres. Il souligne ainsi :

 

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Je lui reconnais un grand courage, celui d'avoir porté le thème de l'immigration très tôt, à un moment où ce n'était franchement pas facile. Aujourd'hui tout le monde reconnait qu'il y a un problème avec l'immigration (...) On aurait mieux fait d'écouter Jean-Marie Le Pen.   

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Mais finalement, même s'il trouve sa fin de carrière "tristounette",  il ne tarit pas d'éloges sur Jean-Pierre Chevènement, son ancien mentor : "ça a été un homme de talent, de courage et de conviction". D'ailleurs pour lui, le FN est un peu le nouveau MRC (Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement), il analyse :

 

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Les discours de Chevènement étaient très semblables à ceux du Front national aujourd'hui. Il parlait du "chirospoin" , de "chipin et josrac", il ne se mettait pas dans un camp. 

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Donc, logiquement, on peut en conclure que Chevènement avait raison - lui aussi - avant les autres. Jean-Pierre Chevènement qui en 2013, interviewé par Le Lab, assurait ne pas connaître Florian Philippot.

L'occasion de rappeler qu'une alliance Chevènement/ FN est, pour ce proche de Marine Le Pen, possible : 

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Le seul mouvement avec lequel on pourrait  faire alliance sans se compromettre c'est celui de Dupont- Aignan. Voire avec le Mouvement républicain et citoyen de Chevènement.

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Un scénario digne de sciences-fiction ? Peut-être mais Philippot aime bien justement. Il confesse une tendresse pour les films et séries du domaine du "thriller, de l'étrange, du paranormal". Mais concernant les séries, il s'est arrêté en 2002 ... à X-Files.

Le Lab fournit le cadeau en souvenir de Mulder et Scully : 



 

[EDIT] 19h15

Suite à la parution de cet article, le Président du MRC, Jean-Luc Laurent a envoyé un communiqué au Lab. Il écrit : "Les convictions qui nous animent n’ont rien à avoir avec l’ancien Front National factieux, rien à voir avec le Front National pseudo-républicain d’aujourd’hui et rien à voir avec le possible futur parti conservateur populiste dont rêve Madame Maréchal-Le Pen." Il poursuit : "Le Front National n’a le monopole ni du souci de la souveraineté nationale ni de la critique radicale de la monnaie unique et ni d’une aspiration à un changement de cap en Europe." 

Du rab sur le Lab

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