François Fillon a hésité à retirer sa candidature (et l'a dit à Nicolas Sarkozy)

Publié à 07h04, le 20 février 2017 , Modifié à 07h09, le 20 février 2017

François Fillon a hésité à retirer sa candidature (et l'a dit à Nicolas Sarkozy)
Image rare d'un candidat craignant une mise en examen ouvrant son cœur à un autre candidat ne craignant pas les mises en examen © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Image Etienne Baldit


CONNAISSEUR - "Je m'en remets désormais au suffrage universel." C'est par cette phrase lâchée dans une interview au Figaro, vendredi 17 février, que François Fillon a confirmé publiquement ce que seuls des échos de ses propos privés laissaient entrevoir jusque-là : il sera candidat envers et contre tout, y compris une mise en examen, contrairement à ce qu'il avait annoncé solennellement au JT de TF1 le 26 janvier. "Il n'y a qu'une seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est [...] si j'étais mis en examen", disait alors le candidat à la présidentielle, dans les premiers jours de l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse Penelope.

Mais François Fillon a-t-il lui-même sérieusement envisagé cette possibilité ? Il semblerait que oui et qu'il s'en soit même ouvert auprès de... Nicolas Sarkozy. Selon Le Parisien lundi 20 février, le vainqueur de la primaire s'est en effet confié à l'ancien Président lors de leur déjeuner, mercredi 15. Le quotidien écrit ainsi que Fillon a "avoué à Sarkozy combien cette crise a été brutale pour lui et sa famille" et ajoute :

Au point, lui a-t-il même confié, d'avoir vraiment songé à se retirer de la course !

Un "pilier" de la campagne de l'ex-Premier ministre confirme au Parisien :

C'est dur, il a eu des doutes et de grands moments d'abattement.

Mais tous ces états d'âme ont disparu depuis. Est-ce en raison des conseils avisés de Nicolas Sarkozy en matière de survie politique face aux affaires ? Toujours selon nos confrères, l'ancien chef de l'État aurait en effet rappelé à celui qui fut son "collaborateur" qu'"une mise en examen, ça n'est pas une preuve de culpabilité" et qu'il n'aurait donc pas dû lier son avenir à cet éventuel développement judiciaire.

Lui-même deux fois mis en examen, Nicolas Sarkozy n'a il est vrai jamais considéré que cela l'empêchait de candidater à la présidentielle via la primaire. Contrairement à un certain... François Fillon et sa désormais saillie culte contre l'ex-Président, "qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?"

Ça aussi, ça semble très loin aujourd'hui. 





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