Jacques Chirac prêt à venir "coller des enveloppes" pour aider Alain Juppé à battre Nicolas Sarkozy

Publié à 13h06, le 29 avril 2015 , Modifié à 10h11, le 30 avril 2015

Jacques Chirac prêt à venir "coller des enveloppes" pour aider Alain Juppé à battre Nicolas Sarkozy
© Montage via AFP

SO 95 - Commençons avec un peu de culture, ça ne fait jamais de mal. Marx disait : "L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une comédie." Si cela est vrai, 2016 risque d'être une grosse marrade. Car, à l'UMP du moins, l'histoire semble prête à bégayer et le match entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy a comme un goût de déjà-vu.

Les deux hommes ont un passé et ces passés ont des noms : Jacques Chirac pour l'un, Édouard Balladur pour l'autre. Et ce n'est pas parce que l'ancien président et l'ex-Premier ministre ont respectivement 82 et 85 ans qu'ils ne prendront pas part au prochain affrontement. Même indirectement.

Cela commence par une tactique, résumée par le député UMP de la Haute-Marne François Cornut-Gentille. Cité par Marianne du vendredi 1er mai, cette recrue juppéiste explique :

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Sarkozy va chercher à balladuriser Juppé. Il faut que Juppé parvienne à balladuriser Sarkozy.

 

"

Pour comprendre cette technique, il faut se rappeler 1995 et l'incroyable popularité d'Édouard Balladur. L'Élysée semblait promis à celui qui était alors Premier ministre. Et puis non. Soutenu par le centre et épaulé par son porte-parole, aka Nicolas Sarkozy, Édouard Balladur s'était vautré, recueillant 18,58% des voix du premier tour, derrière Lionel Jospin et Jacques Chirac. L'autre en était réduit à demander à ses partisans de "s'arrêter :



Le choix d'Alain Juppé de regarder vers son centre quand Nicolas Sarkozy paraît vouloir lorgner vers sa droite pose les premiers jalons du match retour. Ce n'est pas le seul. Édouard Balladur est devenu un sage chez qui les ambitieux de l'UMP viennent se former. "Cela dit, ce n'est pas pour la richesse de mon verbe et de ma pensée qu'ils viennent : c'est surtout parce qu'ils me pensent proche de Nicolas Sarkozy", expliquait-il au Point début mars.

De l'autre côté, Jacques Chirac himself soutient Alain Juppé. Il l'a fait savoir début octobre 2014, dans Le Figaro. "Si j'en avais l'énergie, j'aurais déjà réservé ma place, même une petite, à son QG", expliquait à l'époque l'ancien chef de l'État.

Également cité par Marianne, Jacques Chirac va plus loin. Il a beau être fatigué, l'ex-président veut s'investir dans la campagne d'Alain Juppé. Physiquement. D'après l'hebdomadaire, il a fait cette proposition à Hervé Gaymard il y a quelques semaines :

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S'il faut venir coller des enveloppes, je viendrai !

 

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Comme quoi, la perspective de voir Alain Juppé remporter la primaire UMP redonne des forces à Jacques Chirac. "J'espère qu'il ira jusqu'au bout", poursuit-il. Comme si l'ex-chef de l'État doutait un peu de la volonté de son ancien Premier ministre qui répète pourtant qu'il veut gagner l'Élysée.

Si Alain Juppé va "jusqu'au bout", cela signifierait a contrario que Nicolas Sarkozy s'est planté. Et on ne sait pas si cette redite de l'élection de 1995 ne ferait pas encore plus plaisir à l'ancien président. 

[BONUS TRACK] Ah la bonne blague

Dans son opération "regardez je suis sympa" pour se départir de son image d’homme raide, Alain Juppé se la joue François Hollande en mode "monsieur petites blagues". L’une des dernières en date : vouloir nommer son "labrador présidentiel", en cas d’élection, "Nico". Une allusion claire à Nicolas Sarkozy. Dans l’enquête de Marianne sur le maire de Bordeaux, le député-maire UMP du Havre et porte-parole de l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe, concède que ce n’était pas forcément sa meilleure trouvaille :

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Ce n’était pas sa meilleure blague.

 

"

"Du 12e degré", minimise également son directeur de cabinet, Gilles Boyer.

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