Le revirement de Manuel Valls sur la participation de François Hollande à une primaire de la gauche

Publié à 09h57, le 19 juin 2016 , Modifié à 09h57, le 19 juin 2016

Le revirement de Manuel Valls sur la participation de François Hollande à une primaire de la gauche
© AFP

Cela faisait des mois que Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, plaidait pour qu’ait lieu une primaire de toute la gauche. Mais faute de soutien d’EELV et du PCF et avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste a acté, vendredi 17 juin, le principe d’une primaire de la Belle Alliance populaire (PS, PRG, UDE).

François Hollande pourrait donc participer au scrutin des 22 et 29 janvier. Ce que Manuel Valls trouve super. Dans le JDD du 19 juin, le Premier ministre explique que primaire rime avec démocratie et rassemblement :

La primaire correspond à un besoin de participation démocratique dans notre société. Le Parti socialiste entend, à juste titre, rassembler la gauche à l’occasion de cette primaire, la gauche réformiste, socialiste, écologiste, radicale, c’est-à-dire la Belle Alliance populaire, car il s’agit d’être présent au second tour.

Le chef du gouvernement en rajoute une couche, balayant la thèse selon laquelle il serait dévalorisant pour un Président en exercice de se soumettre à une primaire :

Qu’y a-t-il de dévalorisant à retourner devant les Français, à défendre ses idées, à expliquer son action ? C’est cela, la démocratie !

A en croire Manuel Valls, l’organisation d’une primaire de la gauche serait donc une bonne nouvelle. Un avis pas forcément partagé par le Manuel Valls d’il y a cinq mois. Dans l’émission de France 2 "On n’est pas couché" du 16 janvier, le locataire de Matignon avait ainsi rejeté l'organisation d'un tel scrutin, estimant que François Hollande était le "candidat naturel de la gauche" :

 

Je pense que le président de la République sortant n’a pas à se soumettre à une primaire, qui ne concernera d’ailleurs pas toute la gauche.

Martine Aubry aussi avait changé d’avis sur le principe de primaire. Au mois de février, la maire PS de Lille avait expliqué, à 24 heures d’intervalle, que François Hollande n’avait "pas besoin d’aller dans une primaire", puis que ce serait "formidable" qu’il s’y soumette.

[BONUS TRACK]

Comme l’a repéré le journaliste du Monde Thomas Wieder, plusieurs cadres du Parti socialiste vont devoir, comme Manuel Valls, défendre l’idée d’une primaire à laquelle François Hollande pourrait participer, alors même qu’ils y étaient opposés voilà un an. C’est le cas du patron des députés PS Bruno Le Roux, pour qui "la primaire est destinée aux partis qui sont dans l’opposition".

L’ancien ministre du Travail et maire de Dijon François Rebsamen avait, lui, estimé qu’il ne pouvait "pas y avoir de primaire avec président en exercice qui souhaite se représenter".

#

Du rab sur le Lab

PlusPlus