Les petits conseils stratégiques de Robert Ménard à Marine Le Pen pour 2017

Publié à 16h19, le 14 décembre 2015 , Modifié à 16h22, le 14 décembre 2015

Les petits conseils stratégiques de Robert Ménard à Marine Le Pen pour 2017
"Le penseur" de Rod... pardon : Robert Ménard réfléchissant à une stratégie pour le FN en 2017 © JOEL SAGET / AFP

#MONANALYSE - "Et maintenant ?" C'est la question que se pose Robert Ménard, au lendemain d'élections régionales paradoxales pour le FN. Malgré un record historique en termes de voix obtenues (plus de 6,8 millions), le parti d'extrême droite n'a conquis aucune région. Alors le maire de Béziers, qui n'est pas encarté au FN mais a été élu avec son soutien, se tourne vers l'avenir.

Car il veut que 2017 soit un succès pour Marine Le Pen. Et s'il considère comme tous les frontistes que le FN "est bien le premier parti de France", il constate également que "l'ensemble des droites en France est largement majoritaire" (et pas le FN seul). C'est donc tout naturellement que, pour la prochaine présidentielle, Robert Ménard veut tabler sur une "grande alliance patriote", dont il se fait le promoteur depuis quelque temps.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, lundi 14 décembre, celui qui pourrait candidater au titre *honorifique* de plus grand provocateur de France se fait donc conseiller en stratégie électorale pour la présidente du parti d'extrême droite. Et dresse la liste des "conditions" de la victoire en 2017 :

1°) Bâtir un programme présidentiel capable d'unir les électeurs des droites au deuxième tour. Ce programme ne peut pas être le seul fruit d'un travail interne au Front national.



2°) Fédérer les personnalités indépendantes de la droite patriote et les intégrer dans l'élaboration de ce programme.



3°) Créer une synergie en ouvrant, plusieurs mois avant la Présidentielle, les investitures aux Législatives à des personnalités locales ou nationales extérieures au mouvement de Marine Le Pen.



4°) Organiser un Comité National de direction stratégique de campagne ouvert à des personnes n'appartenant pas au Front national.

Tout tourne donc autour de l'idée que le FN seul n'y arrivera pas, qu'il lui faut construire un rassemblement plus large, "à partir de ce socle considérable de 28 % des électeurs" qui lui ont accordé leur confiance aux régionales au niveau national.

Cette idée, Robert Ménard la défend depuis un moment. Notamment en proposant (en vain) à Nadine Morano de le rejoindre dans cette "alliance patriote". Auprès du Lab, le 27 octobre, il allait plus loin en lançant un appel à tous ceux qui "ont en commun l'amour de notre pays" et qui pourraient se retrouver sur un socle idéologique commun :

 

Sur les questions d'identité, de société, il y a vraiment une différence entre ce que dit le FN, ce que dit Debout la France [de Nicolas Dupont-Aignan, ndlr], ce que dit Philippe de Villiers, ce que dit le courant le plus à droite des Républicains avec Thierry Mariani [voir ici, ndlr] ? Y'en a pas, y'en a pas ! Qu'est-ce qui entretient ces fausses divisions ? Autant se rapprocher. [...] Maintenant, il y a urgence.

"Alliance patriote" : l'idée fait également son chemin au sein même des instances du FN depuis des mois. Les différents leaders frontistes ont ainsi cité, tour à tour, Henri Guaino, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe De Villiers ou Jean-Pierre Chevènement comme personnalités d'ouverture FN-compatibles.

Pour l'instant, tous ont décliné. Y compris Nicolas Dupont-Aignan, sans toutefois parvenir à être très clair sur le sujet.



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