Les rebondissements du feuilleton Fillon à travers les incessants revirements de Georges Fenech

Publié à 12h30, le 07 mars 2017 , Modifié à 12h40, le 07 mars 2017

Les rebondissements du feuilleton Fillon à travers les incessants revirements de Georges Fenech
Georges Fenech dans tous ses états (et ses prises de position contradictoires) © Montage Le Lab via AFP
Image Amandine Réaux


Cette campagne présidentielle est complètement folle. Il s'en passe de belles. Et pas seulement du côté de François Fillon. Mais il est vrai que ces dernières semaines, c'est plutôt l'actualité du candidat de la droite et de ses ennuis judiciaires qui a procuré le plus de rebondissements et de retournements de situation. 

Un "feuilleton" qui dépasse totalement les scénaristes de séries télé mais aussi les auteurs pourtant très imaginatifs du Gorafi. Et pour y voir plus clair, on peut retracer tout cela à travers les prises de position d'un homme, acteur secondaire mais néanmoins central de ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler "House of Sarthe". Cet homme, c'est le député LR Georges Fenech.

# 1er février

François Fillon réunit les parlementaires Les Républicains à son QG de campagne et leur demande de "tenir" pendant 15 jours, délai après lequel "on aura les résultats" de l’enquête. Mais peu après, Georges Fenech devient le premier cadre à lâcher son champion. Il déclare :

Je pense exprimer tout haut ce que beaucoup de parlementaires pensent tout bas. Je crois que la situation est très très compromise. Il suffit de voir les remontées de terrain que nous avons dans les circonscriptions. Je pense que le résultat des primaires est caduc face à cet événement imprévisible et nouveau qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral.

L’élu du Rhône demande même "dans les plus brefs délais [la convocation] d'un Conseil national extraordinaire pour savoir qui doit porter le projet".

# 1er février

Le soir même, Georges Fenech lance un appelà "ses collègues parlementaires Les Républicains" pour que François Fillon soit remplacé pour l'élection présidentielle. Le délai : jeudi 2 février à 12 heures.

# 2 février

Finalement, Georges Fenech repousse la publication de son appel et laisse passer le week-end.

# 6 février, 7h50

Rebelote. "Je publierai cet après-midi une liste de parlementaires qui appellent aussi à un sursaut", affirme Georges Fenech. Il ajoute : "Les langues se délient un petit peu, non pas pour contrer François Fillon, mais pour dire 'il faut une initiative, mais tous ensemble'."

# 6 février, 12h

Nouveau rebondissement : le député LR repousse la sortie de sa tribune en raison de la conférence de presse de François Fillon, prévue le même jour à 16 heures. Il explique ne pas vouloir "perturber sa tentative de renouer le dialogue".

# 6 février, 17h33

Georges Fenech effectue une tournée médiatique pour manger son chapeau et ranger sa liste de parlementaires anti-Fillon. Sur BFMTV, puis iTélé, puis RTL, le frondeur-rentré-dans-les-rangs réaffirme sa "loyauté" et son "soutien" à François Fillon, ce dernier n’ayant pas retiré sa candidature.

# 2 mars

Presque un mois a passé et Georges Fenech n’a plus moufté. Mais le 2 mars, il revient sur le devant de la scène et appelle cette fois les maires à envoyer "leurs parrainages pour Alain Juppé" au Conseil constitutionnel. Au cas où François Fillon, qui vient d’annoncer sa probable mise en examen, finirait par renoncer. Il déclare :



Je ne fais pas campagne pour François Fillon parce que je ne peux pas accepter que toute ma famille politique et que toute l’élection présidentielle soient prises en otage. Cela n’est pas possible, d’autant que nous allons vers une déroute parfaitement programmée.

# 6 mars, 12h

Cinq jours plus tard, ce n’est plus Alain Juppé mais François Baroin qui trouve grâce aux yeux de Georges Fenech. Après le retrait définitif, le matin même, du maire de Bordeaux de la course présidentielle, l’élu du Rhône ne voit plus qu’une solution : le plan B comme Baroin. Plus déterminé que jamais, il prône la candidature du sénateur-maire de Troyes même si François Fillon se maintient. "Nous aurons une primaire qui sera le premier tour de la présidentielle", affirme-t-il sans que cela semble lui poser un quelconque problème.

# 6 mars, 19h36

Après que le comité politique a validé "à l’unanimité" le maintien de François Fillon pour la présidentielle, Georges Fenech agit comme s’il n’avait jamais initié la moindre fronde. Il martèle :



Il n'y a pas de plan B. Je pense qu'il faut que Fillon aille jusqu'au bout. Il a été élu, il est sorti d'une primaire mais il n'est pas le candidat qui peut nous qualifier pour le second tour, c'est évident.

Ce qui ne semblait pas si "évident" que ça quelques heures plus tôt.

# 7 mars

À l’occasion d’un petit-déjeuner des sarkozystes, Georges Fenech se montre beaucoup moins enthousiaste et ne semble pas décolérer contre François Fillon, à l’image de ces déclarations rapportées par un journaliste de Figaro :



Hier soir c'était une unité de façade. Moi je vous le dis, c'est perdu.

La suite au prochain épisode (et au prochain revirement de Georges Fenech).





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