Mariage UDI-Modem : l'organisation qui fait grincer des dents

Publié à 15h33, le 05 novembre 2013 , Modifié à 09h16, le 06 novembre 2013

Mariage UDI-Modem : l'organisation qui fait grincer des dents
(Maxppp)

Silence médiatique imposé, omerta sur la charte, problème de coordination… l'organisation du mariage à l'UDI est remise en cause par plusieurs parlementaires. Plusieurs d'entre eux ont déjà manifesté leur perplexité face à l'alliance entre Jean-Louis Borloo et François Bayrou, dénonçant, selon eux, le manque de valeurs communes, le soutien du président du Modem à François Hollande et un "arrangement électoral". Mais la méthode est également dénoncée. 

Le sénateur Hervé Maurey, qui fait part de "grandes réserves" quant à l'union entre le Modem et l'UDI évoque auprès du Lab un "problème de gouvernance". Pour lui, les parlementaires ne sont associés que pour "changer des virgules"à la fameuse charte qui doit être présentée ce mardi 5 novembre à la Maison de la Chimie à Paris. 

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On a eu une réunion du comité exécutif de l'UDI fin octobre, qui portait plus sur les virgules du document que sur les principes. Il y a un problème de gouvernance à l'UDI, c'est clair. Il y a un petit groupe qui se réunit chaque semaine mais nous ne sommes pas inclus dans les décisions stratégiques. 

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En coulisses, l'écriture de la charte fait aussi grincer des dents. "Je l'ai reçue assez tard", regrette au Lab Jean-Christophe Fromantin. Précisant : "avec rien de différent, quelques mots, quelques virgules, par rapport aux fuites dans la presse". 

D'autres se plaignent de la stratégie médiatique associée à ce mariage. L'organisation du rassemblement côté UDI a exigé de ses parlementaires le silence complet de la fin de semaine jusqu'aux noces le mardi après-midi. 

Dans un courrier envoyé aux élus mercredi 30 octobre, le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo demande "à chacun de respecter un "embargo médiatique" de dimanche début d'après-midi à mardi après-midi." 

Un plan média qui a rapidement été explosé avec l'interview donnée par François Sauvadet, pilier de l'UDI, au Figaro ce mardi 5 octobre au matin. D'autres ont répondu aux sollicitations du Lab pour exposer leurs réticences. Jean-Christophe Fromantin, député-maire de Neuilly-sur-Seine, avait déjà accordé un entretien au Figaro magazine pour dire le mal qu'il pensait de ces retrouvailles. 

Dernier élément en date en mesure d'irriter les parlementaires, leurs collaborateurs et les militants : l'impossibilité d'assister à la cérémonie de mariage. Dans un courrier électronique envoyé aux membres du comité exécutif de l'UDI ce mardi 5 octobre peu avant midi, le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo invite les personnes souhaitant participer aux festivités à se rendre au siège de l'UDI et non à la Maison de la Chimie à Paris où doit se dérouler la conférence de presse. Pour des raisons de places très limitées. Il prévient, en gras et souligné dans son courriel : 

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Aucune personne autre que les membres du Comité exécutif ne sera admise à entrer dans la salle de presse.

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Les élus peu enchantés par l'initiative de rapprochement pointent un autre problème de méthode : l'urgence.

François Rochebloine explique au Lab que, pour lui, "il est urgent d'attendre" et c'est le message qu'il a transmis au président de son mouvement. Le député de la Loire ne comprend pas "la précipitation" avec laquelle les deux hommes se retrouvent. "D'autant plus qu'on est très loin des préoccupations des Français", ajoute le député Thierry Benoit à ce sujet.

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