Marion Maréchal-Le Pen veut revenir sur le remboursement "intégral et illimité" de l’avortement

Publié à 16h19, le 05 décembre 2016 , Modifié à 17h11, le 05 décembre 2016

Marion Maréchal-Le Pen veut revenir sur le remboursement "intégral et illimité" de l’avortement
Marion Maréchal-Le Pen © Thomas SAMSON / AFP
Image Sylvain Chazot


Où l'on reparle donc, une nouvelle fois, de l'avortement. Après une séance pour le moins animée, jeudi 1er décembre, à l'Assemblée nationale, et avant une autre mercredi au Sénat, le sujet est toujours évoqué ce lundi 5 décembre. Cela se passe, cette fois, dans les colonnes du journal d'extrême droite Présent auquel Marion Maréchal-Le Pen a accordé une interview.

Il est donc question de l'extension du délit d'entrave aux sites exerçant "des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation" sur les femmes souhaitant interrompre leur grossesse. L'interview déborde alors sur l'avortement de manière plus générale et sur le programme de Marine Le Pen sur ce thème bien précis. "Sur ces questions de la défense de la vie, quelles réponses apportera le programme présidentiel de Marine Le Pen, alors que François Fillon apparaît comme 'le candidat de la Manif pour tous' ?" demande Présent. La question n'est pas anodine puisque Marine Le Pen n'a de cesse, depuis des mois, de se présenter comme la candidate féministe

La réponse de Marion Maréchal-Le Pen est la suivante :

Plutôt que de mettre en place des objectifs, des quotas d’IVG dans les établissements de santé, il faudra soutenir financièrement les structures qui proposent d’accompagner les femmes isolées et hésitantes. Il faudra revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels.

La députée FN du Vaucluse souhaite donc que l'IVG ne soit plus remboursée intégralement, comme c'est actuellement le cas. Selon le site internet de l'assurance maladie, "le forfait de prise en charge des frais relatifs à l'IVG est remboursé en totalité par l'Assurance Maladie" depuis le 31 mars 2013.

Cette proposition de la députée FN du Vaucluse va à l'encontre de la ligne défendue par le FN. Le 1er mai dernier, durant le "banquet patriote" organisé par le parti d'extrême droite, l'élue frontiste Sophie Montel avait longtemps défendu les droits des femmes. "Nous défendons la sanctuarisation de la contraception et la non-remise en cause de l'avortement. […] Oui, le Front National défend le droit de la femme à disposer de son corps", avait-elle martelé. Au Monde, Marine Le Pen précise : 

Il n’y aura aucune modification, ni du périmètre, ni de l’accès, ni du remboursement de l’IVG.

De son côté, l'entourage de Marion Maréchal-Le Pen tient à préciser au Lab que la députée n'est absolument pas contre le droit à l'IVG mais s'oppose à son remboursement "illimité".

L'élue du Vaucluse souhaite également la mise en place de l’adoption prénatale. Elle propose en outre de "restaurer le délai de réflexion pour éviter les décisions précipitées dans un moment de panique pour acter que l’avortement n’est et ne sera jamais un acte anodin".

Elle ajoute :

Enfin il faut absolument dégager des solutions financières pour une politique familiale digne de ce nom, en particulier pour les mères isolées, alors qu’aujourd’hui 47 % des femmes avortent pour des raisons économiques.

Marion Maréchal-Le Pen est très engagée sur le sujet de l'avortement. Force est de constater que son positionnement ne bouge pas. Peu après la campagne présidentielle, en octobre 2012, elle avait estimé sur la radio Le Mouv que ce n'était "pas à l'Etat de réparer les inattentions des femmes. Je pense qu'aujourd'hui c'est facile".

En novembre 2015, devant La Manif pour tous, l'élue FN s'était engagée à ne plus subventionner les plannings familiaux si elle gagnait la région PACA. "[Nous allons] supprimer les subventions aux associations politisées, dont les plannings familiaux, mais aussi des associations, on aura peut-être l'occasion d'en reparler telles que celle de la LGBT, ou des choses comme ça, dont je condamne fermement l’idéologie. Et il n’est pas question de leur verser un sou évidemment demain à la région", avait-elle déclaré.

Louis Aliot, candidat en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, avait formulé la même promesse.

Marine Le Pen, pour sa part, avait estimé qu'elle avait "beaucoup d'autres choses à faire, beaucoup plus importantes que ça, à la tête de [sa] région", si elle gagnait ce qui s'appelait encore le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. " Ce n'est pas dans les projets du Front national", avait encore ajouté la présidente du FN. Une manière pour elle d'assurer que non, vraiment, il n'y a pas deux lignes au sein de son parti malgré les apparences. Mais son positionnement à ce sujet a évolué au fil du temps. 

En 2012, en pleine campagne présidentielle, Marine Le Pen avait ciblé ce qu'elle appelait "les avortements de confort", "un terme qui a scandalisé tout le monde alors qu'il est utilisé par les médecins", avait-t-elle déclaré sur France 2

Un an plus tôt, dans le journal La Croix, elle disait ceci :

Je pense également qu'il faut cesser de rembourser l'avortement. Il existe suffisamment de moyens de contraception aujourd'hui. D'une manière générale, il faut promouvoir le respect de la vie dans notre société.



[EDIT 17h10] Ajout réaction de Marine Le Pen auprès du Monde et précisions de l'entourage de Marion Maréchal-Le Pen au Lab

Du rab sur le Lab

PlusPlus