Pendant ce temps, à Montretout : la grosse embrouille entre Jean-Marie Le Pen et un journaliste à propos de "Monseigneur Ebola"

Publié à 17h44, le 20 novembre 2015 , Modifié à 18h53, le 20 novembre 2015

Pendant ce temps, à Montretout : la grosse embrouille entre Jean-Marie Le Pen et un journaliste à propos de "Monseigneur Ebola"
Jean-Marie Le Pen lors de sa conférence de presse à Montretout, vendredi 20 novembre 2015 © PATRICK KOVARIK / AFP
Image Etienne Baldit


et Camille Girerd

LE WTF EST TOTAL - Vendredi 20 novembre, sur les coups de 14h30, Jean-Marie Le Pen tient une conférence de presse, chez lui à Montretout. Il a prévu d'évoquer les attentats commis voilà une semaine en France, bien sûr. Mais aussi "les persécutions politiques et juridiques qui le concernent", comme il l'annonçait dans un communiqué le 17 novembre.

De fait, il n'a pas lésiné sur le matériel : une affiche de lui bâilloné, accompagnée de ce slogan : "Personne ne me fera taire en Europe" ; et un agrandissement photo de son coffre fort ouvert lors d'une perquisition à son domicile, début novembre, dans l'enquête pour fraude fiscale qui le concerne.

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Le décor, un poil lunaire, est planté.

Et puis il y a ce que dit Jean-Marie Le Pen. Et ne comptez pas sur lui pour évoquer les attaques de Paris et Saint-Denis avant ses petits soucis personnels. Il commence :



Je vais, si vous le permettez et bien que les événements bousculent un peu les calendriers, commencer ma conférence de presse par l'affaire qui est relative aux perquisitions dont j'ai été la victime. Et puis ensuite, je traiterai le problème commun à tous les organes de presse, de télévision, de façon en quelque sorte récurrente depuis plusieurs jours, à savoir le terrorisme et ses différents chapitres [...].

Le sens des priorités, ça compte.

Il se plaint à nouveau du fait que ces perquisitions ont eu lieu durant ses vacances en République Dominicaine. Il accuse évidemment "le pouvoir hollandiste" de vouloir "créer un scandale pour détourner l'attention de son piteux échec", "à l'orée des élections régionales". Il s'emporte aussi contre des "méthodes dignes d'un État policier". On imagine que ça va mieux en le disant.

Quant à son analyse post-attentats, il affirme que "la France doit recouvrer sa souveraineté, ses frontières, décréter l'immigration zéro et abolir le droit du sol pour assurer sa survie". Il propose aussi de rétablir la peine de mort "avec décapitation" pour les terroristes.

Et puis, tout part en sucette. Alors que les journalistes posent quelques questions, un homme se présente comme travaillant pour "une petite agence [de presse] pan-africaine". Il dit parler au nom "d'un peuple que nous considérons que vous agressez, que vous humiliez par vos propos". Le dialogue suivant s'instaure :

- Le journaliste : Il n'y a pas fort longtemps, vous avez appelé à frapper l'Afrique d'une bombe si j'ose dire atomique ou chimique, pour résoudre la question de l'immigration.

- Jean-Marie Le Pen : Non cher monsieur, ce tweet est un faux, comme il en existe beaucoup sur le net d'ailleurs, il faut le dire.

- Le journaliste : Avant cela, vous aviez demandé l'aide de 'Monseigneur Ebola'...

- Jean-Marie Le Pen : Non non je n'ai pas demandé l'aide... [rires]. Je n'ai pas demandé l'aide de 'Monseigneur Ebola', j'ai dit que 'Monseigneur Ebola' pouvait participer à la réduction de ce grave problème qui est l'explosion démographique de l'Afrique [voir ici, ndlr], qui est une véritable catastrophe.

- Le journaliste : 'Monseigneur Ebola' peut exterminer une partie de la population africaine, c'est ça l'enchaînement de votre réflexion.

Le ton monte franchement entre les deux hommes. Le "Menhir" accuse son interlocuteur de lui faire "un procès de propagande". "Vous êtes là éventuellement pour me poser des questions, et pas pour nous faire des discours subversifs !", lui lance-t-il. Puis, alors que tous deux parlent en même temps, il crie : "Cessez de parler, je ne vous donne pas la parole". Le journaliste est finalement *prié* de partir et d'aller "pérorer sur le balcon".

Suite à quoi l'avocat de Jean-Marie Le Pen, Me Joachin, annonce à Europe 1 son intention de porter plainte contre le site satirique belge Nordpresse.be, l'équivalent du Gorafi en France. Dans son viseur, cet article du site parodique, publié ce 20 novembre et intitulé :



Jean-Marie Le Pen : 'Une bombe atomique sur l’Afrique, et fini les morts en Méditerranée !'

Dans le corps du papier, ces propos prêtés au patriarche frontiste : "La France a le moyen de cesser la pollution de notre mer. Et ce moyen s’appelle l’uranium enrichi. De nombreux problèmes seront résolus si on annihile le continent africain." Le journaliste avec qui Jean-Marie Le Pen s'est écharpé semble donc s'être fait piéger par cette fausse information. 

L'avocat de Jean-Marie Le Pen compte donc porter plainte pour "divulgation de fausse nouvelle". Celui qui est toujours président d'honneur du FN l'a ensuite annoncé sur Twitter :





Voilà, c'était la conférence de presse post-attentats totalement WTF de Jean-Marie Le Pen.

[Edit 18h15]

Nordpresse a bien sûr réagi à cette annonce de plainte, provoquant très ironiquement le vieux chef frontiste "en duel" :







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