Pour François Hollande, 2017 se jouera "sur la France et la démocratie"

Publié à 07h09, le 03 août 2016 , Modifié à 07h39, le 03 août 2016

Pour François Hollande, 2017 se jouera "sur la France et la démocratie"
François Hollande se posant sur le rebord de la France pour voir ce que les Français en ont fait. © PAUL FAITH / AFP
Image Etienne Baldit


IT'S THE ÉTAT DE DROIT, STUPID - C'est le grand débat national dans cette nouvelle période post-attentats : quel modèle de sécurité et quels gardes-fou contre l'autoritaire ? Des questions qui devraient, plus que jamais, structurer l'élection présidentielle à venir, entre une gauche de gouvernement qui assure être à la hauteur, une droite (sur)jouant la fermeté et l'extrême droite qui se pose en seul défenseur véritable des Français. François Hollande est conscient de cet enjeu et entend bien faire figure de rempart, pour aujourd'hui comme pour demain.

Mardi 2 août au soir, le chef de l'État s'exprimait devant quelques journalistes, à l'occasion d'une rencontre avec la presse présidentielle. Un court discours informel et des apartés (le tout étant bien sûr censé rester off...) au cours desquels le Président a évoqué l'échéance électorale à venir. Comme le rapporte Paris Match, il a notamment expliqué :



[En 2012], l’enjeu de l’élection, au delà de la personne, était économique et social : c’était la finance et le chômage. Ces questions compteront toujours en 2017, mais l’élection portera surtout sur la France et la démocratie. Si la gauche ne fait pas entendre sa voix, elle disparaîtra. Un candidat de gauche a plus de chance de gagner en disant ce qu’il est possible ou pas possible de faire, plutôt qu’en allant dans la fuite en avant.

Son credo, outre le moins audible "ça va mieux", sera donc celui de la défense de l'État de droit contre ceux qui sont tentés de ne plus s'embarrasser des "arguties juridiques" au nom de la lutte contre le terrorisme. Un État de droit qui n'est d'ailleurs "pas contradictoire avec la raison d’État qui consiste à protéger les Français", a-t-il affirmé comme le relate Libération. "L’État de droit, c’est la protection, la sécurité et la liberté qui permet de rester ensemble sans suspicion", a-t-il fait valoir, ajoutant selon Reuters que "nous devons aussi faire que la démocratie soit la réponse et que nous trouvions en nous-mêmes et dans nos textes la capacité de rester dans ce qu'on appelle l'État de droit". Et de marteler :



On voit bien que la tentation autoritaire existe et qu'elle peut saisir les opinions publiques parfois troublées, en se disant qu'il vaut mieux une autorité qu'un risque. La démocratie suppose que l'autorité soit exercée mais entre l'autorité et un régime autoritaire, c'est une différence non pas de degré mais de nature.

"Il faut qu'on soit forts", a-t-il encore mis en garde d'après l'AFP. Des propos qui visent tout autant à renforcer sa stature de garant du respect des institutions qu'à discréditer ses potentiels futurs adversaires, de Nicolas Sarkozy (qui va "trop vite" et "trop loin" selon lui) à Marine Le Pen, bien qu'il n'ait cité personne nommément.

Alors évidemment, tout cela suppose qu'il soit candidat. Lui qui doit annoncer ses intentions en décembre est conscient du risque de ne pas "sortir du premier tour" en 2017. Mardi soir, malgré tout ce discours, il n'est toujours pas sorti du bois. D'après Paris Match, il a même eu cette phrase :



Je ne suis pas candidat, pas encore, ou jamais...




[BONUS TRACK] LA NAUSÉE

Cette menace de la "tentation autoritaire" évoquée par François Hollande faisait également référence à la campagne présidentielle en cours aux États-Unis, où Donald Trump a été désigné par le parti Républicain. Le chef de l'État (tout comme Manuel Valls) s'en était déjà pris au businessman américain, selon qui "la France n'est plus la France". Le président lui avait rétorqué que "la France sera toujours la France parce que la France, elle ne cède jamais" et ajouté : "C'est quand on s'abaisse qu'on ne se ressemble plus".

Il y est allé beaucoup plus fort mardi soir, fustigeant les "excès" de Donald Trump qui "finissent par créer des sentiments de haut-le-cœur". Au sujet de cette "élection mondiale" qu'est la présidentielle américaine, il a aussi estimé :

Les campagnes américaines indiquent des thèmes qu’on retrouve dans la campagne française. Si Trump est élu, en France, ça peut conduire à une droitisation très forte ou à une correction.

On vous laisse deviner qui pourrait alors, dans son esprit, incarner cette correction.

Du rab sur le Lab

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