Si vous êtes "honnête", vous ne trouverez pas François de Rugy "opportuniste" (selon François de Rugy)

Publié à 12h28, le 28 juin 2017 , Modifié à 12h32, le 28 juin 2017

Si vous êtes "honnête", vous ne trouverez pas François de Rugy "opportuniste" (selon François de Rugy)
François Rugy (ex-EELV alors candidat à la primaire organisée par le PS avant de rejoindre Macron) © Gif le Lab
Image Etienne Baldit


L'HONNÊTETÉ VOUS OBLIGE À LE DIRE - Militant écologiste dans les années 90, élu local "Les Verts" à partir de 2001, député grâce à des accords avec le PS en 2007 et 2012, démissionnaire d'EELV en août 2015 pour défendre la ligne gouvernementale et lancer son parti avec Jean-Vincent Placé, candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire fin 2016-début 2017, avant de renier son engagement à en soutenir le vainqueur (Benoît Hamon) pour rallier Emmanuel Macron, puis député de La République en marche et, enfin, président de l'Assemblée nationale. Tel est le parcours politique de François de Rugy.

D'aucuns le qualifient de "sinueux" et trouvent qu'il est toujours, COMME PAR HASARD, "dans le sens du vent". Mais François de Rugy, lui, se défend de tout "opportunisme". Et il considère d'ailleurs que, si vous étiez un peu "de bonne foi" pour une fois, vous seriez d'accord avec lui.

Sur France Inter mercredi 28 juin, l'ex-co-président de feu le groupe EELV à l'Assemblée revient en détail sur son parcours politique récent et vante sa "cohérence" de long terme :

- François de Rugy : Si on a l'honnêteté et la bonne foi - qui ne sont pas toujours les qualités les mieux partagées dans le monde politique - de regarder mon parcours dans la durée, eh bien on voit qu'il y a une cohérence dans le temps, une cohérence sur les engagements et les choix politiques que j'ai faits. Moi j'ai toujours défendu une écologie pragmatique, une écologie qui s'inscrit dans le travail avec d'autres, on ne peut pas le faire tout seul. J'ai décidé de tourner la page du parti EELV il y a déjà deux ans, à l'époque le mouvement En Marche ! n'existait pas et quand il s'est créé, qu'Emmanuel Macron s'est présenté à l'élection présidentielle, j'ai décidé de le soutenir et d'inscrire mon action dans un mouvement plus large qui est le mouvement La République en marche. Et je pense qu'en effet, c'est ce qui m'amène aujourd'hui à exercer de nouvelles responsabilités.

- Journaliste : Quand Emmanuel Macron s'est présenté à la présidentielle, vous étiez candidat à la primaire...

- François de Rugy : Oui à ce moment-là, j'avais déjà... avant-même qu'il ne se déclare candidat à l'élection présidentielle, je m'étais déjà engagé à me présenter à la primaire de la gauche, j'avais d'ailleurs essayé de le convaincre sans succès - et c'est lui qui avait raison, sans doute - de se présenter dans cette primaire. J'y ai défendu des idées, vous le savez bien, qui sont très proches de celles qu'Emmanuel Macron a défendues lui-même dans la campagne présidentielle, donc je pense que c'était assez logique, là aussi si on est de bonne foi et qu'on ne cherche pas la polémique à tout prix, que je soutienne Emmanuel Macron.

- Journaliste : Mais vous n'avez pas soutenu Benoît Hamon [contrairement à votre engagement].

- François de Rugy : J'ai préféré à un moment donné la logique de la cohérence des idées pour mon pays plutôt que l'obéissance à un parti ou un groupement de partis. Et puis par ailleurs, je vais vous dire une chose simple : quand on prend des engagements... c'est comme dans la vie, la vie politique : on peut se marier, on a le droit de divorcer. Donc oui, le divorce avec Benoît Hamon et avec les idées qu'il a défendues, il était clair et net à la primaire de la gauche.

Vu de cette manière, ces allégeances successives se justifient donc parfaitement et n'ont rien d'une quelconque démarche guidée par l'ambition.

Un peu "d'honnêteté", ça ne fait jamais de mal.





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