Xavier Bertrand fait du Xavier Bertrand : "Les consignes d'état-major, je m'en fous royalement"

Publié à 15h24, le 07 décembre 2015 , Modifié à 15h26, le 07 décembre 2015

Xavier Bertrand fait du Xavier Bertrand : "Les consignes d'état-major, je m'en fous royalement"
Xavier Bertrand en campagne © Ciphy
Image Etienne Baldit


OSEF - Depuis de longs mois maintenant, vous le savez : Xavier Bertrand n'est pas un candidat comme les autres. Ancien ministre du Travail et ex-secrétaire général de feu l'UMP, le maire de Saint-Quentin préfère désormais mettre une autre partie de son passé en avant. Celle d'un homme venu du privé (il a été agent d'assurances) aujourd'hui lassé des intrigues et petits jeux du microcosme parisien. Anti-système et puis c'est tout.

Eh oui, Xavier Bertrand - qui est aujourd'hui "le seul rempart contre le FN" dixit... Xavier Bertrand - est l'incarnation du responsable politique proche de ses administrés et qui envoie bouler le "bocal politico-médiatico-parisien" à tout bout de champ. Tout ça, il "s'en fout", il faut voir comment.

Nouvelle illustration, lundi 7 décembre, au lendemain du premier tour des élections régionales. La ligne du "ni retrait ni fusion", actée en bureau politique de LR dans la matinée, divise sa famille politique ? Lui s'en tape, tout simplement. Interrogé par La Voix du Nord sur le fait de savoir si les listes de droite arrivées troisième doivent se désister au profit du PS pour faire barrage au Front national, le candidat LR-UDI en Nord-Pas-de-Calais-Picardie face à Marine Le Pen envoie la sauce :

Les autres régions, monsieur, je m’en fous, mais alors à un point, vous ne pouvez pas imaginer... Je suis candidat de la région, pour la région. Les consignes d’état-major, je m’en fous royalement, c’est aussi simple que ça.

Vous ne croyez pas que c’est la politique nationale qui nous a conduits à tout ça ? Vous ne croyez pas que c’est les états-majors déconnectés de la réalité qui ont mis les gens dans cette panade et dans cette colère, ce sentiment d’abandon ?

Et crac, faut pas venir lui parler de la stratégie électorale de son parti, à Xavier Bertrand. Il est en campagne dans son coin, merci pour lui. Et merci de régler toutes ces petites histoires de second tour et de Front national sans le déranger.

Cette figure de rebelle, il la travaille donc depuis un moment. Il y a pile poil un an par exemple, le 7 décembre 2014, il déclarait :

Je ne suis pas, moi, formé dans le même moule que les autres. […] Je ne suis pas un produit du système, je suis provincial, j’ai fait du terrain.

Ce qui l'autorise visiblement à se "foutre royalement" des réflexions stratégiques du parti qui l'a investi aux régionales.

Du rab sur le Lab

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