Quand le nouveau secrétaire d'État Fekl réclamait "une nouvelle République" à l'université d'été du PS

Publié à 20h09, le 04 septembre 2014 , Modifié à 19h32, le 17 octobre 2014

Quand le nouveau secrétaire d'État Fekl réclamait "une nouvelle République" à l'université d'été du PS
Matthias Fekl © Vincent Isore/IP3 press/MaxPPP

GOUVERNEMENT DE CLARTÉ - Neuf jours à peine après la constitution du gouvernement Valls II, l'exécutif a procédé à un mini remaniement, jeudi 4 septembre. Le nouveau secrétaire d'État au Commerce extérieur Thomas Thévenoud a démissionné de ses fonctions, pour des "problèmes de conformité avec les impôts" selon une source gouvernementale citée par l'AFP. Il détient ainsi le record du ministre le plus éphémère de la Vème République, à égalité avec Léon Schwartzenberg, ministre délégué à la Santé de Michel Rocard.

Il est remplacé par Matthias Fekl, député PS du Lot-et-Garonne, spécialiste des sujets d'immigration. Rallié à Bertrand Delanoë pour la campagne des municipales à Paris en 2001 (date de son entrée au PS), il était initialement proche de Dominique Strauss-Kahn et Pierre Moscovici. Il avait ensuite choisi de soutenir François Hollande dans sa candidature à la primaire.

Mais dimanche dernier, en pleine Université d'été du PS à La Rochelle, il militait, dans des propos relayés par Sud Ouest, pour "une nouvelle République, avec un Parlement fort, des parlementaires moins nombreux mais dotés de davantage de pouvoirs, un mode de scrutin qui assure des majorités claires, la fin du cumul des mandats". "Le logiciel du parti est à bout de souffle", déclarait-il alors, décrivant un "face-à-face entre deux gauches" :

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D’un côté, une "fronde", avec des questions légitimes mais une absence de débouché politique, de l’autre, une ligne gouvernementale cohérente, mais dont l’assise politique est étroite, et qui court le risque de ne pas être assez inventive. Le gouvernement ne peut se contenter de rééquilibrer les comptes publics. Il doit porter un projet de transformation du pays.

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Le nouveau membre du gouvernement craint, comme le rapporte Mediapart (article payant), que les socialistes ne donnent "le sentiment que nous mettons en œuvre ce que Nicolas Sarkozy n'a pas fait. [...] La gauche, c’est une dynamique. Ce n'est ni le repli, ni le conservatisme, ni une vision répressive de la société." Il mettait même en garde le gouvernement :

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Au sein de la gauche, de ses valeurs, de ce que nous avons collectivement porté pendant la campagne présidentielle, de la diversité de celles et ceux qui ont élu François Hollande, ce gouvernement risque, sur plusieurs points, de s’éloigner de nos engagements. [...] Un gouvernement progressiste ne peut être un simple gestionnaire.

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Et alors que les premiers jours du gouvernement de "cohérence, cohésion et clarté" - selon les mots de Manuel Valls - ont été marqués par la polémique sur les 35 heures, Matthias Fekl expliquait à Mediapart qu'une majorité de gauche "ne peut pas réussir si elle se contente de transgresser de soi-disant "tabous", surtout lorsque ce sont des avancées sociales. Ça ne fait pas un projet politique". Depuis cette déclaration, un autre "tabou" a été à-demi brisé par le ministre du Travail, François Rebsamen : celui d'un contrôle accru des chômeurs fraudeurs.

Mais le député du Lot-et-Garonne ne fait pas, pour autant, partie des frondeurs. Il estime que "la confrontation brutale serait périlleuse à court terme et létale à moyen terme", toujours selon Mediapart. Il décrit par ailleurs François Hollande comme "un homme qui écoute", selon Sud Ouest

Enfin, voilà de quoi rassurer un exécutif en quête d'une solidarité gouvernementale à toute épreuve. Il se déclare lui même "fidèle au précepte de Jean-Pierre Chevènement" : "Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne".

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