Benoît Hamon propose ironiquement aux vallsistes de créer "le parti pragmatique"

Publié à 12h00, le 25 février 2015 , Modifié à 12h00, le 25 février 2015

Benoît Hamon propose ironiquement aux vallsistes de créer "le parti pragmatique"
Benoît Hamon fustigeant "la gauche pragmatique" de Valls. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

BATTLE - Ils se sont alliés pour faire tomber Jean-Marc Ayrault. Mais ça, c’était avant. Avant que Manuel Valls ne démissionne manu militari Benoît Hamon du gouvernement, en même temps qu’Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, fin août 2014. Depuis, la guerre est ouverte entre le Premier ministre, tenant de l’aile sociale-démocrate du PS et Benoît Hamon, tenant de l’aile gauche du parti de la rue de Solférino.

Accusé de représenter "la gauche passéiste", à laquelle Manuel Valls oppose la gauche "pragmatique et réformiste", Benoît Hamon a également été pointé du doigt par le gouvernement pour avoir exprimé une virulente opposition à la loi Macron, obligeant, parmi d’autres élus PS opposés au texte, Manuel Valls à recourir à "l’arme atomique" du 49.3.

Dans une interview qu’il a accordée à Mediapart, le 24 février, l’ancien ministre de l’Education nationale estime avoir "fait l’erreur de croire que Manuel Valls modifierait le cap". Et ajoute, envers les "vallsistes" sur la loi Macron :

 

A bien des égards, nous y décousons ce que les lois Auroux avaient obtenu en 1982 en faveur des salariés. Quand un texte est encensé par le premier quotidien libéral français et qu’il manque d’être voté par plusieurs parlementaires de l’UMP et l’UDI, c’est que quelque part, la question de sa carte d’identité politique est posée.

Il poursuit, proposant ironiquement aux partisans de la ligne Valls de créer "le parti pragmatique" :

On peut appeler ça du pragmatisme. C’est un peu l’air du temps, il n’y aurait plus de solutions de gauche ou de droite mais des réponses efficaces ou inefficaces. Si c’est le cas, j’invite les partisans du pragmatisme à créer le parti pragmatique. Ce parti devrait selon leur raisonnement gagner toutes les élections.

Cette saillie du député PS des Yvelines fait suite à plusieurs passes d’armes entre lui et le Premier ministre. Après avoir annoncé sa volonté de voter contre la loi Macron, Manuel Valls avait rétorqué :

Les postures, c’est fini.

Porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll avait également pesté contre Benoît Hamon, en octobre 2014, l’invitant même à quitter le PS.

Ce mercredi 25 février, dans Le Canard Enchaîné, Manuel Valls poursuit aussi sa croisade contre son ancien ministre. Un Benoît Hamon qu’il juge "puéril", "infantile", "qui ne pense qu’à une chose, jouer le Congrès" et qui "se comporte comme un ancien président des Jeunes socialistes".

En s’opposant à la loi Macron, Benoît Hamon a pris, selon ses détracteurs, la tête des "frondeurs". Des frondeurs qui font également les frais du couple exécutif. Selon le palmipède, ceux-ci sont, pour Manuel Valls, "des abrutis", "des enfants gâtés" voire "pour certains, des salopards".

Quant à Christian Paul, l’un des chefs de file de ces députés PS rebelles, ces "dingos d’avoir cassé l’esprit du 11 janvier à un mois des départementales", dixit François Hollande, Manuel Valls le qualifie d’aigri.

 

Un aigri qui croyait qu’il serait un grand ministre, alors qu’il n’est rien.

Du rab sur le Lab

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