De la difficile liberté d’expression au FN, par Aymeric Chauprade, eurodéputé et ancien conseiller de Marine Le Pen

Publié à 07h04, le 21 janvier 2015 , Modifié à 09h22, le 21 janvier 2015

De la difficile liberté d’expression au FN, par Aymeric Chauprade, eurodéputé et ancien conseiller de Marine Le Pen
Aymeric Chauprade. © AFP

En plein débat sur la liberté d’expression en France après l’attentat qui a touché Charlie Hebdo, le Front national est confronté à la même question en ce qui le concerne : existe-t-il une liberté d’expression au Front national ?

L’ex conseiller au relations internationales de Marine Le Pen et député européen Aymeric Chauprade s’interroge à haute voix après qu’une de ses vidéos où il estime que la "France est en guerre avec des musulmans" et parle de "cinquième colonne" a été "censurée" par Marine Le Pen qui a enjoint les membres du FN de ne pas diffuser le document.

A l’AFP, Aymeric Chauprade, qui ne "comprend pas" la décision de la présidente du FN, lance donc :

"

Je constate juste que c’est difficile d’accepter une certaine liberté d’expression au FN. Je pose la question de la possibilité pour nos élus d’être force de proposition publique.

"

Malgré les injonctions de la patronne, la députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen a relayé personnellement sur son compte Twitter la vidéo interdite. Une provocation à l’égard de sa tante.

Le 19 janvier, sur France Inter, Marine Le Pen avait publiquement désavoué son ex conseiller sur cette vidéo, soulignant qu’il s’agissait d’une "prise de position personnelle" d’Aymeric Chauprade. Qui n’engage pas le Front national donc. Et Aymeric Chauprade de s’interroger une nouvelle fois :

"

Dans aucun parti de gouvernement, le président ne relit les articles, les publications de ses membres. On n'est pas, a priori, un parti stalinien.

"

Il existe des précédents au FN sur la difficulté pour ses membres, et ses élus, d’avoir une position divergente de celle du chef. Ainsi Joëlle Bergeron, élue au Parlement européen sur une liste FN, avait-elle été viréepour avoir déclaré qu’elle était favorable au droit de vote des étrangers, comme l’avait révélé le Lab. Un crime de lèse-majesté au Front national, semble-t-il, que d'avoir une position divergente de Marine Le Pen.

Du rab sur le Lab

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