François Fillon admet que les plans d’économies de son gouvernement étaient des "plans d’austérité"

Publié à 11h07, le 29 avril 2014 , Modifié à 12h24, le 29 avril 2014

François Fillon admet que les plans d’économies de son gouvernement étaient des "plans d’austérité"
François Fillon © MaxPPP

APPELONS UN CHAT UN CHAT - Maintenant qu’il n’est plus Premier ministre, François Fillon se moque du poids des mots. Invité de France Inter ce mardi 29 avril, le député UMP de Paris a comparé le plan d’économies présenté ce jour par Manuel Valls à l’Assemblée nationale à ceux menés durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy :

Quand nous avions présenté les deux plans d’austérité que nous avons réalisés […] nous n’avions pas gelé les retraites.

Austérité. Le mot est lâché et François Fillon l’assume totalement. "J’ai toujours été étonné de cette prudence de langage. Il faut appeler les choses par leur nom", explique-t-il.

Et l’ancien Premier ministre de défendre cette position :

Quand on baisse la dépense, on baisse la dépense : c’est de l’austérité ou c’est de la rigueur. Et la rigueur, c’est plutôt une vertu.

Une "vertu" qui n’avait pourtant pas sa place dans les éléments de langage de la précédente majorité. En mai 2010, François Fillon avait annoncé un gel des dépenses publiques sur trois ans. Un plan de rigueur ? Non, non, non. À l’époque, il avait estimé que ses mesures étaient "loin d’un plan de rigueur", qui "n’existe pas et qui n’existera pas". Un an plus tard, en revanche, il n'hésitait pas à parler de "faillite".

A cette même période, Nicolas Sarkozy lui-même avait rejeté toute idée de "rigueur", assurant vouloir "mener non une politique de rigueur, mais une politique responsable".

Sur Europe 1, Jean-François Copé avait lui accepté d’utiliser le mot banni, arguant que "on n’est pas là pour se battre sur les mots".

Frédéric Lefebvre, alors porte-parole de l’UMP, avait pourtant bien expliqué pourquoi ce plan millésime 2010 n’était pas un "plan de rigueur" :

Moi, je n’emploierai absolument pas le mot rigueur parce qu’en l’occurrence le choix fait par le gouvernement […] c'est le choix de la réduction de la dépense publique mais en aucun cas l'augmentation des impôts.

Un argumentaire que vient donc de tailler en brèche François Fillon, quatre ans plus tard. 

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