François Hollande en a "un peu marre" de Manuel Valls, qui "tire un peu trop sur la corde" à son goût

Publié à 20h50, le 28 octobre 2014 , Modifié à 20h55, le 28 octobre 2014

François Hollande en a "un peu marre" de Manuel Valls, qui "tire un peu trop sur la corde" à son goût
François Hollande et Manuel Valls © Reuters - Montage Le Lab

C'EST FINI, OUI ? - Il est "rebelle" et "l'assume". Certes. Mais à trop vouloir bousculer l'ordre établi, Manuel Valls a fini par énerver beaucoup de monde. Et même François Hollande. D'après Le Canard Enchaîné daté du 29 octobre, il y a "de l'eau dans le gaz" entre le président de la République et son Premier ministre. 

Ce qui explique, d'après l'hebdomadaire, les petites blagues en forme de recadrage du premier à l'endroit du second, lundi 22 octobre. Ce jour-là Manuel Valls recevait du chef de l'État, devant tout le gouvernement et la presse, la grand-croix de l'ordre national du Mérite. Rappelant l'admiration du chef du gouvernement pour Georges Clemenceau, François Hollande s'était servi du parcours politique du "Tigre" pour ironiser sur les ambitions élyséennes de Manuel Valls :

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Si vous avez choisi Clemenceau c'est parce que... Je connais bien son parcours, un parcours très long, ce qui vous laisse grand espoir. Il n'est pas devenu président de la République, mais on peut réussir aussi son existence sans être président de la République.

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Un trait "d'humour" pas anodin. Pas du tout même, à en croire ces propos de François Hollande à ses proches, après la cérémonie, rapportés par Le Canard Enchaîné :

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J'en ai un peu marre qu'il fasse provoc sur provoc. Il tire un peu trop sur la corde. Valls, il fait de la communication, encore de la communication, et les réformes n'avancent guère.

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Au rang des "provocs" vallsiennes, le président de la République a notamment peu goûté l'idée d'un changement de nom du PS et de créer "une maison commune" composée de "toutes les forces progressistes". Une idée lancée avec un certain fracas dans une interview à L'Obs mercredi dernier et qu'il défend depuis 2007, mais qui ne séduit toujours pas François Hollande, selon l'hebdomadaire :

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Ce n'était pas utile. Ça ne sert à rien et il sait que cela ne se fera pas.  J'aurais préféré un autre langage, un autre discours en direction de la gauche.

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En guise d'explication, le Premier ministre, cité par le palmipède, invoque la cohérence avec ses convictions :

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Je n'ai fait que répondre à une question. Je sais que ce n'est pas le débat. Mais tout le monde se souvient que j'avais déjà fait cette proposition, il y a trois ans, dans un livre. Je n'allais quand même pas dire le contraire aujourd'hui.

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Et le Premier ministre aussi a quelques petits reproches à formuler au président. Notamment un certain "flou" et "des ambiguïtés", toujours selon des propos publiés par nos confrères :

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À un moment, il faut sortir du flou et des ambiguïtés. Hollande doit nous dire, le 6 novembre [lors d'une intervention télévisée, ndlr] s'il tient encore aux 50 milliards d'économies et au pacte de responsabilité. Il va falloir que Hollande nous dise quelle ligne il choisit et s'il maintient ses choix du 14 janvier, sinon, ce serait une remise en question de la parole présidentielle.

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En cause : la réaction de Stéphane Le Foll à l'interview - elle aussi fracassante - de Martine Aubry dans le JDD, le 19 octobre. Alors que la majorité des responsables du PS étaient irrités de la sortie de la maire de Lille, le porte-parole du gouvernement (et très proche de François Hollande) avait jugé que ses propositions "méritent débat"

D'où la "stupéfaction" du chef du gouvernement, là encore rapportée par Le Canard Enchaîné :

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Est-ce que Hollande a l'intention d'amender sa propre politique ? Est-ce qu'il n'y a pas un jeu de Hollande pour se mettre à égale distance des uns et des autres, comme quand il était premier secrétaire du PS ? Mais c'est justement ce que lui reprochent les Français.

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Du rab sur le Lab

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