Le député PS Christian Paul se réjouit de l’année 2014 de la "fronde" et s’estime plus moderne que Manuel Valls

Publié à 12h49, le 29 décembre 2014 , Modifié à 12h53, le 29 décembre 2014

Le député PS Christian Paul se réjouit de l’année 2014 de la "fronde" et s’estime plus moderne que Manuel Valls
Christian Paul. © ERIC FEFERBERG / AFP

C’est un exercice périlleux d’autosatisfaction auquel s’est livré Christian Paul. Figure de la fronde qui a monopolisé une partie de l’attention au sein des députés socialistes en 2014, le député PS de la Nièvre fait le bilan de l’année écoulée dans une interview au Journal du Centre. Et se réjouit particulièrement de l’action menée par ces rebelles du PS qui souhaitent faire évoluer la politique économique du gouvernement.

"On a réussi quelque chose d’assez rare en politique", se gargarise-t-il tout d’abord, avant d’énumérer :

Travailler en groupe, ne pas être dans une compétition de personnalités. Nous nous sommes trouvés d'emblée à parler la même langue, à nous retrouver autour de ces mots de Tocqueville : "je crois qu'il y a des résistances honnêtes et des rébellions légitimes." Ce mouvement d'émancipation parlementaire s'est construit avec beaucoup de travail collectif.

Ce proche de Martine Aubry, qui jure ses grands dieux qu’il n’y a aucune préméditation par rapport au prochain congrès du PS, en juin 2015, annonce également quel sera le prochain combat de cette troupe de "frondeurs" : la loi Macron (loi sur laquelle le Lab a publié l'argumentaire des députés socialistes). Une loi qui divise d’ores et déjà la majorité, notamment à propos de la généralisation du travail du dimanche.

"En ce moment, nous travaillons à une contre-proposition à la loi Macron, qui n’est pas à la hauteur des défis économiques", lâche ce spécialiste du numérique. Il ajoute :

En janvier, nous présenterons des propositions plus audacieuses. Plus ambitieuses.

Les frondeurs se veulent donc "plus audacieux" et "plus ambitieux" que le gouvernement Valls. L’occasion pour Christian Paul d’établir ce qu’il reproche au Premier ministre : ne pas être assez réformateur. Ce qui est pourtant, dans la communication de Manuel Valls, l’une de ses marques de fabrique. Pourtant, Christian Paul affirme :

Parce que ce que nous reprochons d'abord à Manuel Valls, c'est de ne pas faire les vraies réformes. Un de mes regrets, c’est que son énergie ne soit pas mise au service de causes justes.

Dans la continuité de la bataille idéologique qui cristallise le Parti socialiste (et initiée par Manuel Valls qui persiste dans une interview à El Mundo) entre une gauche "passéiste" et une gauche "moderne", Christian Paul, qui dit ne pas vouloir rentrer dans ce débat, explique pourtant qu’il est, "sur beaucoup de sujets, (…) aussi moderne, voire davantage, que Manuel Valls".

Au PS, c’est un peu le jeu de "plus moderne que moi, tu meurs".

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