Marine Le Pen dit ne pas reconnaître son père dans ses propos sur Pétain, les étrangers ou Chevènement

Publié à 21h15, le 08 avril 2015 , Modifié à 21h24, le 08 avril 2015

Marine Le Pen dit ne pas reconnaître son père dans ses propos sur Pétain, les étrangers ou Chevènement
Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen © JOEL SAGET / AFP

C’est un discours qui marque un peu plus encore la prise de distance qu'affiche Marine Le Pen vis-à-vis de son père, alors que le FN flirte avec la scission.

Dans une interview au Figaro à paraître jeudi 9 avril, la présidente du Front national affirme qu’elle ne reconnaît pas Jean-Marie Le Pen dans les "provocations" qui ont conduit ce dernier à se voir privé de son investiture pour les régionales en PACA.

En passant quelque peu sous silence les dérapages verbaux qui ont émaillé l’histoire politique de Jean-Marie Le Pen, sa fille assure :

 

Ses propos sur les Français d’origine étrangère ne ressemblent pas à son parcours d'officier de la Légion étrangère. L'article de Rivarol ne correspond pas aux statuts du Front national rédigés de la main de Jean-Marie Le Pen. Son investissement, à 16 ans, et sa tentative pour entrer dans la Résistance ne ressemblent pas à ses propos sur Pétain. Même ses mots sur Chevènement ne ressemblent pas aux Lettres françaises ouvertes, écrites au moment des européennes de 1999 et adressées à tous ceux qu'il croyait prêts à participer à la défense de la nation, d'Alain Delon à Marie-France Garaud, Charles Pasqua et Jean-Pierre Chevènement. Non, vraiment, rien ne lui ressemble.

Dans plusieurs interventions dans les médias ces derniers jours et notamment dans l’hebdomadaire d’extrême-droite Rivarol, Jean-Marie Le Pen s’en est effectivement pris aux immigrés qui "gouvernent" la France, aux principes républicains et à "l’influence nocive" de Jean-Pierre Chevènement sur certains dirigeants actuels du FN. Il a également volé au secours de la figure du maréchal Pétain, qu’il n’a, dixit, "jamais considéré comme un traître".

Ces prises de position ont déclenché une bourrasque de réprobations jamais vue sein du mouvement frontiste, dont plusieurs cadres ont préconisé la mise à l’écart du "Menhir".

Auprès du Figaro, Marine Le Pen confirme que si le patriarche frontiste part aux régionales sans l’investiture du parti, "il y aurait alors un candidat du Front et un candidat dissident".

De son côté, Jean-Marie Le Pen s’est montré inflexible, laissant entendre sur Radio Courtoisie mercredi 8 avril que les décisions en interne ne l’empêcheraient pas de se lancer dans la course électorale. Il a indiqué :

 

J’ai une certaine expérience des épreuves. Le combat politique quotidien est quelque fois plus difficile que le combat sous les armes (…). Moi je suis un homme sans détour, je marche droit, tant que le patron ne me rappellera pas, je continuerai à marcher. Et ma foi, jusqu’ici, ça ne se passe pas trop mal.

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