Une ancienne militante frontiste découvre par la presse qu'elle est candidate FN aux élections départementales

Publié à 16h14, le 16 février 2015 , Modifié à 20h12, le 16 février 2015

Une ancienne militante frontiste découvre par la presse qu'elle est candidate FN aux élections départementales
Le logo du Front national © JEFF PACHOUD / AFP

PREMIÈRE NOUVELLE - Pas toujours facile de trouver assez de candidats aux élections locales. Surtout quant on s'est fixé l'objectif de se présenter partout, sans pour autant bénéficier d'un appareil aussi bien implanté que celui des partis de gouvernement.

C'est ce à quoi est confronté le Front national en vue des élections départementales de mars, comme l'illustre une anecdote étonnante rapportée par le Bien Public, lundi 16 février. Cette histoire, c'est celle de Mireille Lefèvre. À 62 ans, cette ancienne adhérente frontiste a appris par voie de presse sa candidature pour le FN à Autun, en Saône-et-Loire, après avoir pourtant clairement refusé de mener campagne.

Le Bien Public précise que cette retraitée a été adhérente FN "durant près de trois décennies" et qu'elle "a même porté les couleurs du parti d'extrême droite à plusieurs élections locales". Affirmant ne plus être encartée "depuis 2014", elle a cette fois refusé "quand, par deux fois, Jean-Jacques Barnay, annoncé comme candidat à ses côtés, l'avait contactée" pour qu'elle se porte candidate sur le canton d'Autun 2, écrit le quotidien local. Ce dernier cite Mireille Lefèvre, qui explique :

"

C'est le seul contact que j'ai eu avec le FN depuis mi-2013. Je ne suis d'ailleurs plus adhérente au parti depuis 2014. Quand M. Barnay m'a contactée, il voulait que je m'occupe de toute la campagne, car il vit dans le Sud, et il prétendait en même temps me donner des leçons sur la façon de mener cette campagne... De toute façon, j'ai toujours été contre l'idée des parachutages, même si M. Barnay affirme des racines à Saint-Didier-sur-Arroux.

"

Mireille Lefèvre l'affirme : elle n'a jamais signé de document officialisant sa candidature. Elle a pourtant appris dans la presse qu'elle défendrait les couleurs du parti de Marine Le Pen au mois de mars. Elle en reste estomaquée :

"

J'avais déjà lu des histoires comme ça pour les dernières élections mais je refusais d'y croire. Maintenant, j'y suis directement confrontée.

"

Une nouvelle certainement d'autant plus dure à ingérer qu'elle considère que le parti frontiste est "devenu un parti comme les autres, aux méthodes douteuses". Mireille Lefèvre a donc alerté la Préfecture et se réserve "le droit d'engager des poursuites", écrit encore le Bien Public.

[Edit 17h] Au Scan, le secrétaire national du FN, Nicolas Bay dénonce "une manipulation" et "une manœuvre hostile pour nuire au FN" de la part de Mireille Lefèvre. Il affirme que l'intéressée "s'est portée candidate en toute connaissance de cause".

[Edit 20h10] Dans un échange de mail entre Mireille Lefèvre et la préfecture que Le Lab a pu consulter, les services de l'État écrivent à l'ancienne militante FN que "l'enregistrement définitif de la liste présentée va être refusé", ajoutant que les éléments fournis par la retraitée sont considérés comme une "pièce probante de la non signature [...] de la déclaration de candidature déposée".

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