Bay vs Philippot : les dirigeants du FN se renvoient la responsabilité de l’échec des législatives

Publié à 11h21, le 12 juin 2017 , Modifié à 20h49, le 12 juin 2017

Bay vs Philippot : les dirigeants du FN se renvoient la responsabilité de l’échec des législatives
A la gauche du ring : Nicolas Bay. A droite : Florian Philippot. © Montage AFP
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Victor Dhollande-Monnier

La déception est immense pour le Front national. Le parti de Marine Le Pen obtient 2.990.613 voix, soit 13,20% des suffrages exprimés, au premier tour des élections législatives. En perte de vitesse par rapport à la présidentielle, le parti d’extrême droite fait moins bien qu’aux législatives de 2012. Pour tenter d'expliquer ces mauvais résultats, les dirigeants du FN n’ont pas attendu longtemps avant de se tirer dans les pattes.

A vingt voix près, Nicolas Bay ne sera pas au second tour dans la 6e circonscription de Seine-Maritime. Le secrétaire général du parti assure lundi 12 juin dans Le Parisien qu'il faudra "analyser ce qui s'est passé". Et visiblement, il n’a pas cherché bien loin pour trouver le coupable idéal aux mauvais résultats du FN :

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Il est vrai que j’ai été le premier à regretter que certains aient fait entendre des voix discordantes au sein du parti au lieu de se concentrer sur la campagne des législatives. Après le second tour, nous allons pouvoir analyser ce qui s’est passé, ce qui a bien et moins bien fonctionné en 2017. Les prochains mois pourront être consacrés à élaborer une stratégie pour être plus rassembleurs, à s’interroger sur notre programme et sur notre organisation.

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Sans jamais le mentionner, Nicolas Bay vise directement Florian Philippot. Juste après la défaite à la présidentielle, le numéro deux du FN n’a pas hésité à mettre en balance son maintien dans la famille frontiste si la sortie de l’euro était abandonnée par la direction du parti. "Quand on change de convictions d’un coup, c’est inquiétant", a-t-il lancé en guise de nouvel avertissement, le 31 mai dernier. Il a aussi lancé une "association au sein du FN" nommée "Les Patriotes", pour mieux défendre ses idées. 

Invité d’Europe 1 ce lundi 12 juin, Florian Philippot ne se sent pas visé une seconde par les déclarations de Nicolas Bay :

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Ben non, moi je suis arrivé en tête dans ma circonscription [à lire ici, ndlr], je me sens visé en rien. Mais chacun a sa part de responsabilité et y compris ceux qui ont dirigé la campagne de ces législatives.

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A sa façon, Florian Philippot renvoie Nicolas Bay à son élimination dès le premier tour. Pour lui, tout le monde au FN "a sa part de responsabilité", "y compris ceux qui ont dirigé la campagne de ces législatives". Et devinez qui était le chef de file du parti d’extrême droite pour ce scrutin ? Nicolas Bay, bien évidemment.

Une attaque et une réplique immédiate qui donnent déjà le la du prochain grand rendez-vous du FN, le Congrès qui aura lieu courant 2018. 

Et cela s'est poursuivi dans la journée. Interrogé, en fin d'après-midi, sur sa responsabilité dans l'échec du FN, Florian Philippot a répété :

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- Florian Philippot : Si j'avais une responsabilité, je ne serais pas en tête dans ma circonscription. Moi je suis qualifié pour le second tour et je suis en tête



- Journaliste : Ce qui n'est pas le cas de Nicolas Bay, c'est ça ? 



- Florian Philippot : Oui. Enfin il a fait quand même une belle campagne, ce n'est pas pour comparer mais si c'était le cas, je l'aurais payé dans ma circonscription. 

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Bonne. Ambiance. Donc.

 

[EDIT 20h48] Ajout déclaration de Florian Philippot sur BFMTV



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