ÉDITO - PS : que faire face à Le Pen ?

Publié à 08h38, le 25 octobre 2015 , Modifié à 08h53, le 25 octobre 2015

ÉDITO -  PS : que faire face à Le Pen ?
© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Olivier Duhamel

ÉDITO - Notre éditorialiste revient sur le dilemme du PS dont Cambadélis ne veut pas entendre parler.

Disons-le tout de suite en préalable : les socialistes, à commencer par leur Premier secrétaire, ne peuvent évidemment pas parler aujourd'hui de ce qu'ils devraient faire s'ils se retrouvaient en troisième position face à Marine ou Marion Le Pen, ces dernières en situation de l'emporter. On ne commence pas une campagne en spéculant sur sa défaite.

Ajoutons, au risque de fâcher lesdits socialistes, que les journalistes, analystes, politistes, éditorialistes et autres ont eu le droit, sinon le devoir, de s'interroger sur une telle situation, plausible sinon probable dans le grand Nord comme dans le Sud-est.

Entre trois maux, il leur faudrait choisir le moindre. Étudions donc les trois hypothèses.

  • Se maintenir. Avantage : ils auraient des élus. Inconvénient : ils porteraient une part de responsabilité dans l'élection de Le Pen, fille ou petite-fille. Si l'on imagine le choc, en France et bien au-delà de nos frontières,  que constituerait la conquête du Nord-Pas-de-Calais-Picardie par la présidente du FN, et le tremplin que cela lui offrirait pour la suite, on peut considérer que l'inconvénient, plus que national, l'emporte sur l'avantage, bien régional.
  • Fusionner. Avantage : ils garderaient quelques élus. Inconvénient : le Front national aurait beau jeu de dénoncer la collusion LRPS, l'identité entre soi-disant droite et pseudo-gauche, la panique des tenants du "système". Là aussi, l'inconvénient, considérable pour la suite, l'emporte sur le petit avantage local.
  • Se retirer. Premier inconvénient : cela entraîne la perte de tout élu au Conseil régional. Deuxième inconvénient : cela ne garantit pas pour autant l'échec du FN. Mais premier avantage : cela réduit les chances de victoire de Le Pen. Même le sondage BVA, extrêmement positif pour le FN, ne donne sa chef qu'à 52% en cas de duel contre Xavier Bertrand. On peut supposer qu'au pied du mur, des électeurs feraient barrage. Deuxième avantage : quoi qu'il arrive, le PS ne porterait aucune responsabilité directe dans la conquête d'une région par l'extrême-droite. 

Conclusion. Que le PS ne puisse dire aujourd'hui ce qu'il ferait en en cas de risque d'une victoire FN, c'est une évidence. Qu'il doive cependant préparer cette hypothèse, c'est une autre évidence. Et que des trois maux, le retrait soit le moindre, on aimerait l'en convaincre.





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