EELV prépare une présidentielle sans "coûteux meeting" mais avec de "bonnes télés"

Publié à 15h37, le 25 juillet 2016 , Modifié à 16h38, le 25 juillet 2016

EELV prépare une présidentielle sans "coûteux meeting" mais avec de "bonnes télés"
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Etienne Girard

MONEY, MONEY, MONEY - Ceux qui prétendent que la situation financière d'Europe Écologie-Les Verts n'est pas très reluisante se trompent. Elle est critique. C'est en tout cas ce qui ressort d'une enquête sur les finances du parti écologiste publiée par Challenges, ce 24 juillet.

Confrontée à 3 millions d'euros de dettes, la formation politique dirigée par David Cormand va bientôt vendre son siège, surnommé la Chocolaterie pour avoir abrité une usine de chocolat au 19ème siècle, pour 2,9 millions d'euros. Ce qui ne suffira pas à éponger le passif et laisse entière la question du financement de la campagne présidentielle de 2017.

Les écologistes se dirigent donc vers une "petite" campagne présidentielle. Les hiérarques écolos auraient budgété... seulement 20.000 euros pour l'élection présidentielle. Difficile dans ces conditions de prétendre briller dans les urnes. Un appel aux dons devrait être lancé après la primaire interne d'EELV, en octobre. La somme obtenue viendra s'ajouter aux quelque 800.000 euros de frais pris en charge par l'État, comme le précise au Lab le trésorier Thierry Brochot sur Twitter. Ce qui permettra de réaliser une campagne modeste.

En conséquence, aucun grand meeting ne pourra être organisé. Mais pas de panique, les écologistes ont déjà théorisé cette campagne "low-cost". Pour le trésorier du parti, Thierry Brochot, EELV peut espérer prospérer grâce à de "bonnes télés" :

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Il n’y a pas d’étude sérieuse qui prouve la corrélation entre l’argent investi et le nombre de voix. Une bonne télé est parfois plus efficace qu’un coûteux meeting.

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Ce qui plaiderait pour le choix de Noël Mamère en tant que candidat d'EELV. En effet, quoi de mieux qu'un ex-présentateur télé pour crever le petit écran ? Seul hic, le député-maire de Bègles a fait savoir qu'il ne souhaitait pas passer par une primaire. Reste alors la possibilité d'un candidat décroissant pour mener cette campagne à moindre frais. 

Car EELV n'envisage pas pour autant de faire l'impasse sur cette élection, qui ne lui a vraiment réussi ces dix dernières années mais reste centrale dans la vie politique française. Selon David Cormand, les écolos auraient même de fortes ambitions pour cette échéance :

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Présenter un candidat est une décision politique. Nos ambitions sont très élevées, même si nos moyens sont limités.

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Cette situation financière critique découle à la fois de l'érosion du nombre d'élus écolos après le score catastrophique réalisé aux élections régionales de décembre 2015 et de la fuite de nombreux cadres, comme l'ex-secrétaire nationale Emmanuelle Cosse, devenue en février dernier ministre du Logement. En juin, l'ancienne militante d'Act Up a moqué l'élection interne d'EELV pour choisir son candidat pour 2017, prévue en octobre, en la présentant comme la "petite primaire" d'un "petit parti"

[Edit 16h32 ] Ajout de précisions du trésorier Thierry Brochot sur l'appel aux dons et le financement par l'État.

Du rab sur le Lab

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