Le multiplex du dimanche 28 mai avec Christian Jacob, Bernard Accoyer, Benjamin Griveaux et Raquel Garrido

Publié à 10h13, le 28 mai 2017 , Modifié à 16h01, le 28 mai 2017

Le multiplex du dimanche 28 mai avec Christian Jacob, Bernard Accoyer, Benjamin Griveaux et Raquel Garrido
© Montage via AFP

C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales. Avec, pour ce 28 mai, Christian Jacob au Grand Rendez-Vous Europe 1 / Les Échos / CNews, Bernard Accoyer sur BFM Politique, Benjamin Griveaux à Dimanche en politique, sur France 3 et Raquel Garrido au Brunch politique sur Sud Radio.

 

  • Christian Jacob

#Opprobre pour tous

La probité ? Mais quelle probité ? Christian Jacob décide d'attaquer le nouveau gouvernement sur le terrain judiciaire, notamment en s'en prenant à Richard Ferrand au sujet de l'enquête sur l'affaire immobilière, révélée par Le Canard Enchaîné et qui touche directement le ministre de la Cohésion des Territoires. Christian Jacob s'en prend aussi à François Bayrou, mis en examen pour diffamation et donc renvoyé – c'est la procédure – en correctionnelle.

L'ancien président du groupe LR à l'Assemblée nationale en profite pour remettre une pièce dans la machine du "Bayrougate", avançant que Corinne Lepage "écrit partout" que François Bayrou a "détourné des financements européen pour financer ses collaborateurs" – ce qui semble être un tout petit peu plus compliqué . Et puis soudain, Christian Jacob parle d'un fait qu'on ignorait. Il lance :

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On nous parle aussi d'emplois familiaux de ministres qui auraient eu des emplois familiaux (sic) dont la réalité du travail n'aurait pas été démontrée. Ça commence à faire beaucoup.

 

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Mais de qui parle donc Christian Jacob ? De Richard Ferrand qui a employé son fils comme assistant parlementaire quelques mois en 2014 ?

L'élu LR laisse en tout cas planer un doute, comme pour distiller l'idée que d'autres membres du gouvernement seraient concernés par des actes potentiellement délictueux. 

 

#Mois qu'un collaborateur

Edouard Philippe est le Premier ministre d'Emmanuel Macron . Mais pour Christian Jacob, il est moins que cela. L'ancien maire du Havre en prend pour son grade, ce dimanche, payant ainsi son choix de devenir chef du gouvernement, "un choix d'opportunité" pour Christian Jacob.

"Il est aujourd'hui l'otage d'un gouvernement, l'otage consentant, touché par le syndrome de Stockholm mais otage quand même. Il est otage d'un gouvernement qu'il n'a pas composé, d'une majorité qu'on lui demande de composer mais qu'il a combattue depuis 15 ans, et même de ses propres collaborateurs", assène l'élu LR. Qui poursuit :

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C'est la première fois, au Journal officiel, que des collaborateurs sont en commun avec le président de la République et le Premier ministre. Ça veut dire que contrairement à la phrase qui a été célèbre que le Premier ministre, en l'occurrence Édouard Philippe, ne serait pas le collaborateur du président de la République mais en réalité, le collaborateur des collaborateurs du président de la République.

 

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Ou comment minimiser l'importance d'Edouard Philippe. Plutôt sympa.  

  • Bernard Accoyer

#Escroquerie

Jusqu’où ira l’affaire Richard Ferrand ? Alors que Marine Le Pen et Jean-Christophe Cambadélis ont demandé la démission du ministre de la Cohésion des territoires à la suite des révélations du Canard Enchaîné sur une opération immobilière, Bernard Accoyer dénonce "une véritable escroquerie" avec enrichissement personnel ainsi qu'un "conflit d’intérêt" du ministre qui a cosigné, en 2012, une proposition de loi sur les mutuelles.

#PS will survive

Les partis traditionnels connaissent une année 2017 difficile avec l'émergence d'En marche et la victoire présidentielle d'Emmanuel Macron, dont la volonté est de recomposer le paysage politique. Quid alors de LR et du PS, tous deux éliminés dès le premier tour du scrutin élyséen ? Les deux partis sont tout autant divisés entre ceux qui veulent s'inscrire dans la majorité présidentielle et ceux qui veulent être dans l'opposition au chef de l'Etat et lui imposer une cohabitation. A l'instar de Jean-Christophe Cambadélis, Bernard Accoyer ne croit pas à la fin des partis. Et espère que LR, comme le PS, survivra à cet opus 2017. Il soutient ainsi son adversaire socialiste :

 

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Je ne souhaite pas que le PS disparaisse.

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A coup sûr, "Camba" espère lui aussi que LR ne disparaîtra pas. 

  • Benjamin Griveaux

#Tbt Malaysia Airlines

Emmanuel Macron va rencontrer Vladimir Poutine, lundi 29 mai, à Versailles . Durant la campagne, le candidat d'En Marche ! avait été virulent contre le président russe, critiquant notamment ses adversaires pour l'Élysée et leur "fascination délétère" . Lui Président, le ton change un peu, forcément. Un peu. C'est ce que défend Benjamin Griveaux.

Sauf que le porte-parole d'En Marche se mélange un peu les pinceaux et porte à l'adresse du Kremlin des accusations inattendues. Concernant les sujets qui vont être évoqués par les deux leaders à Versailles, il dit :

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Il est évident que la question de l'embargo qui a été pris à l'été 2014 suite à cet attentat contre un avion et suite aux positions russes sur la question ukrainienne, cette question-là pourra être débattue.

 

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Sauf que l'embargo russe n'a rien à voir avec l'attentat perpétré en juillet 2014 contre le vol 17 de la Malaysia Airlines. Cet embargo a été décidé au début de l'année 2014 pour sanctionner la Russie après l'annexion de la Crimée.

Surtout, l'attentat contre le vol Amsterdam- Kuala Lumpur n'est pas imputable à Moscou. Si le missile qui a frappé le Boeing 777 est, selon l'enquête néerlandaise, d'origine russe, les forces ukrainiennes et les séparatistes pro-russes ont été suspectés d'avoir abattu l'avion. Mais en aucun cas Moscou.

  • Raquel Garrido

#Respectez les morts

Interrogée d’emblée sur la tombe du général de Gaulle qui a été vandalisée en pleine journée nationale de la Résistance, Raquel Garrido en a profité pour faire une petite digression pour s’en prendre au Monde magazine. Notamment à propos des obsèques de l’ancien dirigeant du Front de gauche François Delapierre. Elle dit :

 

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Je veux faire un petit rappel à l’ordre au magazine Le Monde 2 (sic) qui publie un portrait de Jean-Luc Mélenchon dans lequel ils font parler anonymement un grand courageux qui parle des obsèques de François Delapierre, qui était dirigeant avant sa mort de ce qui allait devenir la France insoumise, en disant que c‘était le signe d’un groupe sectaire. Faire parler un homme politique de façon anonyme pour entacher la mémoire des obsèques de François Delapierre, j’ai trouvé ça honteux.

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Le rapport avec le vandalisme autour de la tombe du général de Gaulle ? Le respect aux morts. "Pardonnez-moi d’avoir ouvert cette parenthèse vu que vous me questionnez sur la mémoire et les égards dus aux morts. Eh bien je pense que François Delapierre, ses camarades, sa famille, méritent plus que ça", poursuit la porte-parole de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Avant de conclure :

 

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Et le général de Gaulle également, bien entendu.

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#Ferrand, l’avant-gardiste

Avocate de Jean-Luc Mélenchon, en plus d’être porte-parole de la France insoumise, Raquel Garrido explique, interrogée sur l’affaire Ferrand, que son travail, "c’est de faire confiance à la justice". Dès lors que le Parquet national financier ainsi que le parquet de Brest ont décidé de ne pas ouvrir d’enquête, Raquel Garrido estime qu’elle ne veut pas traiter cette affaire "sous l’angle judiciaire" mais sous l’angle moral. "Il me semble qu’avec les informations que nous détenons, il y a de quoi se faire une opinion. Je constate qu’il s’agit d’un bon coup immobilier. C’est de l’argent facile", commence-t-elle, avant de poursuivre, dénonçant "une oligarchie" :

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Monsieur Ferrand, son épouse, ont eu accès facilement à un prêt bancaire. Quand on connait la difficulté d’accès aux prêts bancaires pour la majorité des petites entreprises, des petits commerçants… voilà vous avez des gens, ils sont entre eux. Le problème moral, il est là. Il y en a qui se gavent avec leurs petits réseaux, c’est une oligarchie.

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Surtout, cette affaire est pour elle révélatrice de "l’idéologie promue par le président de la République", rappelant la sortie polémique d’Emmanuel Macron sur les jeunes Français qui devraient avoir envie de devenir milliardaires :

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Ce monde-là n’est pas illégal. La morale est que vous avez un président de la République qui a dit "je pense que les Français doivent rêver d’être millionnaires". Bah Ferrand, il a anticipé.

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Si elle ne demande pas la démission du ministre de la Cohésion des territoires, elle compte sur les législatives des 11 et 18 juin pour sanctionner dans les urnes Richard Ferrand et plus largement la "majorité présidentielle" d’Emmanuel Macron.

 

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