Le multiplex politique du 26 avril avec Pécresse, Ciotti et Larcher

Publié à 17h41, le 26 avril 2015 , Modifié à 20h51, le 26 avril 2015

Le multiplex politique du 26 avril avec Pécresse, Ciotti et Larcher
Éric Ciotti, Valérie Pécresse et Gérard Larcher © Montage Le Lab via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - Au programme des interviews dominicales de ce 26 avril avril, Éric Ciotti dans C politique sur France 5, Valérie Pécresse dans BFM politique sur BFMTV/Le Point/RMC et Gérard Larcher dans Tous politiques sur France Inter/Le Parisien/France 3.

Comme chaque dimanche, le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose ses morceaux choisis au fur et à mesure de la soirée.

>> Éric Ciotti dans C politique



# Ni-ni (pour le moment)

Nicolas Sarkozy ou François Fillon ? Pour le député UMP des Alpes-Maritimes, le moment n'est pas encore venu de déclarer à qui ira son soutien pour la primaire de la droite de 2016. Proche de l'ancien Premier ministre mais soucieux d'entretenir de bonnes relations avec le président de l'UMP, Éric Ciotti joue les équilibristes.

"J'ai un long parcours à la fois avec Nicolas Sarkozy, [...] je l'ai suivi dans tous ses moments d'ascension ou les moments où il était plus seul, dit-il. [...] J'ai cette fidélité." Dans le même temps, il rappelle son soutien à François Fillon au moment de l'élection à la présidence de l'UMP face à Jean-François Copé, en 2012 : "J'ai aujourd'hui cet engagement issu de la campagne pour l'UMP avec François Fillon, j'ai beaucoup travaillé avec lui sur le débat d'idées".

S'il ne prend pas encore position, c'est parce qu'à son sens, "on n'est pas totalement" dans "le temps de la primaire" :

 

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J'attends que nous soyons dans le temps de la primaire, où tous les candidats se seront prononcés. Aujourd'hui, ce n'est pas le moment [...] C'est pas pour me défausser...

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Il "déplore" par ailleurs les "tensions" entre ces deux poids lourds de sa "famille politique".

# Rien de personnel contre Taubira

Éric Ciotti le répète : la politique pénale de la ministre de la justice, Christiane Taubira, "est dangereuse". Samedi 25 avril, il a affirmé que ladite politique "menace la République". Sur France 5, il estime que "l'idéologie dangereuse" de Christiane Taubira est "isolée au gouvernement". Mais attention, il n'a absolument aucun problème personnel avec la garde des Sceaux. "J'ai du respect pour ce que représente madame Taubira, là n'est pas le problème, assure-t-il. On a des relations courtoises, on débat courtoisement dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, mais sa politique est dangereuse". 

Et pour bien montrer qu'il n'y a là rien de personnel, il assure que si la même politique était incarnée par un(e) autre ministre, il dirait tout pareil : 

 

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Si demain, un autre garde des Sceaux la remplace, j'aurais très exactement la même attitude.

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>> Valérie Pécresse dans BFM Politique



# Omerta à L'UMP

"On doit faire le bilan de ce que nous avons fait et de ce que nous n'avons pas fait", affirme Valérie Pécresse. En campagne pour les régionales de décembre en Ile-de-France, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy réclame un "inventaire" du quinquennat de ce dernier et dénonce "une omerta" à ce sujet dans les rangs de l'UMP :

 

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Bien entendu, chacun doit faire son inventaire et l'inventaire de ses erreurs. Moi je ne crois pas que nous gagnerons la présidentielle de 2017 si nous ne faisons pas l'inventaire. [...] Mais aujourd'hui, il y a encore une forme d'omerta à droite sur cette question d'inventaire, et moi je crois qu'on doit le faire. On doit le faire parce qu'on doit identifier les points de blocage des réformes. Et les points de blocage sont très forts.

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Valérie Pécresse affirme d'ailleurs que Nicolas Sarkozy sera "obligé de le faire" :

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Nicolas Sarkozy ne pourra pas réussir s'il ne le fait pas lui-même et je pense, comme c'est un fin politique, qu'il le fera. Il est obligé de le faire.

 

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Cette idée d'"omerta" a en tous cas bien fait rigoler Ian Brossat, adjoint (PCF) à la mairie de Paris, en charge du Logement :

# Papa Chirac

En pleine "Hillarymania", elle avait dénoté en expliquant qu'Hillary Clinton n'était "pas [son] modèle", notamment parce que, disait-elle, "elle n'a pas encore exercé de vraies responsabilités." À l'inverse, elle disait : "Mon vrai modèle, c'est Angela Merkel, car moi ce que j'aime c'est les femmes qui font. Et c'est celles que j'admire le plus."

Ce 26 avril, elle réitère son éloge de la chancelière allemande - dont elle dit par ailleurs, sans que l'on comprenne trop pourquoi, qu'"elle est pas glamour, elle est pas belle". Mais Valérie Pécresse sort un autre "modèle" de son chapeau : Jacques Chirac. Elle explique que c'est l’appétence pour le terrain et les rencontres humaines qui l'inspirent encore aujourd'hui, glissant au passage que l'ancien président de la République est en quelque sorte une figure paternelle pour elle :

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Mon modèle de campagne, c'est plutôt Jacques Chirac. Jacques Chirac de 94. On se refait pas, on ne renie pas ses parents. Il avait théorisé l'idée de cette rencontre, de prendre le temps. Et croyez-moi si vous le voulez, mais les Franciliens sont très sensibles au fait qu'on prenne le temps.



Voir des hommes politiques sur le terrain ça leur fait du bien. Longtemps avant l'élection, ça leur fait du bien. Après, ils nous disent 'on veut vous revoir après'. Mais qu'ils comptent sur moi pour revenir.

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# "Affect-tueuse"

Contrairement à Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse ne se considère pas comme "une tueuse". Elle l'explique par un jeu de mots très mignon :

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Moi je ne suis pas une tueuse, moi je suis une affectueuse. Et ça marche très très bien.

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Elle enchaîne sur le besoin d'amour des Français :

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Les Français ont besoin d'affect, ils ont besoin qu'on les aime et ils ont surtout besoin de preuves d'amour. Et d'ailleurs ils aiment pas trop les déclarations d'amour sans preuve d'amour. Et moi je pense qu'on peut remettre un peu d'affection dans la politique.

 

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Alors voilà, on n'osait pas trop jusqu'ici mais après un tel plaidoyer, on vous le dit : chers Français, on vous aime.

>> Gérard Larcher dans Tous politiques



# Gaffe avec ces histoires de "cinquième colonne"

Christian Estrosi l'a répété ce dimanche : il y a en France, selon le député-maire UMP de Nice, des "cinquièmes colonnes" de "l'islamo-fascisme" qui "menacent la civilisation judéo-chrétienne". Et cette façon d'analyser la question du terrorisme et de l'islamisme ne plaît pas du tout à Gérard Larcher. Le président UMP du Sénat explique :

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La théorie de la 'cinquième colonne', ce n'est pas ma théorie. On l'a utilisée à une autre époque et ça nous a conduits tout simplement à constater la faiblesse d'un certain nombre de militaires et de décisions politiques. Souvenez-vous, en 40, c'était 'la cinquième colonne'. Et je ne mets pas derrière une religion, quelle qu'elle soit, le vocable 'fasciste'. Il y a une vision de l'islam qui est une vision fidèle sans doute au message du Coran, qui est plutôt une vision d'amour qu'une vision de haine.



[...] Le mot 'fasciste' me choque parce qu'il faut pas le balancer n'importe comment. Ça correspond à des choses bien précises, dans l'histoire et dans l'approche politique.

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"Ce que je peux partager avec Christian Estrosi, a cependant tenu à ajouter Gérard Larcher, c'est l'importance de lutter contre cette violence, de lutter contre le terrorisme, de lutter contre la haine". Et s'il "ne croit pas" qu'il y ait une "cinquième colonne" islamiste en France, l'élu des Yvelines n'en pense pas moins qu'"il y a un sujet à traiter quand même, qui est ces très nombreux jeunes et moins jeunes partis faire le djihad et qui vont revenir. Et il faut vraiment que nous traitions ça avec beaucoup de responsabilité, beaucoup d'exigence et beaucoup de détermination."

# Règlement de comptes

L'UMP est vent debout contre les récents propos de François Hollande qui, après de nouveaux naufrages dramatiques et des centaines de migrants morts en Méditerranée, a dit vouloir "réparer les erreurs du passé" en Libye. Une critique très claire de l'action de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. L'opposition est tellement révoltée que certains font de grosses boulettes en voulant dénoncer cette sortie du chef de l'État.

Ce dimanche soir, Éric Ciotti a fustigé des propos "scandaleux" ; Valérie Pécresse, de son côté, a jugé "minable" ce commentaire de François Hollande. Gérard Larcher, lui, estime qu'il s'agit d'un "règlement de comptes". Il dit :

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J'avoue que le débat entre le président de la République et Nicolas Sarkozy ne m'apparaît pas à la hauteur de l'enjeu. Pendant qu'il y a des centaines d'hommes et de femmes qui sont en train de se noyer en Méditerranée, on est en train d'essayer de régler des comptes sur le passé.

 

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Le président du Sénat considère également que la faute n'est pas à rechercher uniquement dans la participation de la France à l'opération militaire contre le régime de Mouammar Kadhafi, qui aurait déstabilisé la région. "Ce qui s'est passé, c'est l'incapacité aussi des Libyens à se retrouver autour d'un gouvernement de transition", dit-il.

Quant à Éric Ciotti, il rétorque à François Hollande que c'est son gouvernement qui aurait dû "conduire la transition démocratique en Libye" :

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