Le multiplex politique du dimanche 27 janvier

Publié à 18h09, le 27 janvier 2013 , Modifié à 22h16, le 27 janvier 2013

Le multiplex politique du dimanche 27 janvier
montage via Maxppp et images France 5

MULTIPLEX POLITIQUE - Au programme des interviews dominicales du 27 janvier, Jean-François Copé sur France 5, Dominique Bertinotti et Henri Guaino sur BFMTV, Luc Chatel sur France Inter, Claude Bartolone sur RFI et Christiane Taubira sur RTL.

Le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose des "morceaux choisis" au fur et à mesure de la soirée.

>> Jean-François Copé dans C politique, sur France 5

(images France 5)

> Le point guerre à l'UMP

Oui, "la page est tournée", mais Jean-François Copé ne se prive pas de décocher une petite flèche à l'encontre de ses adversaires d'hier, ceux de l'équipe Fillon, et même François Fillon himself, sans les nommer :

J’ai vu moi durant cette crise, durant laquelle mon obsession était de tenir la cohésion, des hommes et des femmes qui avaient exercé des responsabilités gouvernementales très importantes, perdre là le sens commun.

Et Jean-François Copé de se féliciter de ne pas avoir organisé immédiatement de nouvelles élections, comme le demandait le camp Fillon :

A ceux qui disaient : "Vite, vite, organisons une élection. Décapitons ceux qui sont là..." En pleine guerre au Mali, en pleine opposition au mariage pour tous, imaginez si l'UMP avait dû repartir en élections maintenant, pour céder à quelqu’uns !

Heureusement que la sagesse l’a emporté, que nous avons tourné la page.

> Manifestations : la guerre des chiffres

Après la manifestation de la journée des pro-mariage pour tous, Jean-François Copé sous-entend que le gouvernement a préféré taire les chiffres, qu'il pressent mauvais :

Le 13 janvier [lors de la manif des antis, ndlr], à 18h, nous avions déjà beaucoup de chiffres, ceux de la préfecture, annoncés dès 10h du matin, avant que la manifestation commence d'ailleurs ! La vérité c'est qu’il y avait vraiment beaucoup de monde : 700 ou 800 000 personnes.

Notons que peu après 18h, l'AFP a donné les chiffres indiqués par la police: 125.000 participants ce 27 janvier. Selon les organisateurs, ils étaient 400.000.

La police avait parlé de 340.000 personnes le 13 janvier, après la manifestation des antis, contre 800.000 selon les organisateurs.

Le président de l'UMP estime que le gouvernement a "pris de haut" les manifestants du 13 janvier : "L’Elysée a parlé de mobilisation "consistante", j’ai trouvé ce terme méprisant."

> Le désaveu des Jeunes Pop de Haute-Garonne

Un jeune homosexuel torse nu, la corde autour du cou, surmonté des mots "Tu ne seras pas une pédale mon fils", c'est le montage polémique diffusé par les Jeunes populaires de Haute-Garonne début janvier pour illustrer un article.

Samedi, leur représentant s'est excusé pour un "malentendu", expliquant que l'article en question - supprimé depuis mais dont le Huffington Post a retrouvé la trace - visait au contraire à alerter sur les conséquences de l'homophobie. Et qu'il s'agissait d'une photo choc "à l'instar des campagnes violentes pour la sécurité routière".

Malgré ces explications, Jean-François a condamné l'initiative de ces jeunes militants :

Je n’ai appris l’existence de cela qu’en fin d’après-midi, je suis évidemment indigné de cette affiche stupide et je la condamne totalement, bien sûr.

> Et la présidentielle ?

Si son adversaire pour l'UMP, François Fillon, ne s'en est jamais caché, Jean-François Copé a quant à lui toujours tenté pendant la campagne de montrer que la présidence de la République en 2017 ne l'intéressait pas. Changement de discours ce 27 janvier. "Vous n'y pensez plus ?", lui demande la journaliste. Réponse bien plus nuancée que d'habitude de la part du président de l'UMP :

Je ne dis pas ça, mais je suis dans le quotidien de ma tache. Il s’agit d’animer une famille politique qui a souffert pour proposer un vrai projet alternatif.

Caroline Roux relance : "Vous gardez une ambition pour vous-même ? Ce n'est pas grave ..." Et Jean-François Copé de répondre :

Comme vous dites, ce n’est pas grave !

>> Henri Guaino sur BFMTV

Avant l'interview de Dominique Bertinotti, c'est Henri Guaino, grand opposant au mariage pour tous, qui a ouvert le bal sur BFMTV.

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(images BFMTV)

> Le point élément de langage

Pour convaincre qu'il n'est pas indifférent au sort des enfants de couples homosexuels, Henri Guaino raconte régulièrement un élément de son enfance : né de père inconnu, il a lui-même été élevé par deux femmes. Sa mère et sa grand mère. Pas grand chose à voir avec un couple gay, mais Henri Guaino l'utilise comme argument :

Ce débat oblige chacun à dévoiler sa propre expérience. Moi, j’ai été élevé par deux femmes, ma mère et ma grand-mère, à la fin des années 50. J’ai été élevé avec beaucoup d’amour et j’ai été très heureux. Il m’a quand même manqué quelque chose.

Je n’ai jamais pensé que cette famille qui était la mienne pouvait devenir une institution.

Une histoire qui a fait réagir Cécile Duflot devant son poste :

 

>> Dominique Bertinotti sur BFMTV

Le jour de la grande manifestation des pro-mariage gay, la ministre de la Famille est venue défendre sa loi.

<img src="http://i.imgur.com/TUeebhS.jpg" alt="" width="500" />

(images BFMTV)

> Ne plus parler de "liberté de conscience"

Fin novembre, François Hollande évoquait la "liberté de conscience" des maires qui ne voudraient pas célébrer des mariages homosexuels avant de retirer ses propos. Après la polémique née de cette sortie, plus question pour le gouvernement de laisser entendre que des maires pourraient faire comme ils l'entendent.

Lorsqu'on lui parle de ces "cas" de réfractaires, Dominique Bertinotti préfère croire qu'ils changeront d'avis après le vote de la loi :

Je mets en garde ceux qui font aujourd’hui des déclarations tonitruantes et vous verrez qu’il appliqueront la loi, je leur fais confiance.

Et dans les cas de conseilleurs municipaux entiers qui refuseraient de tels mariages ?

Nous verrons, ces situations-là sont prévues par la loi et seront traitées par la loi. J’appelle à la pondération, à la mesure, il y a des effets de manche aujourd’hui, je pense qu’il y aura d’autres réalités demain.

>> Le rôle du Comité consultatif national d'éthique

François Hollande a décidé de saisir à titre consultatif le Comité national d'éthique (CCNE) sur l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, question qui sera abordée lors de la présentation du projet de loi sur la Famille en mars. Quelles seront les conséquences de l'avis rendu par ce comité ? Dominique Bertinotti préfère rester vague, très vague :

On verra bien à ce moment-là. Il est consulté, attendons son avis. Il peut dire non, il peut dire oui. Ce qui est intéressant, aujourd’hui, c'est que la PMA existe et est légale en France pour des couples stériles et qui ont des maladies génétiques rares.

On verra bien ce que le comité national d’éthique dira [pour ce qui est de l’élargir, ndlr].

La ministre ne précise pas si l'éventuel refus du comité aura une incidence sur la présence de la PMA dans le texte de mars ou sur les conditions de son élargissement aux couples de femmes.

>> Le débat Dominique Bertinotti / Henri Guaino

(images BFMTV)

> La ministre pointe l'absentéisme du député

Henri Guaino réclamant un vrai débat sur le mariage pour tous, Dominique Bertinotti lui a rappelé qu'il était absent lors des débats en commissions :

Vos collègues députés UMP étaient présents à la Commission des Lois, nous avons pu discuter de tout. Nous avons passé 18 heures ensemble. Vous, vous vous êtes levé, vous êtes parti de la commission des affaires sociales et on ne vous a pas vu à la commission des lois.

Ce à quoi le député des Yvelines a expliqué qu'il s'agissait d'une question de principe :

Nous avons participé à la discussion générale, participé à la discussion de l’article 1, nous avons proposé de discuter de l’alliance civile, et à partir du moment où nos collègues de la majorité ne voulaient discuter que de leur texte et que nous considérons que le Parlement n’est pas légitime pour trancher, nous sommes sortis.

> La PMA entrainera-t-elle la GPA ?

On le sait, le gouvernement tient à éviter toute parallèle entre PMA et GPA et François Hollande est fermement opposé à cette dernière. Pour Henri Guaino cependant, l'autorisation de l'un entrainera obligatoirement la légalisation de l'autre par principe d'égalité entre couples de femmes et couples d'hommes :

Si vous donnez aux couples de femmes le droit d’avoir des enfants par des moyens médicaux, scientifiques ou techniques, vous ne pourrez pas le refuser au couple d’hommes.

Face à cet argument, la ministre de la Famille assure que François Hollande respectera son engagement et tente de torpiller l'argument de l'égalité :

Aujourd’hui, l’égalité n’existe pas puisque les couples hétérosexuels n’ont pas le droit à la GPA, puisque la GPA est interdite. (...) Arrêtons de susciter des peurs, des angoisses ...

Mais Henri Guaino n'en démord pas : "Une fois que vous avez ouvert la porte, vous ne pouvez plus la refermer."

>> Christiane Taubira dans Le Grand Jury sur RTL

La ministre de la Justice est elle-aussi venu défendre le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels.

(Christiane Taubira en septembre 2012 sur RTL)

> Point gourmandise

Alors que le débat à l'Assemblée débutera mardi 29 janvier sur le texte du mariage pour tous, Christiane Taubira s'est dit "sereine". Les opposants au mariage ne sont pas si farouches, la preuve :

Le climat pendant les travaux de la commission des lois était cordial, il y a même eu un moment un échange de chocolats.

Plus sérieusement, la ministre de la Justice ne s'emporte même pas contre les 5.300 amendements déposés par l'opposition. Même s'il s'agit d'"obstruction", elle concède que "cela fait partie du jeu parlementaire".

> La mise au point sur les mots "père" et "mère"

C'est l'un des grands arguments de l'opposition contre le mariage pour tous: la disparition du code civil et du livret de famille des mots "mère" et "mère" au profit de "parent 1" et "parent 2".

La ministre a mis les choses au clair ce 27 janvier. Concernant le code civil, "père et mère ne disparaissent pas complètement" :

Dans le code civil, il y a les dispositions concernant le mariage et celles concernant la filiation et la filiation adoptive. Pour la filiation, qui ne va concerner que les couples homosexuels, rien ne bouge, pas une virgule.(...)

Pour la filiation adoptive, qui va concerner les couples homosexuels, nous tirons les conséquences de la réforme et nous modifions à chaque fois que c’est nécessaire.

Concernant le livret de famille, "il y aura trois options de livret de famille" :

Pour les couples hétérosexuels, les livrets de famille ne bougeront pas.

Pour les couples homosexuels, il y aura deux situations: lorsqu'un membre a une relation biologique avec l'enfant, il apparaitra comme père ou mère de l’enfant et le conjoint qui peut adopter apparaitra comme le deuxième parent.

Pour les couples qui feront une adoption plénière ou simple, ils auront un livret de famille adapté. L’arbitrage n’est pas encore donné sur cette dernière option.

> Le dossier de l'amiante et Martine Aubry

Sur un tout autre sujet, Christiane Taubira a assuré que le changement de fonctions prévu de la juge chargée du dossier de l'amiante, Marie-Odile Bertella-Geffroy n'avait "strictement rien à voir avec Martine Aubry".

La magistrat du pôle de santé publique du TGI de Paris doit quitter ses fonctions fins février car cela fait dix ans qu'elle occupe ce poste. Ce qui lui retirerait le dossier de l'amiante dans lequel Martine Aubry est poursuivie.

Christiane Taubira insiste :

J'ai prévu d'appeler Madame Bertella-Geffroy pour qu'il n'y ait pas d’ambiguïté, pour qu'elle comprenne bien que je suis la procédure qui s'impose à moi. Elle a atteint dix ans sur ce poste là. C'est obligatoire, ce n'est pas ma fantaisie.

>> Luc Chatel dans Tous politiques sur France Inter 

<img src="http://i.imgur.com/fCKue0F.jpg" alt="" width="500" />

(images Radio France - Anne Audigier)

> Tout va très bien à l'UMP

C'est difficile à croire, mais tout va bien. Tel était le message de Luc Chatel, pro-Copé dans la bataille pour l'UMP, ce dimanche. Depuis l'accord entre les deux partis, "il y a une vraie volonté de travailler ensemble", assure-t-il :

Je pense que c’est en bonne voie, je ne vous fais pas de l’intox.

J’étais content mi-décembre de constater qu’un accord était intervenu et forcément un peu inquietde voir comment on pourrait se réconcilier rapidement.

J’ai été frappé de voir deux choses : sur le terrain, les militants ont engrangé cet accord et se tournent vers l'avenir, ils n’oublient pas mais ils ont changé de séquence.

A l’UMP, il y a une vraie volonté de travailler ensemble, on n’oublie pas ce qui s’est passé, on sait qu’il y aura d’autres rendez-vous mais on travaille ensemble.

Du rab sur le Lab

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