Le multiplex politique du dimanche 5 février avec Collomb, Raffarin, Royal, Bayrou et Ciotti

Publié à 09h40, le 05 février 2017 , Modifié à 19h49, le 05 février 2017

Le multiplex politique du dimanche 5 février avec Collomb, Raffarin, Royal, Bayrou et Ciotti
© Montage Le Lab via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 5 février : Gérard Collomb et Marion Maréchal-Le Pen au Grand Rendez-Vous (Europe 1 / Les Échos / iTélé), Jean-Pierre Raffarin dans Puchline (C8), Ségolène Royal dans Dimanche en politique (France 3), François Bayrou dans Le Grand Jury (RTL / Le Figaro / LCI) et Éric Ciotti dans BFM Politique (BFMTV / Le Parisien Aujourd'hui en France / RMC).





  • Gérard Collomb

# Le cumul, c'est fini

Il figure au rang des cumulards les plus connus (et les plus assumés) de France. Sénateur-maire de Lyon mais aussi président de la Métropole de Lyon, Gérard Collomb fait pourtant très activement campagne pour Emmanuel Macron, qui non seulement est pour le non-cumul tel que voté sous le quinquennat Hollande, mais aussi pour le non-cumul dans le temps. Mais cette contradiction va bientôt cesser puisque, comme il l'annonce ce dimanche, gérard Collomb a fait son choix et abandonnera son mandat de sénateur pour se consacrer à celui de maire. Il dit :

Oui j'ai fait un choix : je serai maire de Lyon, moi je reste au niveau local, j'aime ma ville.





  • Marion Maréchal-Le Pen 

# Macron is the new Sarko

"C'est vrai qu'il y a un phénomène politique autour d'Emmanuel Macron qui est presque inexplicable, d'une certaine manière." Attendez une minute, Marion Maréchal-Le Pen serait-elle en train de dire du bien, ou quelque chose d'approchant, à propos d'Emmanuel Macron ? Le "monsieur système" vilipendé par le FN depuis des mois ? Non rassurez-vous, car la députée frontiste enchaîne aussitôt par une comparaison avec Nicolas Sarkozy, ce qui n'est évidemment pas un compliment venant d'elle :

C'est vrai qu'il y a un engouement, on le voit dans ses meetings, après est-ce que l'affluence dans les meetings fait la réussite d'une élection ? Je pense que Nicolas Sarkozy aura été la démonstration que c'est pas quelque chose d'automatique. Y'avait quand même énormément d'affluence dans les meetings de Nicolas Sarkozy aux primaires [SIC] et il est arrivé troisième.

Ou comment prédire à l'ancien ministre de l'Économie une élimination au premier tour. Et si elle se dit "troublée" par ce "phénomène", cela n'est toujours pas positif. Elle dit : "Oui je suis troublée parce que je dois dire que la capacité de ce candidat, qui objectivement, entre nous, est quand même assez mauvais orateur, qui construit autour du vide programmatique, porté par une espèce d'aura médiatique... C'est un produit marketing." Quant à la "curiosité indéniable" qu'elle constate autour du leader d'En Marche !, elle est surtout le fait des médias : "Dès que monsieur Macron tousse, on a tout de suite trois articles pour expliquer que la toux de monsieur Macron est extraordinaire." Et de conclure sa saillie :

Qu'il ait du talent, c'est certain puisque pour susciter l'émulation autour du vide, il faut quand même un certain talent [rire].

# Five more years

En cas de défaite à la présidentielle, Marine Le Pen devrait-elle "se retirer de la vie politique", selon l'expression consacrée, et laisser la place à sa nièce ? "Ah non je crois pas du tout, c'est absolument pas ni mon souhait, ni celui des adhérents et militants de notre mouvement", rétorque sans hésiter Marion Maréchal-Le Pen. "Marine Le Pen est encore une jeune femme politique, je crois qu'elle a toute sa légitimité et qu'elle continuera le combat", dit-elle.

Elle explique que même dans cette hypothèse de défaite (qu'elle considère dans un sourire "totalement impossible"), la patronne du parti d'extrême droite aurait toute légitimité pour rester en poste et viser une nouvelle candidature en 2022 :

Ce qui est certain, c'est qu'objectivement aujourd'hui, elle fait l'unanimité dans le mouvement et il n'y a aucune raison qu'elle ne conserve pas cette place-là. Vous aurez l'occasion de constater sa notoriété au sein de notre mouvement au moment du Congrès. Puisque nous, nous ne faisons pas de primaire, le candidat à la présidentielle est déterminé au moment de l'élection du président du parti, au moment du Congrès. Vous aurez l'occasion de constater que Marine Le Pen aura, à mon avis et très certainement, encore toute sa place en tant que présidente du parti.

Une déclaration à archiver, tant il se dit que tout autre résultat qu'une victoire en mai prochain signerait l'échec de la ligne prônée par Florian Philippot et en de nombreux points opposée à celle... de Marion Maréchal-Le Pen, qui pourrait alors tenter une OPA sur le parti.





  • François Bayrou

# The is no alternative

Pour François Bayrou, c'est très clair : François Fillon ne peut pas rester candidat à la présidentielle, pour cause de Penelope Gate. Lui qui avait déjà lourdement attaqué le candidat LR il y a quelques jours en remet une couche ce dimanche :

Les Français pensent, et je pense comme eux, qu'il n'a pas d'autre solution que celle-là, pour retrouver un débat qui soit à la hauteur. 

Quant aux "arguments de droit" qui sont avancés par le camp Fillon, le patron du MoDem estime que "la justice dira ce qu'il en est" pour répondre à la question : "Y'a-t-il eu atteinte au droit ?" En attendant, lui répond :

Y'a une chose que tous les Français savent, c'est qu'il y a eu atteinte à la décence

"La situation dans laquelle il se trouve rend évidemment impossible un accord", a encore affirmé François Bayrou, qui ne dit toujours pas s'il est candidat (ou non) à la présidentielle.

# "Salut public"

Et s'il n'annonce pas encore ses intentions, c'est parce qu'il reste l'hypothèse Juppé. Car le nom du maire de Bordeaux est évidemment évoqué comme un possible remplaçant à François Fillon. Selon François Bayrou, cette (nouvelle) candidature Juppé serait rien de moins qu'une "démarche de salut public" :

Le retour d'Alain Juppé est sa décision et d'abord et en premier lieu, elle doit être la décision de ceux qui trouveraient ou penseraient, jugeraient, que dans les circonstances où nous sommes, il faut une démarche... je vais la qualifier : de salut public. Ça n'est plus une démarche d'un camp contre un autre. La situation du pays aujourd'hui, ça n'est pas celle-là, c'est une situation de très grande inquiétude, dans laquelle un très grand nombre de citoyens, au-delà des camps, ont besoin d'être rassurés, ont besoin de rassurance.

"Si cette décision était prise, je soutiendrais Alain Juppé", a encore affirmé l'ancien candidat à la présidentielle. 





  • Ségolène Royal

# Warning

La numéro 3 du gouvernement fait partie de ces ministres de premier plan qui n'étaient pas présents pour la cérémonie d'investiture de Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle, dimanche à Paris. Elle qui se montre très proche d'Emmanuel Macron se ménage toujours l'espace pour soutenir l'un ou l'autre plus tard : "La campagne va durer, on verra. Si je peux être utile dans le débat présidentiel avec tel ou tel candidat, je le ferai volontiers. Mais en même temps, il faut laisser aussi chaque candidat déployer sa méthodologie de campagne."

Mais Ségolène Royal confirme tout de même avoir reçu Benoît Hamon pour "lui donner les conseils qu'il souhaitait avoir de [sa] part]", et lui avoir à cette occasion dit de "se méfier de l'appareil socialiste". Elle détaille :

- Ségolène Royal : Ça c'est vrai. Se méfier au sens où il ne faut pas se renfermer sur le Parti socialiste. C'est toujours une tendance d'une organisation, de mettre la tutelle sur un candidat. Un candidat, dès lors qu'il a été désigné dans une primaire, ce sont les électeurs qui ont donné l'investiture et maintenant il faut qu'il se tourne vers le pays.



- Journaliste : Et donc il ne doit pas être l'otage du PS ?



- Ségolène Royal : Voilà mais je crois d'ailleurs que c'est pas le cas, vu la façon très bonne dont il a organisé cette cérémonie d'investiture.

Notez qu'elle parle d'expérience, elle qui a vu une campagne très dure après sa désignation par la primaire socialiste de 2006, la plupart de ses plus éminents *camarades* n'hésitant pas à lui tirer dans les pattes. Et il y a quelques mois, elle avait donné exactement le même conseil à... Emmanuel Macron.

# Le revenu universel c'est très très bien

Ségolène Royal s'est également fendue d'une jolie défense du revenu universel, mesure phare de Benoît Hamon dont les autres principaux candidats à la primaire avaient fait un angle d'attaque majeur, tout comme Emmanuel Macron encore pas plus tard que samedi, en meeting. La ministre de l'Environnement peste contre ces "attaques injustes" et considère que s'il reste des "ambiguïtés" à "lever" dans ce dispositif, celui-ci "peut être une piste" qu'il ne faut "pas rejeter" :

- Ségolène Royal : Je trouve que cette idée a été injustement caricaturée. D'éminents économistes ont démontré qu'il ne s'agissait pas de la remise en cause de la société du travail, que ça n'était pas un outil de découragement du travail, c'est un symbole qui souligne au contraire la nécessité de sécuriser les salariés [...]. Je pense que l'idée est intéressante, que les ambiguïtés doivent être levées, que les attaques injustes qui ont été dirigées contre le revenu universel...



- Journaliste : Par Manuel Valls, sous-entendu...



- Ségolène Royal : Oui, par d'autres aussi, à savoir que c'était la société de l'assistanat, ça n'est pas du tout cela.

"C'est une idée de dignité de la relation" de travail, a-t-elle encore fait valoir. Et de conclure : "Ça peut être une piste qu'il faut clarifier, qui n'est pas la caricature qui en a été faite et qui n'est pas à rejeter."

 





  • Jean-Pierre Raffarin

# Les doutes sur la primaire

François Fillon a très nettement remporté la primaire de la droite en novembre dernier. Deux mois plus tard, le candidat Les Républicains à la présidentielle est soupçonné d'emplois fictifs pour sa femme Penelope lorsqu'elle était l'assistante parlementaire de son mari puis de son suppléant, à l'Assemblée. A droite, de plus en plus de dirigeants envisagent publiquement un renoncement de leur candidat. Ce n'est pas (encore?) le cas de Jean-Pierre Raffarin. Sur C8, l'ancien Premier ministre a fait part de son souhait de revoir le processus de la primaire. Voilà ce qu'il a répondu à la journaliste Laurence Ferrari qui lui a demandé si cette primaire "était une erreur" : 

 

Je pense qu’il faudra bien réfléchir à la façon dont on peut la reprendre. Emmanuel Macron remet en cause le système. On peut être au second tour potentiel de la présidentielle sans passer par la primaire, démonstration Emmanuel Macron. Donc la primaire en prend un coup. On voit qu’on créer une personnalité, on le met sur scène. Là il est seul, sa position est unique, d’un coup il est fragilisé et il n’y a pas de solution de remplacement.

Le sénateur LR avait soutenu Alain Juppé lors de la primaire. Plusieurs juppéistes, comme Philippe Gosselin, plaident pour une candidature du maire de Bordeaux en cas de retrait de François Fillon.

 

# Rendre les gens heureux

Jean-Pierre Raffarin est fan de Johnny Hallyday. Dans sa jeunesse – un peu moins maintenant – l’ancien Premier ministre écoutait aussi régulièrement la chanson La ballade des gens heureux de Gérard Lenormand. "C’était la chanson fétiche des jeunes giscardiens quand j’avais 20 ans, c’était la chanson qui nous rassemblait", a précisé le sénateur LR. En plein Penelope Gate, Jean-Pierre Raffarin et son parti ne nagent pas vraiment dans le bonheur en ce moment. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir du bonheur pour tous. Il a ainsi déclaré :

 

 

Au fond, dans toute cette gravité du monde, il faut quand même penser que le but de la politique c’est de rendre les gens heureux. C’est quand même ça le fond de l’affaire et il ne faut jamais oublier cet horizon de bonheur.

Message transmis à François Fillon ? Pour le moment, le candidat LR à la présidentielle fait plutôt des malheureux dans sa famille politique.

 





  • Eric Ciotti

 

# Une émission sur l'affaire Fillon "payée par l'argent du contribuable"

Les révélations se succèdent sur François Fillon, son épouse Penelope Fillon et même sur ses enfants. Outre le Canard Enchaîné, à l’origine de l’affaire, Envoyé Spécial a consacré un reportage jeudi 2 février sur le Penelope Gate. L’émission diffusée sur France 2 a retrouvé le témoignage de Penelope Fillon en 2007 disant "n’avoir jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre-là". Sur BFMTV, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a dénoncé la méthode employée par les journalistes de cette émission :

 

 

Quand je vois l’émission du service public donc payée par le contribuable, Envoyé spécial, alors qu’une enquête est ouverte donc qui se mêle à donner son sentiment (sic), qui va acheter avec ces fonds publics des rushes qui datent de 10 ans dans une interview écrite qui était a priori filmée on ne sait pas comment (sic), méthode qui a choquée la journaliste qui a fait l’interview, qui prend des phrases sorties de son contexte... Quand on voit qu’un même journaliste de cette émission bloque une personne avec son véhicule dans la rue. Quand on sait que c’était la même méthode (employée) par la même émission contre Nicolas Sarkozy, d’ailleurs malheureusement avec un très grands succès. Aujourd’hui on voit que le même schéma et à l’oeuvre, que les mêmes comportements sont mobilisés pour abattre celui qui était en passe de devenir le président de la République donc je veux dénoncer cet acharnement.

L’élu sarkozyste reprend les éléments de langage de l’avocat de François Fillon, Antonin Lévy, qui avait déjà évoqué "des phrases sorties de son contexte". 

# On aurait dû y penser avant

La droite a organisé une primaire pour désigner son candidat à la présidentielle. Une première. La dernière ? Eric Ciotti espère en tout cas qu'il n'y aura pas de primaire en 2021 en vue de la présidentielle de 2022. "J’espère que la prochaine fois il n’y aura pas de primaire car notre candidat sera président de la République et se représentera. On en est peut-être loin mais c'est que je souhaite", a-t-il affirmé. Interrogé sur le fait que rien n'est prévu dans les statuts des Républicains en cas d'empêchement du candidat, comme cela pourrait arriver à François Fillon, voilà ce que le député LR a répondu : 

 

 

C’est une erreur, très clairement, ou une omission en tout cas car c’était une première. Au moins sur ce point forcément on tirera l'expérience et les conclusions de cette période. Ce qui est clair c’est que la primaire s’est bien passée.

La suite, elle, s'est un peu moins bien passée pour le vainqueur de la primaire.

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