Manuel Valls trouve "pathétique" que le PS fasse "semblant d’être toujours ensemble"

Publié à 13h14, le 13 mai 2017 , Modifié à 13h25, le 13 mai 2017

Manuel Valls trouve "pathétique" que le PS fasse "semblant d’être toujours ensemble"
Manuel Valls © AFP

Dès le 24 avril, au lendemain du premier tour de la présidentielle et de l'élimination de Benoît Hamon avec à peine plus de 6% des voix, Manuel Valls repartait au combat, actant la fin du Parti socialiste. Lui avait voté Macron et souhaitait faire partie de la "majorité présidentielle". Ce ne sera finalement pas si simple, La République en marche lui ayant refusé l'investiture pour les législatives - mais ne lui opposant tout de même pas de candidat LREM sur sa circonscription de l'Essonne. Plus critiqué que jamais à Solférino pour ces coups de boutoir successifs, l'ancien Premier ministre qui avait théorisé les "deux gauches irréconciliables" n'en a cure et poursuit dans son couloir. Et comme toujours avec lui, cela ne se fait pas sans provocation ni coup de menton.

Sous la menace d'une procédure d'exclusion du PS pour son non-soutien au candidat officiel du parti et son appel à voter Macron, Manuel Valls semble être déjà ailleurs. En privé et cité par Le Monde samedi 13 mai, celui qui a toujours rué dans les brancards socialistes en rajoute dans les attaques contre ce qui ne pourra sans doute pas rester sa famille politique bien longtemps :

L’histoire est finie pour le PS. Tout le monde le sait, mais on va quand même aux législatives en faisant semblant d’être toujours ensemble, c’est pathétique.

 

La rupture est donc définitive pour celui qui, il y a tout juste un an, affirmait encore : "Je rassemble à gauche". Au contraire, l'appareil socialiste tente de sauver les meubles. Car si 23 parlementaires (et un suppléant) de la majorité seront désormais candidats aux législatives sous les couleurs de La République en marche, l'essentiel des troupes n'est pas passé chez Macron, tout comme après la primaire de la Belle Alliance Populaire. Et chacun essaye à sa manière de reprendre la main sur ce parti en perte de repères et pris en étau entre la France insoumise de Mélenchon et la parti du futur chef de l'État : qui en créant un nouveau mouvement, qui en appelant à l'unité... Parmi ces derniers, le grognard hollandais Stéphane Le Foll qui s'échine encore et toujours à rassembler la famille dans une sorte de synthèse qui apparaît de moins en moins crédible. Lui aussi cité par Le Monde, il peste :

On ne peut plus continuer comme cela. L’aile droite et l’aile gauche, ça suffit, il faut se concentrer sur le corps central.

 

Y'a du boulot. Et ce n'est pas le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis qui dira le contraire, lui qui prend acte de la fin d'une ère socialiste et prône une réorientation claire pour entamer la nouvelle qui doit selon lui commencer dès le lendemain du second tour des législatives. Le 2 mai, il disait ainsi :

 

Après le 18 juin, on fera le bilan de tout ça mais il est clair qu'il faudra une reconstruction voire une refondation du Parti socialiste. Le parti d'Épinay est mort et bien mort.

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[BONUS TRACK] Merci Bayrou

Dans cet article du Monde, on apprend aussi que si Manuel Valls n'affrontera pas de candidat LREM aux législatives, c'est peut-être grâce à... François Bayrou. Alors que certains lieutenants macronistes voulaient aller au bout de leur logique et claquer la porte au nez de l'ex-Premier ministre le plus violemment possible, l'allié centriste aurait en effet "prêché pour le pardon des offenses", écrivent nos confrères. Un "ami du président du MoDem" fait ainsi valoir : "La vie politique est longue, on aura peut-être besoin de Valls d’ici à la fin du quinquennat."

Ne pas insulter l'avenir, en somme.

Du rab sur le Lab

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