Pas gêné par les affaires de Sarkozy puis Fillon, Ciotti s'indigne que Solère soit élu questeur malgré une enquête

Publié à 09h47, le 29 juin 2017 , Modifié à 11h46, le 29 juin 2017

Pas gêné par les affaires de Sarkozy puis Fillon, Ciotti s'indigne que Solère soit élu questeur malgré une enquête
Éric Ciotti © Montage le Lab via BFMTV

NOT GORAFI - Des années durant, Éric Ciotti a joué avec zèle son rôle de lieutenant de Nicolas Sarkozy, faisant campagne pour lui et le défendant avec force malgré les successions d'affaires et les mises en examen. Après la défaite de l'ex-chef de l'État à la primaire de la droite, il s'est illico rangé derrière François Fillon, faisant campagne pour lui et le défendant avec force malgré le Penelope Gate et une mise en examen. Les deux hommes voulaient chacun être président de la République, et le député des Alpes-Maritimes n'y voyait aucun problème. Mais aujourd'hui que son camarade LR Thierry Solère lui a ravi le poste de questeur de l'Assemblée nationale, le même Éric Ciotti n'hésite pas à s'indigner de l'enquête pour suspicion de fraude fiscale ouverte contre lui.

Eh oui.

Sur BFMTV jeudi 29 juin, celui qui se voyait ministre de l'Intérieur revient sur le gros incident parlementaire de la veille, au cours duquel les Constructifs et LREM ont œuvré ensemble pour récupérer le poste hautement stratégique de questeur traditionnellement dévolu à l'opposition depuis 1973, en plus des deux qui reviennent à la majorité. Éric Ciotti était le candidat du groupe LR, mais c'est finalement Thierry Solère qui a hérité du poste. "Déni de démocratie" et "mépris pour l'opposition", ont aussitôt protesté Les Républicains canal historique.

Éric Ciotti monte d'un cran ce jeudi, qualifiant Thierry Solère de "professionnel de la trahison", qui "tire aujourd'hui les dividendes" de sa volonté de ne pas s'opposer systématiquement à la politique d'Emmanuel Macron. Il ajoute :

- Éric Ciotti : Monsieur Solère qui par ailleurs fait l'objet d'une enquête préliminaire dans un dossier fiscal très lourd. C'est le choix de confier les finances de l'Assemblée nationale à quelqu'un qui est mis en cause. Ça fait beaucoup de répétition, on nous parlait aussi de nouvelles pratiques, on nous parlait de moralisation, de transparence, je vois que dans le choix des hommes...



- Jean-Jacques Bourdin : Vous avez des doutes sur l'honnêteté de Thierry Solère ?



- Éric Ciotti : C'est à la justice de le dire. En tout cas, la justice en a puisqu'il y a une enquête. Elle a été rappelée d'ailleurs pendant la campagne de monsieur Fillon, vous en aviez à l'époque beaucoup parlé ; aujourd'hui, étonnamment, on en parle moins.

Une attaque violente et un rappel de l'enquête pour suspicion de fraude fiscale ouverte contre l'organisateur de la primaire en septembre 2016, à la suite d'une dénonciation des services fiscaux pour des faits datant de la période 2010-2013. Affirmant avoir toujours déclaré ses revenus et être actuellement à jour de ses impôts, Thierry Solère avait annoncé porter plainte contre Le Canard Enchaîné qui avait révélé l'information. Un contrôle fiscal avait pourtant établi qu'il avait omis de régler une partie de ses impôts sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière année.

Thierry Solère n'est cependant pas mis en examen, contrairement à Nicolas Sarkozy (deux fois, dans les affaires Bygmalion pour "financement illégal de campagne électorale" et celle des écoutes pour" corruption active", "trafic d’influence" et "recel de violation du secret professionnel") et François Fillon (dans l'affaire des emplois fictifs présumés, pour "détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux, et manquement aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique" ainsi que "faux et usage de faux"). Deux hommes qui devaient absolument prendre la tête du pays selon Éric Ciotti.

Eh oui (bis).

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