Pour Jean-Christophe Lagarde, Hervé Morin n’a pas pesé suffisamment quand il était au gouvernement

Publié à 17h13, le 06 avril 2016 , Modifié à 17h15, le 06 avril 2016

Pour Jean-Christophe Lagarde, Hervé Morin n’a pas pesé suffisamment quand il était au gouvernement
© Montage Le Lab via AFP

Ça ne va pas fort chez les centristes. Après que les militants de l’UDI ont décidé qu’ils ne souhaitaient pas que leur parti participe à la primaire de la droite et du centre, leur président n’a pas exclu de soutenir François Bayrou dans le cas où il se présenterait à la présidentielle de 2017.

Dans une interview fleuve accordée à la revue Charles du printemps 2016, Jean-Christophe Lagarde raconte :

 

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Notre famille politique a perdu l’habitude de vouloir exercer le pouvoir.

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Et pour cause : selon le député de Seine-Saint-Denis, quand les centristes sont au pouvoir, ils n’ont pas d’impact sur les décisions. Jugez plutôt :

 

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De 2002 à 2012, nous avons été intégrés au pouvoir, sans avoir voix au chapitre. Sur quoi les centristes ont-ils pesé ? Sur rien.

 

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Peu après, le maire de Drancy réitère, louant le rôle joué par Jean-Louis Borloo, successivement ministre de l’Emploi puis de l’Ecologie, mais pas vraiment celui d’Hervé Morin, ex-ministre de la Défense :

 

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Les centristes étaient divisés et n’ont pesé en rien. Au cours de ces dix années, seul Jean-Louis [Borloo] a joué un rôle avec la construction, l’idée de la rénovation urbaine, du Grenelle de l’environnement. Mais ce n’est pas les centristes, c’est lui. En quoi ont-ils pesé dans les grands axes de la politique des gouvernements de 2002 à 2012 ? Prenez un exemple : Hervé Morin dit qu’on a trop diminué l’effort de défense alors que le péril du monde montait. Il était ministre. Il n’a pas pu l’empêcher ! Donc on ne pesait pas suffisamment.

 

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Jean-Christophe Lagarde explique donc tranquillement que Jean-Louis Borloo aurait été formidable. Hervé Morin, lui, aurait peu ou prou servi à rien en tant que ministre.

L’exemple n’est pas pris au hasard. Les deux hommes se font la guerre depuis que Jean-Christophe Lagarde a quitté le Nouveau centre, parti d’Hervé Morin, en 2012, pour créer sa propre formation, la Force européenne démocrate. Même si le président de l’UDI, qui regroupe ces deux formations, conteste : "Je n’ai pas de ressentiment à l’égard d’Hervé Morin. Je voudrais juste que nous visions à obtenir des victoires communes", assure-t-il à Charles.

[BONUS TRACK]

Evoquant son destin personnel, Jean-Christophe Lagarde confie : "On m’a déjà proposé à deux reprises d’intégrer un gouvernement, je ne l’ai pas fait." Au Lab, le leader de l’UDI précise qu’il s’agissait des présidents Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy. Concernant la proposition de l’actuel patron de LR, il raconte avoir "attendu de voir quelle orientation allait être prise, et quand vous n’êtes pas d’accord, à quoi ça sert ?" Et il ne voulait pas servir à rien… pas comme Hervé Morin.

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