"Voter UMP" ou "faire barrage au FN" à Brignoles : le dilemme sémantique du PS

Publié à 16h19, le 07 octobre 2013 , Modifié à 16h22, le 07 octobre 2013

"Voter UMP" ou "faire barrage au FN" à Brignoles : le dilemme sémantique du PS
(Maxppp)

LES MOTS ONT UN SENS - A chaque nouvelle élection partielle où l’UMP et le FN se retrouvent au second tour, le même dilemme rhétorique pour les socialistes. 

Doivent-ils appeler à "voter pour l’UMP" ou, par une pirouette lexicale, simplement appeler "à faire barrage au Front national" ? Comme au lendemain du premier tour de la législative partielle à Villeneuve-sur-Lot, l’ancienne circonscription de Jérôme Cahuzac, les cadres du PS et les ministres valsent entre les deux formules au lendemain de l’élimination des candidats de gauche au premier tour de l’élection cantonale partielle de Brignoles, dans le Var.

>> "Voter clairement pour l’UMP"

Après l’échec socialiste à Villeneuve-sur-Lot, seul Jean-Christophe Cambadélis n’avait pas pris de pincettes et avait appelé clairement à voter pour l’UMP

Cette fois-ci, seul le porte-parole du PS, le sénateur David Assouline, a prononcé l’imprononçable. Avec insistance, d’autant plus après les propos de François Fillon arguant qu’en cas de duel FN/PS, il voterait "pour le moins sectaire".

Lors de son point presse hebdomadaire, rue de Solférino, le porte-parole a ainsi déclaré :

Nous appelons à voter clairement pour l’UMP contre le FN, par principe, car nous avons encore une boussole républicaine. 

Nous ne sommes pas depuis hier soir à nous demander qui est le plus ou moins sectaire comme Monsieur Fillon pourrait le faire dans la même situation.

>> "Faire barrage au FN"

Pour la grande partie des responsables socialistes invités des médias ce lundi 7 octobre, il est clair qu’ils appellent à voter pour l’UMP. Sans le dire, ni prononcer le nom du parti présidé par Jean-François Copé. Question de langage, question d’élément de langage.

Ainsi, pour Harlem Désir, le premier secrétaire du PS invité de France Info, cela donne :

J’appelle à faire barrage au FN au second tour, comme je l'ai toujours fait sans aucune hésitation. Il faut être dans la clarté.

Une clarté reprise par Vincent Peillon, sur RTL :

Nous sommes clairs et nous appelons à faire barrage au Front national.

Par rapport au FN, il faut être très clair dans la démarche politique, et nous nous appelons à faire barrage au Front national.

Point donc d’UMP dans leurs propos, même si l’appel à voter pour ce parti est limpide. Invité d’i>Télé, le ministre du Travail Michel Sapin reprend la même sémantique, en mode stéréo :

Il faut avoir des phrases claires. Nous appelons à voter contre le Front national, ce qui veut dire très simplement pour le candidat républicain, celui qui est en lice au deuxième tour. Il n’y a pas besoin de circonvolution.

Dans cette élection cantonale où UMP et FN vont se livrer un duel au second tour, le prétendant de l’UMP est plébiscité puisque le maire communiste de Brignoles ainsi que les Verts et le PS appellent à voter pour lui, comme le dissident d’extrême-droite, ancien candidat du FN... Seul Jean-Luc Mélenchon a quant à lui déclaré qu’il ne voulait pas choisir "entre la peste et le choléra".

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