Quand Martine Aubry insulte ses "camarades" du Parti socialiste

Publié à 12h50, le 30 juillet 2014 , Modifié à 13h05, le 30 juillet 2014

Quand Martine Aubry insulte ses "camarades" du Parti socialiste
Martine Aubry, entourée du Premier ministre d'alors Jean-Marc Ayrault et du premier secrétaire du PS d'alors Harlem Désir, le 25 août 2013 à l'université d'été du Parti socialiste.

TOUJOURS AUSSI SYMPA (BIS) - On savait qu'elle avait trouvé Jean-Marc Ayrault "nul" lors de leur voyage commun en Chine, en décembre 2013. "Il ne sait pas y faire avec les Chinois, il ne leur a pas parlé assez durement", avait alors assuré, en privé, celle qui aurait ensuite expliqué refuser de travailler "sous les ordres de ce naze" au gouvernement (des propos qu'elle a ensuite vivement démentis).

On savait aussi - la séquence avait été isolée par la Chaîne parlementaire - qu'elle avait lancé un sonore "ça c'est une chanson de gauche !" lors de la diffusion du "Chiffon rouge" de Michel Fugain, à son camarade Premier ministre Manuel Valls (qui n'en connaissait pas les paroles).

Mais le Canard enchaîné révèle mercredi 30 juillet, dans un portrait consacrée à la maire de Lille, et intitulé "La dame de pique", d'autres amabilités que la "Mère emptoire" (le surnom que lui donne l'hebdomadaire) a pu balancer à ses petits camarades.

Ainsi du sénateur de la Nièvre Gaëtan Gorce. Candidat à la succession de Martine Aubry à la tête du PS en juin 2012, il l'avait croisé dans une réunion des socialistes, raconte le Canard enchaîné. Tendant la main pour la saluer, il se voit accueillir *fraîchement* :

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Je ne te salue pas, vieille salope.

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Faut-il y voir la raison pour laquelle, lors de la désignation du successeur de Martine Aubry à la tête du parti majoritaire deux mois plus tard, Gaëtan Gorce avait critiqué sur son blog et dans une interview au site Atlantico le mode de désignation du Premier secrétaire ? Il avait notamment ciblé la sortante en ces termes :

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Le processus engagé par Martine Aubry rappelle les mécanismes de succession que l'on connaissait dans des régimes disparus. On invite les socialistes à se masser sur la place rouge pour voir sortir la fumée blanche du Kremlin. On mélange la méthode vaticane et la méthode soviétique de désignation.

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Autre *camarade*, autre qualificatif. Alors qu'on demande à Martine Aubry de prendre une photo aux côtés de son successeur Harlem Désir "pour mettre en scène la réconciliation des socialistes et les blessures refermées", dixit le Canard, elle aurait rétorqué :

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Pas question de poser à côté de cet enculé.

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Un doux qualificatif qui n'empêchera pas Martine Aubry de claquer la bise, présence des caméras oblige, à son successeur lors du congrès de Toulouse, en octobre 2012.

Deux semaines avant la publication de ce portrait, la maire de Lille avait organisé une grande conférence de presse pour protester contre la réforme territoriale, alors qu'elle s'était jusque là interdit de commenter l'actualité politique nationale.

Mais devant les nombreux journalistes présents, vendredi 18 juillet, elle avait protesté, à grand renfort de formules telles que l'assassin "il n'est pas trop tard pour réussir le quinquennat", contre la fusion, votée à l'Assemblée, de sa région avec la Picardie.

Une fusion en forme de "provocation inutile" qui a "réveillé l'ours Aubry", selon la formule d'un ministre. Et selon son ancien directeur de cabinet, le député frondeur Jean-Marc Germain, pas de risque que l'"ours" se rendorme :

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Elle a laissé deux ans afin que Hollande puisse mettre en oeuvre ses 60 engagements. Désormais, la page à écrire est blanche.

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Et bientôt couverte de gros mots ?

Du rab sur le Lab

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